Magazin'Art

Éditorial Printemps 2019


De lʼurgence à se reconnecter

à lʼhumain par lʼentremise de lʼart !


Qui n’a pas l’impression sordide de vivre dans l’ère du chaos sans fin par les temps qui courent ? Entre les « boulot-dodo-boulot » incessants, l’usage des psychostimulants pour augmenter la concentration pour les uns et les anxiolytiques pour réduire l’anxiété pour les autres. Entre les cyberdépendances aux médias sociaux, au téléphone portable dictateur et le culte de la performance obligée, je demeure convaincu que la santé psychologique d’un individu n’est pas qu’une question de gérer le mal à l’âme ou de spleen que l’on soigne à grande pelletée de pilules de l’officielle pharmacopée.

Dans une société trop largement médicamentée où une grande partie de la population en stress perpétuel cherche des exutoires artificiels dans les divertissements de pacotille, vides de sens et la surconsommation, biberon toxique, il se dégage une nette impression qu’il n’y a plus de place pour les émotions créatrices, les sentiments générateurs de dépassement de soi ou toute autre notion de valeur humaine et altruiste. Hors de ce monde plus virtuel que réel, aiguillonné par les campagnes de publicité vicieusement orchestrées pour nous dicter comment vivre et à quoi ressembler, peu de chances, hélas d’exister pleinement. Aucune place non plus pour établir des repères afin d’atteindre un tant soit peu l’équilibre et l’harmonie d’une personnelle et solide identité. Disons-le, notre société est de moins en moins basée sur l’humain et la réciprocité telle qu’on voudrait le croire. La vie manque de sens pour plusieurs qui sentent bien qu’ils passent à côté de l’essentiel. Bref la vacuité de soi s’accélère à notre insu ! C’est là qu’entre en jeu l’art thérapie, une méthode reposant sur le potentiel personnel de chacun à s’exprimer par les images et de verbaliser sans contrainte ce qui émane du fond de l’âme et des souvenirs. Merci au MBAM !

Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal est bien au fait des effets bénéfiques de l’art visuel sur les individus. À cet égard, la programmation conçue avec le milieu de la Santé propose des projets innovants et adaptés aux personnes vivant soit avec des troubles liés au « vivre-ensemble » ou à l’inclusion sociale. Visites commentées et ateliers créatifs : le tout de façon à vivre l’art et la culture de manière signifiante.

Le retour simple et authentique à l’humain se fera par l’art et la culture à n’en point douter! J’affirme sans ambages que l’art est le dernier rempart contre l’effritement de ce qui reste de nous!

Vos commentaires sont toujours les bienvenus.

Michel Bois


 

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