Magazin'Art

Dessin

Charmeur, fusain-pastel acrylique, 36 x 24 po

Esprit libre

Johanne Doucet

À découvrir

Les chevaux sont des sujets pour les artistes depuis la nuit des temps. Leur beauté, leur grâce, cette qualité indéfinissable qui allie force et fragilité, féminin et masculin L’artiste Johanne Doucet est particulièrement sensible à l’aura mythique de ces nobles animaux et pour cause : ils lui ont sauvé la vie.

Montréalaise née en 1951 au sein d’une famille de quatre en­fants, Johanne Doucet a toujours été entourée d’animaux. Malgré son milieu urbain, elle s’adonne à l’équitation en bas âge. Sa famille comprend des artistes et des créatifs qui l’inspirent à suivre son in­térêt pour le dessin. Son père, habile dessinateur, passera à la sculp­ture sur bois à la fin de sa vie. Son oncle est chanteur, sa tante est aquarelliste de renom et son grand-père construit dans les années 1920 son propre avion. La maisonnée est amateur de western et dès son jeune âge, Johanne rêve d’avoir un cheval. Tout comme son père, elle dessine exclusivement le monde animalier.

Lorsqu’elle intègre le marché du travail, elle donne de la forma­tion aux adultes dans le secteur immobilier. En 1998, le décès de son père impose une période de réflexion. Lui qui n’a jamais fait ce qu’il aimait comme travail, elle ressent soudain l’urgence d’orienter sa vie dans le sens de ses aspirations. Elle quitte tout pour lancer sa propre entreprise et revenir aux arts. Faisant fi des conventions et en s’inspirant du livre de Betty Edwards « Dessiner grâce au cerveau droit », elle lance l’atelier Mine de rien, un lieu de création et d’initiation au dessin destiné aux adultes.  Abonnez-vous au contenu de notre site internet pour lire ce texte. Subscribe to our Website content to read more


Texte d’Isabelle Gauthier

Les chevaux sont des sujets pour les artistes depuis la nuit des temps…

Jean-Claude Poitras

Je suis avant tout un créateur

Sur la cimaise

« La mode se démode, le style, jamais. »Coco Chanel

C’est en dessinant puis en modelant les formes en papier sur des mannequins que le styliste a su développer ses idées afin de matérialiser ses désirs et visions. Cela, toujours d’un jet premier. Idem quant à la confection des dessins et sculptures.

Traces de la craie ou filets d’encre sur les papiers fins de la Chine ou du Japon. Silhouettes de personnages obligeant par l’amalgame des lignes en mouvement aux multiples déclinaisons des yeux. Du dessin à la sculpture, le designer vestimentaire fait fi des règles et des conventions afin de plonger dans l’abondance des savoirs et des acquis venus par le partage culturel. Fidèle à son leitmotiv de vie : toujours faire reculer les limites de la création. Abonnez-vous au contenu de notre site internet pour lire ce texte. Subscribe to our Website content to read more


Texte de Michel Bois

Jean-Claude Poitras à la Galerie Quebec Art 40, rue Notre-Dame, Québec, Qc.

Du dessin à la sculpture, le designer vestimentaire fait fi des règles et des conventions…

Rodolphe Duguay (1891-1973)

Une mystique de la nature

Maîtres canadiens

« En gravure comme en peinture, l’esquisse, le croquis et le dessin ne sont pas la forme, mais bien une manière de faire voir personnelle afin de cerner la forme. » Edgar Degas (1834-1917)

Passer le seuil de l’atelier de Rodolphe Duguay procède du frisson et de la fascination. WOW ! Une impression surréaliste de se retrouver dans un atelier à Paris au début du 20e siècle. Les relents de l’huile. La palette du peintre. Le béret. L’atelier de gravure. Les gouges bien ordonnées sur le mur. L’immense fenêtre donnant sur la lumière du nord. Puis cette mezzanine, haut-lieu de la poétesse Jeanne L’Archevêque, épouse du peintre. Tout est là ! Plus qu’un joyau patrimonial, parlons pour le visiteur d’un passage senti dans le temps vers l’intemporel de la création. Abonnez-vous au contenu de notre site internet pour lire ce texte. Subscribe to our Website content to read more


