Moulin La Lorraine
Magazin'Art

Éditorial


Les impatients ou quand s’exprimer fait la diférence !

Éditorial Été 2015

Artiste, enseignant d’arts visuels, journaliste culturel, galeriste et auteur. C’est lors d’un passage à vide que j’ai réalisé à quel point l’importance de la présence de l’art était, telle une planche de salut, un baume depuis l’enfance. En effet, je crois fermement que la création guide intuitivement, nous apprend à vivre, nous rassure. Et j’estime tout autant le pouvoir de l’artiste à créer pour donner un sens à l’existence qu’à livrer et délivrer des œuvres dans la réalité. Chaque quidam a sa conscience propre de l’expérience humaine contenant son lot d’énigmes, de moments heureux et de fatalités. Par la pratique de l’art, en plongeant tête première dans les profondeurs de l’inconnu, l’artiste apprend et partage en retour les méandres et découvertes de son aventure de vie.

En ce sens, les activités de l’organisation « Les Impatients » se font lumineuses. Fondé en 1992, les gens du collectif se sont donnés pour mission de venir en aide aux personnes ayant des problèmes de santé mentale par le biais de l’expression artistique. Des ateliers de création, encadrés par des artistes de renom et des thérapeutes professionnels, axés sur le dessin, la peinture et la musique captent l’intérêt de plus de 450 personnes par semaine en divers lieux à Montréal et en région. Associé aux activités de diusion et dnancement des « Impatients », le Dr Léon Tourian, psychiatre, fait le navrant constat du trop petit nombre d’orga-nismes communautaires aidant à promouvoir l’art brut, libre de tout préjugé. « Peindre est pour moi un moment privilégié de répit. Un moment où mon imagination saisit le pinceau et se concrétise sur la toile. Il s’agit d’un exutoire naturel, » poursuit Léon Tourian.

Quoi dire de plus ?
Marraine des « Impatients » dès les premiers jours de sa fondation, Clémence DesRochers, par le véhicule de son site clemencedesrochers.ca, propose de ses œuvres. Son engagement se traduisant également par le fruit des ventes qui sera remis à l’organisme. Il n’en tient qu’à vous amis(es) des arts d’y souscrire sachant maintenant que le beau, le bon et le bien fusent de l’art et du cœur !

Michel Bois

 


 

Liberté, en ton nom, je crée

Éditorial Printemps 2015

«C’est lorsque l’on perd la liberté d’expression que l’on se rend compte qu’ il est trop tard.»
Odette Moreau, éditrice de Magazin’Art.

Suite aux actes perfides perpétrés envers des dessinateurs de presse en janvier dernier, à Paris, nous nous devons d’applaudir à la proposition de réflexion et d’éducation du Musée des beaux-arts de Montréal. En effet, sous le thème de la liberté d’expression du dessin au service de la paix, une bannière rassemblant une cinquantaine de dessins choisis s’offre à la réflexion des visiteurs. La sélection des œuvres s’est faite en lien et suite aux tragiques événements et témoignent du talent engagé d’amateurs ou de professionnels dont les images ont été diffusées par le truchement des réseaux sociaux et autres médias à travers le monde entier.

Mieux encore, le service éducatif de l’institution a distribué des crayons aux gens du public afin de les inviter à dessiner leur vision plus fraternelle voire dénoncer ces exécutions ciblées. Qu’est-ce que la liberté en 2015 ? Certainement pas mourir pour ses idées. La barbarie étant l’antithèse des valeurs promues par nos sociétés actuelles.

Quand les « revendications » de certains passéistes étouffent les consciences individuelles de toute une partie de l’humanité et nous éloignent des intuitions citoyennes pacifistes, il faut s’obliger à être vigilant pour que chacun de nous y trouve l’ouverture d’esprit altruiste, nécessaire à l’expression libre et assumée des opinions diverses et divergentes.

Le dessin est une expression universelle. Le pinceau, la craie, le crayon, la gouge, des outils de création. Depuis des siècles, la pratique de l’art s’est élevée pour dénoncer les dictatures avilissantes et totalitaires. L’Avenir humain passera encore et toujours par son élévation créatrice.

Artistes, à vos œuvres !

Michel Bois