Galerie Jeannine Blais
Magazin'Art
  • La wéture à patates, 12 x 16 po

    Tex Lecor (1933-2017)

    Salut Tex ! L’frère de tous.

    En mémoire

    « Le véritable artiste est celui qui a le sentiment de la vie, qui jouit de toutes choses, qui obéit à l’inspiration sans la raisonner, et qui aime tout ce qui est beau sans faire de catégories. » – George Sand (1846)

    L’artiste aux multiples talents – peintre d’exception d’une humanité immense, animateur à la radio et à la télé, humoriste et chansonnier – a rendu l’âme le 9 septembre dernier, 2017, à l’âge de 84 ans. Tex Lecor, de son vrai nom Henri-Paul-Cyrille Lecorre, est né le 10 juin 1933 à Saint-Michel-de-Wentworth dans les Laurentides québécoises.

    Il était l’aîné d’une famille de trois enfants. Chansonnier personnifiant un coureur des bois, un authentique « lumberjack », il a su se faire aimer d’un très large public tant par la chanson que par l’animation d’une incontournable émission télévisée, et ce durant plusieurs années. Tex aura été à la tête d’une émission humoristique qui révolutionna le « ronron » des stations de radio montréalaise. Peintre d’abord et avant toute-chose, fort du succès de sa carrière parallèle dans les médias radio et télé, il dira que toute cette énergie humaine et pécuniaire lui aura fourni l’aplomb de vivre (monétairement) sans soucis l’aventure de la peinture. Tex ? La « légende » veut, que l’homme engagé sur des chantiers forestier portait une ceinture sur laquelle était écrit le mot Texas. D’où le diminutif affectueux affublé par les gars lui collant parfaitement à la peau.

    Tex dans son atelier

    Tex dans son atelier

    Nos chemins se croisent…
    J’ai eu le très grand plaisir et privilège de rencontrer, à l’automne 2010, ce géant de l’art et de l’âme en son atelier de Terrebonne. J’étais très impressionné. Or, ce fut un accueil mémorable. La chienne Marguerite, si apaisante. Le « Salut mon ti-frère ! » et le « Criss j’t’aime déjà. Juste à te voir, je sais qui tu es… » Ajoutez la valse des œuvres sublimes sur les murs. L’odeur de l’huile. Et ce géant me ramassant le squelette dans sa main immense, offerte pour une rencontre inoubliable. Une assignation de Jacques Latulippe, mon défunt patron, qui aura su me permettre de rencontrer les plus grands, tant et tant de fois.

    Du rire aux larmes, 14 x 11 po

    Du rire aux larmes, 14 x 11 po

    Ayotte, concierge et mentor
    Adolescent, il se retrouve chez les Clercs de Saint-Viateur où le concierge de l’école était nul autre que Léo Ayotte, le prestigieux peintre. Sans trop savoir pourquoi, ni comment, Lecor a été happé de plein fouet au cœur par la personnalité d’Ayotte. La fascination du jeune Tex le poussera à se rendre dans l’atelier d’Ayotte en cachette pour le regarder peindre, selon la confidence de Lecor. Anecdote, lorsque j’ai fait un texte sur Ayotte en le qualifiant de « grand-maître », j’ai reçu un coup fil de notre homme pour me dire toute sa joie de lire ce qu’il n’avait jamais lu ni entendu auparavant sur Ayotte. Et que le titre lui était redevable depuis longtemps. Voilà succinctement qui était Tex Lecor : un homme très sensible et à part entière, un amoureux de la vie capable de le traduire par l’art, et malgré ses racines modestes, n’ayant jamais oublié et plein de gratitude envers ceux qui l’auront aidé à développer son plein potentiel à une période tumultueuse où il jouait les « détestables » par ses hilarantes facéties en repoussant les limites de la crédibilité sociale des bien-pensants de l’époque, voire même à bringuebaler les valeurs de la société et de sa vie.

