Moulin La Lorraine
Magazin'Art

Été 2017

MAGAZINART EDITORIAL_ETE2017

De vous à moi…

Michel Bois

Une œuvre qui n’est ni vue, ni exposée au regard des gens, est une œuvre qui n’existe pas. Voilà ! Alors, vous avez beau vous dire artiste, si vos créations s’entassent dans le placard, vous n’existez pas. Parce que le propre d’une œuvre d’art étant de communiquer soit le beau, soit des émotions, un nouveau langage, un message ou encore de répondre aux projections imaginées et ce, quelle que soit sa nature intrinsèque. Sans public, aucune œuvre réelle, donc. Mais un état de névrose peut-être… D’où l’importance pour les artistes de comprendre qu’il est essentiel de faire connaître leurs œuvres par tous les moyens sérieux de diffusion. Les galeries. Les centres d’expositions. Les pubs dans les magazines spécialisés. Et Internet. Oui, un site sur la toile. Même si vous avez peur du plagiat de vos œuvres. Ce qui paraît peu plausible, à mon avis, ou si peu. Car les plagiés sont souvent des créateurs connus. Et que jamais les plagiaires ne réussiront à reproduire la sensibilité du copié tout au long d’un processus de création dite personnelle. Bref : le naturel de l’artiste « voleur » reviendra alors au galop tôt ou tard.

Bon, je vous parle ici de plagiat car une peintre très connue et largement représentée sur la scène québécoise, canadienne et américaine s’est confiée à moi récemment. Exaspérée, elle n’en finit plus de voir ses perspectives, coloris et angles de vision à travers l’inspiration dite « nouvelle » de plusieurs soi-disant créateurs. Des connus, souvent auréolés, mais en manque d’attention de la part du public. Des lettres enregistrées de sa part à ces « artistes » n’auront rien changé à la situation. Sauf que tous les collectionneurs et galeristes savent, car l’œuvre de la peintre plagiée est publique depuis longtemps sur Internet et ailleurs. D’où sa sécurité.

Copyright inclus. Et assurance d’une déconfiture à court terme du plagiaire et de son marché dont il a volontairement précipité la chute. En clair : admettons que je sois un peintre et que j’aime Borduas. Que je copie des œuvres de mon « préféré » en pensant m’assurer le succès des ventes puisque je suis du calibre voire de la lignée de Borduas. Erreur ou non ? ZZZZZZZZZZZ … Erreur ! Qui a besoin d’un Borduas dupliqué ? Certainement pas les collectionneurs possédant des authentiques Borduas, et pas plus les histo-riens de l’art qui connaissent déjà la moribonde nouveauté. En conclusion, le créateur doit prendre conscience qu’il ou elle n’est une partie importante voire essentielle de la culture que si il ou elle demeure authentique. Et que la réputation dépend du talent en propre, de sa propension, mais aussi de ses efforts à diffuser publiquement ses œuvres et son nom.

Michel Bois

Merci de nous faire parvenir votre commentaire à partager !
Merci de nous suggérer des idées que nous pourrions reprendre à l’éditorial.
Contactez-nous par internet au magazinart@videotron.ca


Vous désirez proposer votre région pour notre rubrique Sur le radar?
Contactez-nous!