Texte de Michel Bois

Musée des religions du monde,
900, boulevard Louis-Fréchette, Nicolet, Québec

Maison et atelier Rodolphe-Duguay, 195, rang Saint-Alexis, Nicolet, Québec

Musee de L’Hôtel des postes,
16, rue Laurier Ouest, Victoriaville, Québec

Musée de la culture populaire,
200, rue Laviolette, Trois-Rivières, Québec

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Passer le seuil de l’atelier de Rodolphe Duguay procède du frisson et de la fascination. WOW ! Une impression surréaliste de se retrouver dans un atelier à Paris au début du 20e siècle…

REPENTIGNY

Le Centre d’art Diane-Dufresne présente Apocalypse Disco, une exposition de l’artiste multidisciplinaire Zilon. Artiste incontournable de la scène de l’art contemporain au Québec depuis plus de 40 ans, Zilon s’est d’abord fait connaître par ses graffiti distinctifs dans l’espace urbain montréalais. Influencé par l’émergence du mouvement punk à la fin des années 70, cet artiste maîtrise avec brio l’art du dessin. Il le fait avec une maestria issue de son regard revendicateur sur la société en perpétuelle transformation. Ses plus récentes œuvres ont été créées spécialement pour son premier passage au Centre d’art Diane-Dufresne et ce, à l’aide d’outils à la fine pointe des technologies. Le visiteur sera transporté dans un univers immersif où ses sens seront sollicités par des installations ludiques. Il faut s’attendre à voir nos codes de perception bouleversés. Du 22 juin au 4 septembre 2016.

Été 2016

Le Centre d’art Diane-Dufresne présente Apocalypse Disco, une exposition de l’artiste multidisciplinaire Zilon…

En trois temps, acrylique, 38 x 54 po, 2015

Normand Ménard

sauvage dans tous ses états

À découvrir

« Comme un marcheur des grands chemins, je capture les images, j’absorbe les regards, les situations, les objets qui chatouillent les racines de mes entrailles. Et je les transforme comme l’alchimiste qui défie le temps. » – Normand Ménard

S’il est un peintre incontournable associé au village de Val-David, c’est bien Normand Ménard qui y réside depuis 35 ans. Que l’on visite les résidents ou les collectionneurs locaux, les bureaux de la municipalité ou les lieux publics, on est quasiment assuré de tomber sur un Ménard. Sa carrière est prolifique et sa production a été constante au fil des ans.  Abonnez-vous au contenu de notre site internet pour lire ce texte. Subscribe to our Website content to read more


Texte de Robert Lafontaine

Inspiré par l’art amérindien, notre sauvage de prédilection sculpte aussi des totems qui sont partie prenante de sa démarche. Sa prochaine exposition en solo se tiendra du 2 au 26 février 2017 à la magnifique Place des Citoyens de Sainte-Adèle. L’occasion en vaudra la peine. Les murs appellent déjà les Ménard. J’y serai, et vous ?

Comme un marcheur des grands chemins, je capture les images…

entourant marie-Hélène Lapointe au centre, à gauche Francine Bouchard, Suzanne Godbout et à droite, Kim c. Pelletier et Joyce Paradis

Quatre nouveaux membres

à l’institut des arts figuratifs

Les gens qui font l’événement

L’institut des arts figuratifs annonce que quatre artistes ont été sélectionnés pour devenir membres signataires de l’organisme national. Le choix de ces artistes est l’aboutissement d’un processus fait par un Comité de sélection qui a procédé à l’analyse des dos- siers de candidature à partir d’une grille d’évaluation rigoureuse. Il s’agit des artistes peintres Francine Bouchard, aquarelle, Trois-Rivières, Suzanne Godbout, pastel, Contrecoeur, Kim C. Pelletier, huile, Montréal, et Joyce Panadis, dessin, Odanak.

