Les Parcours des Arts du Richelieu
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Fin d’automne à l'Anse de Roche

Devant moi, l’homme se tient droit comme un chêne. Les mains sont immenses. La chevelure hirsute à la Albert Einstein…

Rouge enchanté, coll. 9, 36 x 84 po

Gordon Harrison a plusieurs cordes à son arc et elles ont toutes contribuées à faire de lui l’un des peintres paysagistes canadiens les…

Fleuve St-Laurent, 48 x 60 po

Chers paysagistes pour qui la vérité a le bleu du ciel et de l’eau, le blanc de la neige, le vert des conifères et l’orangé des ondulations du foin brûlé…

Brain Freeze, acrylique sur toile, 40 x 60 po

Originaire de Montréal, Claire Desjardins quitte en 2011 sa carrière en design graphique afin de se consacrer pleinement…

  • Rouge enchanté, coll. 9, 36 x 84 po

    Gordon Harrison

    Mon seul désir est de peindre !

    Grande rencontre

    Gordon Harrison a plusieurs cordes à son arc et elles ont toutes contribuées à faire de lui l’un des peintres paysagistes canadiens les plus en vue du moment. 

    En septembre il a remporté le Premier prix lors de l’exposition-concours Rêves d’automne 2014 de Baie Saint-Paul en Charlevoix, où 140 artistes de renom exposaient quelque 251 oeuvres, chacun espérant se mériter le titre du Meilleur peintre paysagiste du Canada. Ses oeuvres furent également exposées à la galerie que l’on pourrait surnommer demeure spirituelle des oeuvres paysagistes canadiennes, la McMichael Gallery de Kleinberg près de Toronto, où tous les membres du Groupe des Sept, sauf un, sont inhumés.

    Pour ceux qui ne seraient pas au fait de la spectaculaire beauté de la région de Charlevoix, il s’agit d’une contrée captivante qui passionne l’imaginaire des artistes peintres paysagistes québécois et canadiens, depuis le Groupe des Sept jusqu’à aujourd’hui. Notons qu’Harrison a d’ailleurs occasionnellement été surnommé le huitième membre du Groupe des Sept.

    La peinture d’Harrison est audacieuse et éclatante. Difficile de croire qu’il est largement autodidacte vu ses incomparables habiletés de coloriste et son sens aigu du dessin. De fait, sa formation académique en art s’est résumée à quelques cours suivis ici et là. Quant à sa palette, les tableaux d’Harrison ressemblent quelque peu aux oeuvres récentes de l’artiste britannique David Hockney où, au premier regard, des couleurs improbables parsèment les paysages qui, lorsqu’on intériorise l’oeuvre, se révèlent très appropriées. Les deux oeuvres qui lui ont mérité le premier prix à Baie-Saint-Paul, par exemple, mettent en scène des montagnes en hiver largement peintes en teintes de rouge et des conifères au bleu très présent.

    Randonnée vers les montagnes, coll. 2, 24 x 30 po

    Randonnée vers les montagnes, coll. 2, 24 x 30 po

    Harrison est un amoureux de la couleur; il semble avoir créé son propre vocabulaire chromatique pour décrire le paysage canadien. Certains aspects de son oeuvre peuvent rappeler le Groupe des Sept, mais il est difficile de les identifier spécifiquement. Peut-être s’agit-il de l’élan d’émotions suscité par ses oeuvres d’art exceptionnelles ou de leur complexité graphique.

    Ses scènes d’automne sont, évidemment, des plus éclatantes, vibrantes et de tonalités complexes ; tellement complexes que nous pouvons nous demander comment il peut arriver à peindre près de 200 oeuvres par année. Ses scènes estivales, quant à elles, se rapprochent des teintes traditionnellement utilisées pour les paysages. L’artiste décrit ainsi son propre style : « Une forme d’impressionnisme contemporain. Les tableaux sont fortement texturés avec de vigoureux coups de pinceau. J’aime que mes coups de pinceau soient apparents et je crois que la plupart des gens qui regardent mes tableaux apprécient cet aspect de ma peinture ainsi que l’application de couleur par empâtements. La combinaison texture et coups de pinceau visibles, joue un rôle important dans mon oeuvre. »

    Commentant l’évolution de son style au cours des ans, Harrison déclare : « Ce que j’accomplissait en quatre ou cinq coups de pinceau, je le fais maintenant avec un seul en simplifiant contour et forme. Je ne veux pas utiliser le mot ‘stylisé’, mais c’est un peu ça. J’ai une confiance accrue en mon travail et je crois que ça se sent. »

    Règne de la beauté, coll. 35, 18 x 18 po

    Règne de la beauté, coll. 35, 18 x 18 po

    De bien des façons Harrison ressemble à plusieurs autres artistes canadiens, mais en même temps il se démarque. Il fait en effet partie de ces artistes introvertis parce qu’atteints d’une affliction débilitante, ce qui souvent favorise la créativité artistique. Pour sa part, Gordon Harrison, né avec un frein de la langue l’empêchant de parler et de communiquer adéquatement, n’a recouvré la parole qu’à l’âge de six ans suite à une intervention chirurgicale corrective.

