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Magazin'Art
  • Éditorial :

    L’art visuel et l’après confinement

     

    L’obligation de rester chez soi a très lourdement touché le milieu de la création et des galeries d’art au moment où tout le monde a besoin de réconfort, d’images libératrices et d’éblouissement. Médicalement, l’art ne peut rien contre le coronavirus. Toutefois, l’humanité à travers les siècles, nous a montré que l’art fut un baume voire un pansement pour calmer les angoisses des âmes tourmentées. Mais, quoi qu’il en soit, serrons-nous les coudes et activons nos talents pour propulser l’art visuel au-delà de ce marasme universel. Or, de plus en plus de galeristes pensent que les collectionneurs viendront à l’art grâce au « boulevard numérique ». Foutaise illusoire… Certes, les clients de ces galeries seront « avisés » par cette technologie froide et pragmatique. Mais jamais les images sur l’écran ne sauront transmettre l’indicible émotion vécue en présence sensuelle de l’oeuvre. Ni ne feront ressentir la trame émotive de l’atmosphère ambiante d’un vernissage en compagnie de l’artiste. Et encore moins par la réductrice description concoctée, ou pire, un gazouillis de 140 caractères au maximum. Dès lors, aucune certitude.

    La survie des galeries est compromise par cette crise sanitaire certes, mais les faits d’avant-pandémie demeurent : les impitoyables et souvent trop exorbitants coûts du loyer sans vente aucune. Vous trouvez cela normal de payer un 6 000 $ par mois pour avoir pignon sur rue ? Pas moi. En ce lundi du 4 mai, les galeries d’art de Québec sont à nouveau sur l’échiquier. Charlevoix et les autres régions tout autant. Au moment d’écrire ces lignes, j’ignore l’état de la situation à Montréal, Toronto, Calgary, Vancouver. Mais probablement tout aussi peu reluisante. Sur ce, je souhaite le meilleur à tous dans les plus brefs délais. Car artistes, galeristes et collectionneurs confondus, ne peuvent exister les uns sans les autres. Ici, permettez-moi d’exercer le souhait de découvrir sur ma route, l’émergence de talents nouveaux empreints d’humanité. Un peu comme au sortir de la première guerre mondiale. Moment clé où est né le Surréalisme. De fait, exaspérés par le réalisme des scènes des malades, des mourants et des ruines, les artistes se sont mis à rêver de faire voir autrement le monde. Histoire de voyager émotivement et intellectuellement dans un univers moins bancal. Voilà comment l’art a retrouvé sa vraie et légitime destinée. Qu’en sera-t-il après la quarantaine ? Qu’aimeriez-vous voir ? Une pandémie inédite de chefs-d’oeuvre résultant d’une vision personnelle donnant à voir l’âme ? Il est clair que votre Magazin’Art sera au rendez-vous pour vous dire. Papier glacé. Textes sensibles et fouillés. Témoins de l’art vivant, depuis plus de trente-deux ans. Et avec plus de 700 points de chute à travers le Canada et les États-Unis.

    Merci de commenter. Nous publierons.

     

     

    Michel Bois

     


     

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    L’obligation de rester chez soi a très lourdement touché le milieu de la création…

  • Grande rencontre :

    Carlo Cosentino – L’air du temps

     

    Pour saisir l’ambiance d’une ville, le pouls de la cité, l’artiste doit percevoir de multiples subtilités : la coloration de la lumière, le chatoiement des teintes, la délicatesse de la lumière secondaire. Sans compter l’agitation de la ville ! Carlo Cosentino est à l’affût de ces fresques quotidiennes depuis 40 ans. Peintre et sculpteur autodidacte, il fait de la luminosité le point distinctif de son oeuvre. Son tracé précis met en scène des tableaux réalistes, presque photographiques en termes de point de vue, le tout nappé d’une luminosité déclinée en maintes atmosphères. La table est mise ! Inspiré principalement par les saisons, Carlo Cosentino recherche l’émerveillement dans le banal. Ainsi une ruelle, une chaise ou le passage d’un autobus scolaire trouvent sous son pinceau un éclat découpé dans la réalité, sublimé par la lumière. En choisissant un angle inédit, l’image nous raconte une histoire et c’est là l’intérêt principal de l’artiste : « L’observateur doit pouvoir entrer dans la scène », une chose entièrement réalisable avec ces scènes si familières de la métropole.

     

     

    L’année 2019 l’a vu se concentrer sur les villes, mais les défis se suivent et ne se ressemblent pas. « J’ai travaillé sur les réflexions, sur la présence de l’eau et son côté diffus l’année d’avant. » Passionné et proactif, il nourrit sa passion en travaillant sans relâche, à la recherche de scènes au potentiel narratif. Notre hiver québécois, qui semble parfois éternel, ne suffit pas à le garder à l’intérieur. C’est ainsi qu’on peut le retrouver assis sur un banc de parc, dans un boisé ou à capter le jeu des patineurs derrière chez lui.

     


    Huile sur toile de coton


    Rue Sherbrooke coin St-Denis, Montréal, huile sur toile de coton, 30 × 40 po

     

    à capter le jeu des patineurs derrière chez lui. Né à Montréal en 1958, deuxième garçon d’une fratrie de cinq, son père aura sur lui une influence artistique. Son père ayant fait les Beaux-Arts, le jeune Cosentino se rappelle de la fascination à regarder le travail de celui-ci. Subjugué, fasciné, il pressent déjà son avenir dans les arts. L’illustration et le travail en agence de publicité seront son entrée dans le milieu. Fortement appuyée sur la qualité de son dessin, qu’il pratique quotidiennement, sa carrière monte en flèche et c’est dans un tourbillon de commandes qu’il oeuvrera pendant plusieurs années. Produire des planches pour des publicités destinées à la télévision d’abord, puis il hérite d’une prestigieuse assignation pour Imperial Tobacco, à cette époque un commanditaire important. Il doit rendre des scènes sportives dans plusieurs techniques variées, ce qui lui fournit l’opportunité d’acquérir une grande versatilité. Il produit des portraits pour plusieurs célébrités dont Gilles Villeneuve et son fils Jacques. Puis, la pression populaire sur la cigarette et les sports font que la compagnie redirige sa stratégie. C’est à ce moment que Carlo Cosentino commence à effectuer son virage vers l’art. La forte pression du monde de la publicité, la transition du domaine vers l’ordinateur dans les années 90 sont des facteurs qui nourrissent sa décision. Il présentera sa première exposition, des oeuvres destinées à Imperial Tobacco qui n’avaient jamais servies. « Même lorsque j’étais en agence et que je marchais dans le Vieux-Montréal je regardais ce qui se faisait dans les galeries. J’ai toujours cru en la permanence de la peinture. » Avec ses économies de publicités, il se lance avec conviction à la recherche de galeries prêtes à le représenter. Fort de ses expériences du monde commercial, il sait naviguer l’organisation d’évènements pour lancer sa carrière : vin, pianiste, publicité dans La Presse, son assurance attire l’attention d’une clientèle d’affaires. Il remplace brièvement un enseignant en illustration au Collège Dawson, une expérience un peu chaotique mais qui lui donnera le goût d’enseigner la peinture, une activité qui subsiste encore aujourd’hui. « Enseigner permet de prendre le pouls et de rester en contact. »

     


    Huile sur toile de coton


    Saveurs d’Italie, huile sur toile de coton, 30 × 24 po

     

     

    Isabelle Gauthier

     


     

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