Fondé en 1986, l’IAF a comme objectif la promotion de l’art figuratif de qualité et la reconnaissance d’artistes œuvrant spécifi- quement dans cette forme d’expression. Ayant développé une véritable expertise en art figuratif, l’IAF regroupe plus de 145 membres professionnellement actifs en peinture, sculpture et autres techniques artistiques. Plusieurs jouissent d’une renommée nationale et même internationale. À l’occasion de son assemblée générale annuelle tenue le 24 avril dernier, l’IAF s’est donné un nouveau président en la personne de M. Pierre Morin. Ce dernier sera appuyé d’une équipe dynamique d’administrateurs composée de mesdames Suzanne Therrien, Kim Veilleux, Carole Bonneau et de monsieur Jean-Pierre Neveu.

Été 2016

L’institut des arts figuratifs annonce que quatre artistes ont été sélectionnés…

Véronique III , huile, 73 x 60 cm

Maria Lluis

Dans son atelier – Perpignan, janvier 2016

Artiste venue d’ailleurs

Une rencontre avec l’artiste peintre Maria Lluis, c’est comme faire un voyage sur une île de sérénité, loin du bruit qui perturbe la pensée.

Au cours d’un vernissage ou dans son atelier, Maria Lluis reste la même, habitée par un univers intérieur fait de savoir et d’expérience, de sensibilité et d’intuition. J’allais ajouter de spiritualité, mais Maria Lluis ne parle pas vraiment de spiritualité. Elle parle de philosophie, de sagesse, de vérité. « J’ai la foi du charbonnier, » déclare l’artiste. La foi du charbonnier … définition du Petit Robert : Nous sommes tous invités à une foi vraie et non pas naïve, c’est-à-dire une foi qui est une véritable démarche de liberté et pas une solution simpliste.

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Texte de Ch. Frenay

Une rencontre avec l’artiste peintre Maria Lluis, c’est comme faire un voyage sur une île de sérénité, loin du bruit qui perturbe la pensée. Au cours d’un vernissage ou dans son atelier, Maria Lluis reste la même…

Yolande Valiquette

Diversification prolifique

Formes, volume et espace

Grande aventurière lorsqu’il s’agit d’exploration artistique, Yolande Valiquette a investigué quantité de techniques et de médiums au cours de son riche parcours professionnel. Fusain, pastels, huile, acrylique, aquarelle autant qu’argile, porcelaine ou bois, tout concourt d’abord à lui offrir des sentiers vierges appelant moult découvertes. Durant sa trajectoire composite, elle fonde l’entreprise Yo Design, spécialisée en expositions thématiques et éducatives, qui la fera oeuvrer auprès d’agences gouvernementales fédérales et provinciales ainsi que d’associations professionnelles.

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Texte de Lisanne LeTellier

 

Grande aventurière lorsqu’il s’agit d’exploration artistique, Yolande Valiquette a investigué quantité de techniques et de médiums au cours de son riche parcours professionnel…

Juan Cristobal Pinochet Araya

Il reste tant à faire !

Sur la cimaise

« Je suis devenu artiste sans trop m’en rendre compte, » dit Juan Cristobal Pinochet Araya. L’art faisait en effet partie intégrante de sa vie à Québec, où il était arrivé adolescent en provenance du Chili. Sa mère était artiste peintre, voilà comment il s’intéressa à l’art, fasciné qu’il était, tout silencieux, à la regarder peindre. Celle-ci ayant établi son studio dans la demeure familiale, la voir travailler, les pinceaux dans des bocaux, les tables et les tiroirs remplis de tubes de couleur, lui paraissait tout naturel. Enfant déjà, il savait ne pas toucher à quoi que ce soit qui pouvait être couvert de peinture fraîche. Ce qui fait qu’aujourd’hui, des années plus tard, lors de démonstrations il peut porter une chemise blanche et un veston qui demeurent en parfait état de propreté.