    Enfant, il avait toujours un crayon et du papier en sa possession et il était déjà fasciné par la nature, plus spécifiquement par les arbres. Jeune garçon, il passera ses étés au chalet familial à Ste-Marguerite- du-Lac-Masson, dans les Laurentides, où son grand-père avait, en 1902, troqué un piano pour 10 acres de terrain. Et c’est là que Gordon commence à se démarquer ! Il est tellement fasciné par les arbres qu’il fait le tour du lac à répétition à la recherche d’espèces absentes du terrain familial, qu’il transplante. Il désirait acquérir un spécimen de chaque espèce présente dans la contrée.

    Harrison a toujours dessiné et peint, même au temps où, étudiant, il travaillait de longues heures à Banff. Comme beaucoup d’autres peintres canadiens, il entreprit une carrière parallèle, comme architecte paysagiste d’abord, puis en planification d’urbanisme pour la ville d’Ottawa.

    Sa première exposition eut lieu dans le sous-sol de la demeure de sa mère. Bien que l’on puisse dire qu’il a occupé simultanément deux fonctions durant de nombreuses années, urbaniste et artiste, ce n’est vraiment qu’après avoir officiellement pris sa retraite de la première qu’il est devenu peintre à temps complet. Et, comme vous pouvez l’imaginer, loin d’être pour l’artiste une période de loisir et de repos, cette retraite s’est avérée être une carrière à temps plein des plus chargées.

    Règne de la beauté, coll. 38, 48 x 60 po

    Règne de la beauté, coll. 38, 48 x 60 po

    Harrison possède maintenant sa propre galerie à Ottawa, la « Gordon Harrison Canadian Landscape Gallery », et est aussi représenté en galerie à travers le pays, de Québec jusqu’à Victoria. Il publiera sous peu un troisième livre. Il enseigne ou, comme il préfère dire, « guide » des artistes de la relève ou reconnus et, de plus, exploite un gîte touristique, où il offre également des ateliers, dans la demeure préalablement destinée à accueillir sa retraite et celle de son partenaire de vie Phil Emond, le « Pine Point Lake House » du Lac Masson.

    Il nous serait, de fait, impossible de rédiger un article au sujet de Gordon Harrison sans faire mention de son partenaire Phil Emond. « Phil est mon agent et galeriste. Il est en grande partie responsable du succès que je connais présentement. Il a fait du très bon travail. Chaque artiste devrait avoir un Phil Emond. » Ainsi, c’est Phil qui a pris la décision d’ouvrir leur propre galerie, et c’est Phil qui a eu l’idée d’une fête champêtre estivale annuelle au cours de laquelle, durant trois jours, ils exposent leurs oeuvres à l’extérieur de leur atelier de New Edinburgh, Ottawa, pour attirer l’attention des passants et piquer leur curiosité. Phil a probablement aussi été l’instigateur des publications littéraires, dont le dernier volume en liste intitulé « Gordon Harrison, I just want to paint – my journey as an artist », sortira bientôt. Le second livre : « Gordon Harrison, The Colours of Canada », est disponible au Musée des beaux-arts du Canada.


    Texte de Noel Meyer

    Gordon Harrison est représenté par les galeries suivantes : Galerie Perreault, 205 rue Saint Paul, Québec, 418-692-4772; L’Express Gourmand, 31 rue Morin, Sainte-Adèle, 450-229-1915; Les Fougères, 783 Route 105, Chelsea Qc, 819-827-8942; Gordon Harrison Canadian Landscape Gallery, 495 Sussex Drive, Ottawa, 613-746-6853; Petroff Gallery, 1016 Eglington Ave West, Toronto, 416-782-1696; In2Art Gallery, 136 Church St, Oakville, 905-582-6739; Peaks and Rafters Gallery, 162 Medora St., Port Carling, 705-765-6868; Ryan Fine Art Gallery, 3658 Muskoka, Hwy. 118 West, Port  Carling, 705-765-1500; Rouge Gallery, 245 3rd Ave., Unit 200, Saskatoon, 306-955-8882; West End Gallery, 12308 Jasper Ave. NW, Edmonton, 780-488-4892; West End Gallery, 1203 Broad St., Victoria, 250-388-0009.

     

    Gordon Harrison a plusieurs cordes à son arc et elles ont toutes contribuées à faire de lui l’un des peintres paysagistes canadiens les…

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  • Brain Freeze, acrylique sur toile, 40 x 60 po

    Claire Desjardins

    Peindre le mouvement

    Sur le web présente des artistes inspirants qui utilisent les médias sociaux et diverses plateformes de partage dans le but de promouvoir leur art sur Internet.

