Magazin'Art

Éditorial Automne 2020

À la niçoise, huile sur toile, 20 × 24 po, 2018

Éditorial :

l’importance de se faire voir ailleurs que sur la toile

En réponse et suivi à l’éditorial du numéro de l’été 2020, traitant des attentes irréalistes de certains artistes et galeristes au sujet du « boulevard numérique », je persiste et signe ! En connaissez-vous des créateurs/créatrices qui se sont faits exclusivement une carrière digne de l’appellation grâce au « net » ? En connaissez-vous des galeries rayonnantes sans avoir pignon sur rue ? Pensez-vous être en mesure de vendre suffisamment d’oeuvres au hasard des clics de « Facebookers » pour éventuellement faire votre place dans l’univers de l’art visuel et auprès des vrais connaisseurs et collectionneurs ? Soit ceux qui commandent des oeuvres à l’avance ? Si non, pure perte de temps que de mettre tous ses oeufs dans la trappe du « net » pas très propre ! En clair, les aigles ne se tiennent pas avec les dindons du « www » « Web ». Bon, bon, bon… D’accord, je veux bien croire que durant la période de confinement, le numérique a pu en accommoder plusieurs. Tant mieux pour eux ! Je veux bien croire aussi que des galeristes ont sollicité des collectionneurs par courriel et ont fait des ventes. Bravo ! Et tout autant que des collectionneurs ont désiré acheter une oeuvre du galeriste où ils se sont procurés une oeuvre de cet artiste par le passé. Oui. J’y crois.

Et puis après ?

Pour moi, le « Web » est un instrument complémentaire à une carrière en arts visuels, certes. Mais cela seulement si vous êtes présent, si vous existez sur le terrain et en galerie, cependant. Pourquoi ? Parce que les expositions demeurent le meilleur moyen de faire des ventes. Elles permettent à l’artiste d’en connaître davantage au sujet de ceux et celles qui s’intéressent à vos oeuvres et surtout « le pourquoi ». Une rétroaction si importante et qui ne viendra jamais à vous par courriel. Oui, mais les galeries refusent de prendre de nouveaux artistes. Pourquoi selon vous ? Première chose : l’originalité de l’expression personnelle importe. Bref, ce n’est pas en copiant une création soi-disant « gagnante » que vous serez accepté. Bien au contraire. Donc l’oeuvre et la démarche authentique font la différence. Et tout autant ce que fait l’artiste pour se faire connaître dans les médias écrits et sociaux si la qualité des oeuvres suivent le propos. Ce qui est largement déficient chez ceux qui vendent et s’en félicitent à même leur compte FB : le tout donnant dans l’amateurisme. Et l’anecdote forcée de l’artiste menant à l’idée : j’ai vendu, donc je suis ! Ciel ! Une oeuvre d’art, c’est tellement plus qu’un objet vendu dans un marché aux puces. Numérique ou non.

Alors ?

Nous sommes au sortir d’un long confinement. Les gens veulent sortir, voir, découvrir et vivre de nouvelles expériences en respectant les consignes sanitaires. Les musées, les galeries, les symposiums se sont ajustés de manière responsable afin d’accueillir les gens. Alors, plus que jamais, il me semble que la présence physique d’un artiste face à son public n’aura été aussi importante. Que cela soit en galerie, lors d’un symposium ou ailleurs en atelier. En terminant, on préparera son exposition en travaillant avec les médias écrits (car les écrits restent) et au lieu de compter les clics stériles pour votre oeuvre, on économisera son énergie dans une attitude d’ouverture et positive pour aller à la rencontre humaine et sincère d’un vrai collectionneur. Merci de nous lire et de commenter. Du choc des idées jaillit le futur créatif !

 

Michel Bois

 


 

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