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Texte de Valerie Kent

Juan Cristobal Pinochet Araya est représenté par :

Galerie Q

1521 County Road 10, Cavan, Ontario, L0A 1C0

Tél. : (705) 944-8888

www.galerie-q.com

« Je suis devenu artiste sans trop m’en rendre compte, » dit Juan Cristobal Pinochet Araya. L’art faisait en effet partie intégrante de sa vie à Québec, où il était arrivé…

Élène Gamache

Artiste d’un essor supérieur

L’art au féminin

« Le parfum des fleurs comme les effluves d’une oeuvre fleurant bon la joie de créer, sont pleins de stratagèmes. Si vous traitez vos fleurs et vos oeuvres d’art avec négligence, sachez qu’elles éparpilleront tout de même leurs secrets aux quatre vents. » Louise de Vilmorin

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 Texte de Michel Bois

Élène Gamache est représentée par : Galerie Jean-Pierre Valentin, Montréal, Québec ; L’Harmatan, Baie-Saint-Paul, Québec ; West-End Gallery, Edmonton, Alberta ; Roberts Gallery, Toronto, Ontario ; Galerie Saint-Laurent + Hill, Ottawa, Ontario

 

Élène Gamache. Quel exemple de sensibilité et de persévérance ! Du domaine de la tapisserie monumentale à la pratique de la peinture, tout procède dans sa…

Shokichi Sato

Quand l’essentiel est de réaliser les formes que l’on sent

Formes, volume et espace

« Il faut se contenter de découvrir, mais toujours se garder d’expliquer. » – Georges Braque.

Le bronze, matériau traditionnel et de vieille tradition. Ce médium est l’un de ceux qui attirent le plus les sculpteurs du fait de pouvoir y juxtaposer dans UN même élan l’éclat des surfaces lisses à la finesse minutieuse des détails en relief. Cela étant écrit, à notre époque, la volonté de produire des oeuvres en bronze est intéressante puisqu’elle nous montre comment cette matière s’adapte admirablement aux expressions contemporaines.

De fait, autrefois, le bronze servait principalement à concrétiser les symboles religieux et autres monuments de personnages incontournables de l’histoire. Or, poussé par d’autres motivations dont celle non plus de représenter mais de s’exprimer, le sculpteur Shokichi Sato entretient avec le bronze des rapports d’actualité. Pensons à un véritable dialogue où les possibilités éloquentes de la plasticine entrent pour beaucoup dans l’élaboration de ses oeuvres.

Sur la route du devenir

Shokichi Sato est né à Kitamé, au Japon, en 1937. Or, c’est dans la foulée des bourses accordées par les Etats-Unis au peuple japonais, en guise d’actions réparatrices d’après-guerre, que Sato arrive au Wisconsin afin de parfaire un savoir en matière de production laitière. Cette formation devant le ramener au Japon avec l’acquisition de connaissances visant la mise en marché d’une industrie laitière viable. Sauf qu’il en fut autrement ! Artiste dans l’âme, Shokichi Sato fit des pieds et des mains pour émigrer au Canada « terre promise de tous les possibles et du respect des libertés ». C’est grâce à une détermination assidue et un labeur exemplaire au quotidien qu’on accordera à ce Japonais, réfugié d’un pays chamboulé par la guerre, de devenir citoyen canadien. Ainsi le retrouverons-nous du côté de Drummondville, au sein d’un élevage industriel de poulets. Il y trouvera une sécurité financière afin de fonder une famille. Et la vie étant ce qu’elle est, deux enfants naîtront.