    Originaire de Montréal, Claire Desjardins quitte en 2011 sa carrière en design graphique afin de se consacrer pleinement à sa pratique artistique. À travers ses tableaux, elle cherche à recréer le mouvement, bouger la peinture et transformer son propre chaos en quiétude.

    Cette intensité est visible par sa gestuelle et l’énergie avec laquelle le pigment est appliqué, mais surtout par cette palette de couleurs vibrantes, si distinctives à l’artiste.

    Elle fut maintes fois récipiendaire de bourses pour des résidences d’artiste, dont l’une la transportera jusqu’au Da Wang Culture Artist Residency en Chine. Claire Desjardins est une des artistes les plus lucratives sur la plateforme Saatchi Art, un leader mondial de site transactionnel destiné à la vente d’oeuvre d’art. Elle présente aussi son travail en dehors du numérique, de manière plus traditionnelle chez diverses galeries à travers le Canada.

    Par sa présence assidue sur Internet et son travail d’une incontestable qualité, Claire Desjardins est régulièrement mentionnée sur un grand nombre de webzines et de blogues influents.


    Advice on things, acrylic on canvas, 48 x 72 in

    Advice on things, acrylic on canvas, 48 x 72 in

    Quel serait le tweet de 140 caractères décrivant votre travail artistique, mots-clics inclus ?

    C.D. : Artiste peintre qui travaille l’abstraction, inspirée par les expressionnistes des années 50.

    Selon vous, quelle est l’importance d’avoir un site Internet comme artiste, comme galeriste ?

    C.D. : C’est très important! Tout le monde est sur les médias sociaux, il faut aussi y être !

    Avez-vous fait appel à un professionnel pour la conception et la programmation de votre site ?

    C.D. : Oui, j’ai fait programmer mon site Internet par une compagnie spécialisée dans ce domaine. Le design, par contre, c’est moi qui l’ai fait puisque j’étais designer Web durant plusieurs années.

    Que recommandez-vous aux artistes qui n’ont pas de site Internet et qui n’ont pas ou très peu de budgets ?

    C.D. : Créez votre propre site Internet ! Sinon, inscrivez-vous et affichez-vous sur des sites où vous serez en mesure de vendre votre art. Par exemple : Saatchi Art, Fine Art America, ou Art Finder. Également, ayez une présence sur les médias sociaux…C’est gratuit !

    À quelle fréquence faites-vous les mises à jour de votre site Internet ?

    C.D. : Idéalement, quotidiennement.

    Sur un aspect professionnel, combien de temps investissez-vous dans vos médias sociaux ?

    C.D. : Je suis présente et active sur les réseaux sociaux chaque jour. J’exerce une veille tout au long de la journée et surtout durant les pauses de mon atelier.

    Comment les médias sociaux vous ont-ils aidés dans votre carrière ? Avez-vous un exemple concret ?

    C.D. : Bien sûr ! C’est une excellente façon de promouvoir mes expositions et annoncer mes ateliers à venir. J’ai déjà reçu des étudiants de la Virginie qui avaient parcouru 13 heures en voiture pour assister à un atelier annoncé sur Facebook. D’ailleurs, j’ai aussi des tableaux qui se sont vendus suite à un partage sur Pinterest ou Facebook.

    Avez-vous un blogue comme artiste professionnel ? Quels sont les sujets que vous abordez et à quelle fréquence publiez vous ?

    C.D. : Sur mon blogue, où je me permets d’émettre des opinions, je parle des évènements entourant ma pratique artistique, par exemple les foires, ateliers, voyages inspirants, résidences d’artiste, etc.

    Avez-vous une galerie marchande sur Internet ?

    C.D. : Oui. J’ai une présence essentiellement sur Saatchi Art.

    Trouvez-vous complexe de vendre vos oeuvres en ligne surtout au niveau de la livraison ?

    C.D. : Lorsqu’on veut vendre sur Internet, il faut absolument être organisé ! Premièrement, équipez-vous de matériaux d’expéditions : papier bulle, cartons, boîtes. Il faut aussi connaître les dimensions et le poids final des paquets. Informez-vous des règlements des douanes : valeur de votre exportation, règlement de NAFTA, règlement des autres pays, etc. Lorsque je possède toutes ces infos, tout devient plus facile !

    Selon vous, si vous aviez un seul site Internet à recommander aux artistes, quel serait-il ?

    C.D. : Pinterest.

    Quels sont vos projets pour les 6 prochains mois (ou +) ? Expositions ? Résidences d’artiste ? Formations ?

    C.D. : Ayant justement terminé la foire d’art The Artist Project a Toronto où j’avais un espace consacré à ma production, je dédie actuellement la majorité de mon temps à rattraper mon travail en studio ! Je donnerai aussi quelques ateliers à Montréal et aux États- Unis. De plus, je prépare une exposition à la galerie Wall Space, à Ottawa.

     


    Texte d’Isabelle Gagné (MissPixels

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