Magazin'Art

Galerie Michel-Ange

Nancy Galianos

Pétulance d’émotions vives

Réalisme contemporain

Tous les matins, lorsque Nancy Galianos débute sa journée en montant dans son vaste atelier niché au faîte de sa demeure, elle ne sait jamais ce qui l’attend. Rien n’est prévu et il lui faut en premier lieu partir à la découverte du sujet qui voudra prendre forme sous ses yeux ce jour-là.

L’énergie de la musique qu’elle commence quasi rituellement par faire jouer dans la pièce l’amène d’abord au cœur de ses pensées et de ses souvenirs, remuant leurs différentes mémoires émotionnelles. Au gré des courants joyeux ou tristes qui jaillissent alors en elle, Nancy Galianos saisit pinceau, rouleau ou spatule et se lance dans une nouvelle aventure dont l’issue lui reste inconnue presque jusqu’à la fin. Que ce soit la pluie, la neige, l’ardeur du soleil, ou encore la chaleur ou le froid qu’il fait, tout son environnement est source d’influence et guide ses gestes créateurs.

Joie estivale, acrylique, 18 x 14 po

Joie estivale, acrylique, 18 x 14 po

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Texte de Lisanne Le Tellier

Tous les matins, lorsque Nancy Galianos débute…

Raymond Quenneville

L’heure dorée

Peindre un pays

« Pour le peintre, le véritable voyage des découvertes ne consiste pas à trouver de nouveaux paysages, mais d’amener le spectateur à voir avec de nouveaux yeux. » – Marcel Proust

Les photographes britanniques et américains l’appellent « Golden Hour » : L’heure dorée. Alors, parlons ici d’une véritable découverte (pour moi) que m’a réservée le peintre Raymond Quenneville. J’adore toujours apprendre des choses qui poussent à la réflexion. D’où le plaisir de vous la livrer en retour.

Aussi désigne-t-on « l’heure dorée » les premiers moments du lever du soleil et tout autant les minutes prises par le soleil à se coucher en deçà de la réalité visible de la ligne d’horizon. Cela pour obtenir des effets lumineux plus doux et plus chauds, pour notre grand ravissement. Sans oublier l’effet dynamique et linéaire des ombres obtenues ; les unes venant répondre aux autres, de manière à inciter le spectateur à plonger à l’intérieur du tableau vers l’invisible à définir par-delà son imagination.

Raymond Quenneville

Le peintre est autodidacte. Son plaisir à dessiner dès l’enfance, le fit passer de la caricature, à la bande dessinée, à l’art animalier minutieux et délicat, puis à l’expression personnelle du paysage. Lors de la rencontre, il tient à préciser qu’il a fait « ses devoirs » par l’exploration de divers médiums, virevoltant de l’aquarelle à la fluidité de l’encre, à la gouache, sans repentir aucun, jusqu’à l’onctuosité de l’huile. Manuels et ouvrages didactiques lui auront permis d’acquérir plus solidement les rudiments de la composition et de la portée fondamentale des lignes de perspective. Mais plus encore à ce qui a trait au recours des superpositions des couleurs complémentaires afin de se rapprocher le plus possible de « l’heure dorée » : le thème par excellence de ses tableaux.

Les blues, huile sur toile, 36 x 18 po

Les blues, huile sur toile, 36 x 18 po

Le formidable terreau

Dès 1975, en exposant ses oeuvres ici et là dans les boutiques d’art, il est enfin remarqué et invité à relever le défi d’une aventure majeure de création, soit la réalisation d’illustrations de panneaux d’interprétation de la nature et de la faune ailée pour le compte du gouvernement québécois.

Par la suite, à compter des années 1980 donc, la Société des Parcs nationaux du Canada l’amènera à vivre sa magie en divers endroits où le spectacle de la nature se fait grandiose, notamment en Mauricie, en Gaspésie, et du côté des Rocheuses. Ce qui lui fournira l’occasion de parfaire ses connaissances par l’exploration de diverses techniques et médiums capables de rendre la singularité de ces paysages à des fins éducatives.

Retrouvailles, huile sur toile, 18 x 36 po

Retrouvailles, huile sur toile, 18 x 36 po

Petite-Rivière-St-François, huile sur toile, 18 x 36 po

Petite-Rivière-St-François, huile sur toile, 18 x 36 po

Continuation plus qu’heureuse

Au fil des événements, Raymond Quenneville donnera libre cours, en 1992, à la poursuite de sa créativité propre, en toute confiance, à titre de peintre professionnel. Mille et un croquis exécutés sur le motif serviront alors d’inspiration aux multiples compositions recrées et largement réinventées en atelier ; le but étant de trouver le point d’équilibre entre la couleur et les formes amenant à toucher l’horizon de la sérénité à l’intérieur de soi.