La femme au berceau

La femme au berceau

Banal que tout cela ? Certainement pas sous l’angle de la création d’un sculpteur de très grand talent en devenir. En effet, le sculpteur a découvert la joie qu’apporte la sculpture permettant aux spectateurs de pouvoir toucher une nouvelle réalité. « Un tableau, dit-il, donne l’illusion de la vérité. Mais devant une sculpture, vous pouvez toucher la réalité. Si je peins un personnage, il s’agit d’une représentation. C’est une image. Mais si je sculpte ce personnage, la sensation de pouvoir toucher cet objet issu de mon esprit permet une joie spéciale au désir de toucher avec la main. »

Albert Rousseau

Installé au Québec depuis 1968, voici qu’en 1972 il se met à la pratique du dessin sous les enseignements du vénéré Albert Rousseau. Succéderont des ateliers avec Montagutelli, fondeur français de passage au Québec, expert du coulage du bronze, qui l’initiera aux techniques de la cire perdue et à la magie des patines. Notons ici, qu’à titre d’autodidacte dans l’âme, Sato aura su garder une réelle distance avec les enseignements, histoire de personnaliser ce qui pouvait nourrir le style de sa propre originalité.

L'oeuf ou la poule

L’oeuf ou la poule

Alors

Les sculptures de Sato demeurent complices des formes morphologiques animales et humaines. Elles sont de notre temps comme elles sont de tous les temps. Je ne saurais oublier de souligner au passage qu’une vie parallèle habite ces objets semblables à des évocations défiant la mort, porteuses, parfois comme des oeufs, des énergies de vie. Ses oeuvres, émanant d’une technique impeccable, découlent d’intuitions communiquant avec la notion du sacré. Créateur, le sculpteur Sato n’est pas seulement un ouvrier du bronze, car c’est par cette matière qu’il touche et définit sa propre expérience de vivre en tant qu’homme devant les mystères de la résurgence de la vie, encore et encore. Sato s’exprime totalement dans toutes ses réalisations. Il fait corps par le touché avec elles. Chacune de ses sculptures est une rencontre privilégiée avec la nature, la vie animale et la fusion de sa vision de la vie dont il traduit la force naturelle de l’instinct, primitive.

Coquine

Coquine

Anne Marrec

Lors de ma visite à l’atelier de Sato, installé dans un Moulin construit autour de 1760 en Bellechasse, quel plaisir de rencontrer la peintre Anne Marrec, conjointe de Shokichi Sato. Quelle fougue exprimée sur la toile ! Fusain, et acrylique jouant du coude à coude afin d’obtenir l’ultime expression du mouvement. Cela sans redevance à aucune école. Dessinatrice naturelle et de grand talent, le mouvement de ses chevaux répond à la vivacité de sa vision, ne laissant surtout pas indifférent.


Texte de Michel Bois

Shokichi Sato est représenté par : Galerie Jean-Pierre Valentin, Montréal ; Galerie Michel-Ange, Montréal ; Galerie Yvon Desgagnés, Baie-Saint-Paul ; Galerie Dimension Plus, Montréal ; Galerie d’art du Mont-Ste-Anne, Beaupré

 

Le bronze, matériau traditionnel et de vieille tradition. Ce médium est l’un de ceux qui attirent le plus les sculpteurs du fait de pouvoir y juxtaposer dans…

La clé de fa, huile, 24 x 36 po

Josée La Roche

L’émotion à fleur de peau

L’art au féminin

Josée La Roche est née en 1969 à Québec. Elle est l’aînée d’une famille de trois enfants. Dès son plus jeune âge, elle est fascinée par le dessin. Plusieurs de ses souvenirs de jeunesse se rapportent donc directement au plaisir de dessiner et de créer.

D’aussi loin qu’elle se souvienne, les arts ont toujours fait partie de sa vie et c’est en art vestimentaire au Campus Notre-Dame-de-Foy qu’elle s’oriente avant de poursuivre en dessin publicitaire. Elle travaille dans le milieu des arts graphiques pendant quelques années, jusqu’en 2009, notamment en tant que spécificateur auprès d’architectes et de designers d’intérieur. Son besoin de s’exprimer par les arts grandit en elle et devient de plus en plus pressant.