    Maman et sa progéniture, 18 x 14 po

    Maman et sa progéniture, 18 x 14 po

    C’est en 1951 qu’il part faire des études vers Montréal à l’École des Beaux-Arts. Tex a 18 ans. Il en a marre des petits boulots. Il est prêt à vivre l’expérience de l’art ; seule chose qu’il sait faire, dira-t-il. Les Jacques de Tonnancour, Jean Simard et Cosgrove auront su transmette chez lui la passion de la peinture. Mais dans le contexte de ces années de vaches maigres, Tex vivra absolument et résolument dans l’insécurité financière et la bohême. Les dessins pour les touristes se ramassent à la pelle. Puis viendra cette opportunité de travailler sur de petits caboteurs en Gaspésie. Voilà comment est apparue l’imagerie singulière du peintre à cette époque !

    Mon saumon, rivière Grande-Cascapédia, 24 x 20 po

    Mon saumon, rivière Grande-Cascapédia, 24 x 20 po

    Son art inoubliable
    Il est le peintre des scènes de la vie courante et des paysages qu’il a traversés. Il est amoureux des gens. Tout ce qui ramène le spectateur au terroir en fait. Au point tel que tout ce qui le touche et l’impressionne devient prétexte pour dire sur la toile. Sa grande qualité : trouver l’âme de ses sujets. Un savoir-faire peaufiné dès l’âge de onze ans auprès du caricaturiste de La Presse, Marcel Lanctôt, qui passait ses vacances dans le « nord » chez la famille Lecorre. Il sait capter l’essentiel afin de composer une truculente galerie de personnages rencontrés tout au long des routes. Tout est vrai dans les tableaux de Lecor, mais avec un peu plus de charme et de poésie. Parlons ici d’une idée que se fait le peintre du bonheur, qu’il nous présente chaud, humain, vibrant de couleur et fouillé de détails savoureux, généreux.

    Tex, Louise et Jean-Claude, 24 x 36 po

    Tex, Louise et Jean-Claude, 24 x 36 po

    « De la Gaspésie aux Îles de la Madeleine en passant par les Maritimes et le Grand-Nord, j’aime à dire l’immensité de l’eau, de la terre et de la nature. J’aime les personnages qui travaillent de leurs mains. J’aime peindre les aînés qui ont tant à dire tout en sagesse. Voilà pourquoi mes personnages ont de grosses mains. Celles qui ont connu le labeur de la survie, » confie Tex Lecor. Fils d’une mère amérindienne et d’un père d’origine bretonne, Paul-Tex Lecor nous aura montré l’inconnu d’une nature si riche et de gens qu’il nous enjoint de comprendre et d’aimer comme des membres de notre propre famille. Merci pour tout ti-frère ! Mission accomplie !


    Texte de Michel Bois

    Le véritable artiste est celui qui a le sentiment de la vie…

  • Le vieux pont, 24 x 12 po

    Yves Doré

    Fantaisie illustrative

    Profil d’artiste

    Avec ses lignes simples et ses coloris pimpants, l’art d’Yves Doré vient nous décrocher un sourire. Ses sujets bien de chez nous évoquent des souvenirs de temps plus simples et trahissent le sens de l’humour de l’artiste. Un esprit vif et fantaisiste, un style illustratif et une approche graphiste composent la signature visuelle d’Yves Doré.

    Né à Montréal en 1942, l’artiste crayonne depuis son plus jeune âge. « Le crayon est rapidement devenu mon meilleur ami. » Sans visées artistiques professionnelles, il s’adonne à son passe-temps par pur plaisir. Son père remarque son talent et lui propose des cours en arts graphiques et en dessin industriel. Il se plaira dans ces fonctions et grimpera rapidement les échelons du monde de la publicité. Il deviendra directeur artistique et travaillera avec de nombreux clients d’envergure. En cette ère pré-ordinateur, le travail est laborieux et les semaines de travail sont chargées. Yves Doré peint occasionellement dans ses temps libres mais ceux-ci sont limités. De la conception à l’exécution, sa carrière de graphisme laissera une marque profonde dans sa façon de s’exprimer. Aujourd’hui retraité depuis cinq ans, il est devenu son propre client et s’octroie mandat et objectifs pour ses propres projets.

    1408, rue St-Paul

    1408, rue St-Paul

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    Texte de Isabelle Gauthier

    Représenté à la Galerie Robert Senneville, Sherbrooke

    Avec ses lignes simples et ses coloris pimpants, l’art d’Yves Doré…

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