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Josée La Roche est née en 1969 à Québec. Elle est l’aînée d’une famille de trois enfants. Dès son plus jeune âge, elle est fascinée par le dessin. Plusieurs de ses souvenirs de jeunesse…

Capteur d’âmes

L’art de John Gould

L’art du dessin

Les grandes oeuvres d’art dégagent une forte présence. Elles ont un impact visuel indéniable. Elles attirent le regard et le retient, en partie grâce au style adopté par l’artiste, en partie par leur sujet. 

L’artiste canadien John Gould (1929- 2010) est reconnu surtout pour la constante haute qualité de ses fascinants dessins, sa technique de choix. « Les techniques de peinture et de sculpture sont plus ardues et tellement moins directes, » écrit-il dans John Gould Journals , 1996. « Le matériel requis est encombrant et complexe, et parfois complique le travail. Y mettre autant d’efforts est évidemment noble, mais votre lancée s’en trouve ralentie. Voilà pourquoi j’ai dessiné toute ma vie ! Il n’y a que moi et le papier. Tracer la première ligne sur ce papier active instantanément cerveau et muscles. Dessiner se fait en temps réel. »

Jeune adulte, en plus de son travail de dessinateur, comme caricaturiste pour un quotidien par exemple, Gould a occupé divers autres emplois, incluant musicien accompagnateur pour effeuilleuses et chiens savants. Il mit également à profit un réel talent d’acteur, qu’il tenait, disait-t-il, de ses parents, mais aimait surtout jouer du saxophone dans des bars. Toutes ces expériences de travail, en plus de traverser le Canada en autostop et voyager au Mexique, au Pérou, en Espagne, au Japon et ailleurs, lui offrirent d’innombrables opportunités d’observer les gens de toutes races, de disséquer leurs gestes, d’absorber leurs états d’âme et d’interagir avec eux. Ainsi devint-il un fabuleux interprète du comportement humain, transposant ses connaissances avec une dextérité sans faille sur papier, sur panneau isorel et autres supports.

 « Le musicien de jazz se définit lui-même dans l’improvisation, dit-on, » écrit Gould. « Il en va de même pour le graphiste qui se dévoile tous les jours et se lie intimement à son matériel. S’il s’agit d’un papier Japonais fait main, il doit se familiariser instantanément avec les fils, copeaux, fragments incrustés dans sa surface. Avant de commencer un dessin, je scrute la feuille de papier. Il s’agit d’une collaboration. Si j’ai de la chance, le papier me dira où il veut aller; alors seulement, je peux me joindre à lui. »

The Pearly, collage et crayons de couleur, 72 x 48 po, 1978

The Pearly, collage et crayons de couleur, 72 x 48 po, 1978

Kay Kritzwiser, qui fut critique d’art du Globe and Mail  de Toronto, fait mention de l’énoncé de Gould à l’effet que le graphiste « se dévoile » chaque jour, dans la préface qu’elle signe dans John Gould : The Drawn Images , 1979. « Les dessins de Gould sont une extension de lui-même. Il ressemble à ses dessins. Ses mains bougent, avec économie de mouvement, comme si elles tenaient un crayon en permanence. Il est mince, filiforme tel les fines lignes tracées sur le papier donnant vie à l’un des acteurs Kabuki de sa série de dessins japonais, » écrit-elle. Dans Bunraku Puppet Play , par exemple, encre sur papier de riz, où les acteurs vêtus de leurs robes sont enveloppés de contours sinueux. « Sa méthode de travail est tout aussi disciplinée que le sont ses dessins. Les dessins et l’homme semblent se sustenter l’un l’autre. Sa continuelle exploration de la ligne tracée coïncide avec son évaluation silencieuse des êtres humains qu’il dessine. » Kritzwiser fait particulièrement mention de ses portraits d’indiens de Guanajuato et Oaxaca au Mexique, « ces visages pleins de dignité, reflétant leur héritage ancestral » dessinés par Gould « en toute sensibilité, avec économie de traits. »

Ainsi, dans Mexican Couple , dessin au crayon conté, circa 1965, l’artiste a su capter la tension existant entre un mari et son épouse. L’homme aux larges épaules, tête légèrement élevée sous son chapeau à grand rebord, surplombe sa frêle épouse, tête couverte d’un foulard, qui se tient debout devant son bras gauche. Les yeux baissés, elle regarde vers la gauche. Serait-ce de la gêne ? Quoi qu’il en soit, il est clair qu’elle préférerait ne pas faire partie de l’image. De fait, les deux partenaires s’y tiennent rigides, sérieux, visages sévères, bouches serrées, comme s’ils posaient pour encore un autre touriste muni d’un appareil photo.

Gould ne se contente pas de capter l’essence de l’être humain; dans Sleeping Cat , 1974, crayon conté et gesso sur panneau rigide, il évoque la squelettique flexibilité d’un chat. L’animal est en boule, molletonné tel un douillet coussin, un pli légèrement ondulé au centre du corps délimitant la jonction de l’omoplate et de la hanche, la queue repliée sous le ventre, la tête abaissée bien serrée sur le corps. Comment peut-il se contorsionner ainsi ? C’est la question que l’on se pose. Mais, après tout, il s’agit bien d’un chat ! Gould a brillamment positionné la tête de l’animal, un oeil ouvert, un peu railleur, observant le spectateur, les yeux duquel sont guidés par Gould à rendre ce regard. Lors d’une rétrospective à la Roberts Gallery de Toronto en septembre dernier, ce dessin, jouissant d’une grande popularité, a été décrit par un amateur d’art comme étant « serein ». Il l’est effectivement !

Gould écrit à ce sujet : « Ma déficience de perception entre le rouge et le vert m’a finalement bien servi au cours des années subséquentes. J’ai du apprivoiser la glorieuse richesse de l’échelle de gris, chercher les subtiles gradations de tonalité et apprendre à apprécier l’imprimé, la photographie et la cinématographie. Cela m’incita à m’intéresser au dessin. » 

Sa série Ancestors  est probablement celle qui attire le plus l’attention. David Balzer, dans la brochure reliée à la rétrospective de 2013, la situe au sommet de la carrière de Gould. Quant à lui, l’artiste en dit : « J’avais eu l’occasion d’admirer les oeuvres des Expressionnistes abstraits lors de l’exposition Albright Knox de 1951. J’étais remué et fort excité, mais je savais que ne pourrais jamais travailler de cette façon. Il me fallait chercher à mettre à profit ma maîtrise du dessin en fusion avec l’abstraction sur une seule et même surface. J’ai donc appliqué à main libre trois flaques de gouache sur carton – en totale abstraction  – puis les ai en partie compartimentées et détaillées finement. Il s’agissait donc alors de ‘dessins peints’. Cette idée me plait encore énormément. »

The Comedians, conté, 40 x 60 po, 1975

The Comedians, conté, 40 x 60 po, 1975

De cette série, Summertime , 1974, crayon conté, exploite la fascination de Gould pour le mouvement, le jeu d’ombre et de lumière et la cinématographie. Gould a de fait produit six pièces cinématographiques, dont Little Monday, présentée pour la première fois à la Biennale de Venise en 1966, John Gould on Drawing et The Spain of John Gould . Summertime est constitué d’images multiples : au coin supérieur gauche, une mouche au corps sombre, ailes déployées ; au centre droit, un femme nue passant un pull over ; au coin inférieur gauche, un homme en sous-vêtements, faisant dos au spectateur, apparaît en trois images alignées en ordre décroissant de grandeur et simulant un variation de mouvements, tels les bras grands ouverts ou la jambe gauche relevée ; au coin inférieur droit, une anomalie peut-être, une religieuse en habit fait face au spectateur les mains ramenées au-dessus de sa tête formant un triangle isocèle, comme pour se protéger. Mais de quoi ?

« Il y a des recoupements, » commente Gould à propos de Summertime, « des fondues en entrée et en sortie, des intervalles, des effets de montage, des changements d’angles et de point de vue qui sont dûs en grande partie à notre degré d’acceptation des conventions cinématographiques. »

La série Buster Keaton’s Journey , 1974, crayon conté, est également remplie de mouvement. Coin inférieur gauche, un homme chauve soulève une femme en extase, seins exposés et jambes très écartées soulevant sa jupe comme par un coup de vent ; au centre droit, trois visages tristes du grand comédien du cinéma muet, Buster Keaton, se recoupent ; au centre, cinq têtes de Gould lui-même à intervalles bougent de gauche à droite, fidèle à son crédo : « le graphiste se dévoile lui-même chaque jour. » 

Looking at You, conté sur papier, 11,25 x 8,75 po, 1980

Looking at You, conté sur papier, 11,25 x 8,75 po, 1980

Dans la foulée de grands artistes classiques tels Durer, Rembrandt et van Gogh, Gould a dessiné son autoportrait au naturel ou jouant un personnage, vu son affection pour les effets théâtraux. Looking at you , circa 1980, crayon conté sur papier, nous montre exclusivement son visage et son cou, couronné de lames de cheveux dressées. Il a cependant dessiné son oeil droit – ou est-ce son oeil gauche vu dans un miroir ? – grand ouvert, alors que son oeil gauche est à demi fermé et assombri. Ainsi, le spectateur est forcé de se concentrer sur l’oeil droit qui le regarde.

Quixote One, 1978, dessin au crayon conté, que Gould a lui-même décrit comme « une étude de mouvement et autoportrait, » présente l’artiste de front, de la tête à la taille. L’emphase n’est plus sur un oeil mais plutôt sur la pose, formelle voire hautaine du modèle. Gould ici se ‘dévoile’ en Don Quichotte.

Sleeping Cat, conté et gesso sur panneau, 9,5 x 11, 75 po, 1974

Sleeping Cat, conté et gesso sur panneau, 9,5 x 11, 75 po, 1974

L’artiste Kristin Basso de Consecon, Ontario, ayant hérité de sa mère d’un dessin de Gould, cette dernière possédant « quelques pièces de Gould », aime beaucoup Quixote One . « J’ai toujours admiré le geste qui capte l’essence d’un sujet en quelques traits. J’ai toujours aimé le style de Gould, sa délicatesse, sa douceur, qui exprime une certaine mélancolie. »

Le galeriste Paul Wildridge, de la Roberts Gallery, a eu l’occasion d’admirer les dessins de Gould pour la première fois alors qu’adolescent, il travaillait à la galerie. « J’ai vu son exposition sur Marcel Marceau en 1971. Plusieurs années plus tard, j’ai fait l’acquisition de ma première oeuvre d’art, un dessin de Gould intitulé The Conjuror . Cette pièce a agrémenté ma vie tout au long des 35 dernières années et j’en tire encore énormément d’agrément. Il était étonnant de voir comment les expositions de Gould attiraient un grand nombre d’artistes et d’étudiants en art. Tous débordaient d’admiration, pour ne pas dire d’envie, pour cette habileté qu’avait Gould de dessiner une simple ligne remplie d’expression. »

Les dessins de Gould font partie de grandes collections de musée, incluant le Musée des beaux-arts du Canada, ainsi que de nombreuses collections privées en Amérique du Nord, Grande-Bretagne et au Mexique.

Il nous a légué une oeuvre incomparable, incluant une compagnie de personnages d’envergure internationale que nous ne pouvons faire autrement qu’aimer. À travers eux, il nous montre notre propre humanité et nous n’en sommes que plus riches.


Texte par John Norris
Les photos sont une gracieuseté de la Roberts Gallery

Les grandes oeuvres d’art dégagent une forte présence. Elles ont un impact visuel indéniable…