Le peintre utilise l’huile et joue des effets complémentaires superposés afin d’accentuer les portées lumineuses. Cela au point d’instiller l’illusion que la lumière provient de l’intérieur même du tableau. Raymond Quenneville s’exprime intégralement dans ses toiles. Il fait corps avec elles. Chacune de ses oeuvres est une rencontre privilégiée avec sa vision de la nature dont il traduit l’énergie naturelle sous un éclairage particulier provenant du ciel. Encore une fois, parlons d’un peintre représentant non pas ce que l’on voit, mais ce que l’on projette à partir du vécu et du senti. Va sans dire que nous sommes devant des oeuvres étincelantes dont les effets lumineux et fugaces invitent, tel un songe, à la méditation.

Dernier arrêt, huile sur toile, 18 x 36 po

Dernier arrêt, huile sur toile, 18 x 36 po

L’art de Raymond Quenneville possède sa signature distinctive bien à lui. D’un tableau à l’autre, c’est le même univers que l’on retrouve. Bergson, le philosophe de renom, a écrit : « qu’un peintre digne de cette appellation, ne peint tout au long de sa vie qu’une seule chose : sa vision, résultat d’un savant travail ». Voilà Raymond Quenneville dans son entièreté singulière pour notre plus grand ravissement !


Texte de Michel Bois

Raymond Quenneville est représenté par : Fallen Leaf Gallery, 102, Main Street, Canmore, Alberta ; Galerie d’art Céleste, 285, rue Principale, St Sauveur, Québec ; Galerie Michel-Ange, 430, rue Bonsecours, Montréal, Québec ; Galeries Beauchamp, à Québec et à Baie-St-Paul, Québec ; New Masters Gallery, Carmel, California, USA ; Oceanside Art Gallery, 172, Second West ave, Qualicum Beach, B.C.

Les photographes britanniques et américains l’appellent « Golden Hour » : L’heure dorée. Alors, parlons ici d’une véritable découverte…

Shokichi Sato

Quand l’essentiel est de réaliser les formes que l’on sent

Formes, volume et espace

« Il faut se contenter de découvrir, mais toujours se garder d’expliquer. » – Georges Braque.

Le bronze, matériau traditionnel et de vieille tradition. Ce médium est l’un de ceux qui attirent le plus les sculpteurs du fait de pouvoir y juxtaposer dans UN même élan l’éclat des surfaces lisses à la finesse minutieuse des détails en relief. Cela étant écrit, à notre époque, la volonté de produire des oeuvres en bronze est intéressante puisqu’elle nous montre comment cette matière s’adapte admirablement aux expressions contemporaines.

De fait, autrefois, le bronze servait principalement à concrétiser les symboles religieux et autres monuments de personnages incontournables de l’histoire. Or, poussé par d’autres motivations dont celle non plus de représenter mais de s’exprimer, le sculpteur Shokichi Sato entretient avec le bronze des rapports d’actualité. Pensons à un véritable dialogue où les possibilités éloquentes de la plasticine entrent pour beaucoup dans l’élaboration de ses oeuvres.

Sur la route du devenir

Shokichi Sato est né à Kitamé, au Japon, en 1937. Or, c’est dans la foulée des bourses accordées par les Etats-Unis au peuple japonais, en guise d’actions réparatrices d’après-guerre, que Sato arrive au Wisconsin afin de parfaire un savoir en matière de production laitière. Cette formation devant le ramener au Japon avec l’acquisition de connaissances visant la mise en marché d’une industrie laitière viable. Sauf qu’il en fut autrement ! Artiste dans l’âme, Shokichi Sato fit des pieds et des mains pour émigrer au Canada « terre promise de tous les possibles et du respect des libertés ». C’est grâce à une détermination assidue et un labeur exemplaire au quotidien qu’on accordera à ce Japonais, réfugié d’un pays chamboulé par la guerre, de devenir citoyen canadien. Ainsi le retrouverons-nous du côté de Drummondville, au sein d’un élevage industriel de poulets. Il y trouvera une sécurité financière afin de fonder une famille. Et la vie étant ce qu’elle est, deux enfants naîtront.

La femme au berceau

La femme au berceau

Banal que tout cela ? Certainement pas sous l’angle de la création d’un sculpteur de très grand talent en devenir. En effet, le sculpteur a découvert la joie qu’apporte la sculpture permettant aux spectateurs de pouvoir toucher une nouvelle réalité. « Un tableau, dit-il, donne l’illusion de la vérité. Mais devant une sculpture, vous pouvez toucher la réalité. Si je peins un personnage, il s’agit d’une représentation. C’est une image. Mais si je sculpte ce personnage, la sensation de pouvoir toucher cet objet issu de mon esprit permet une joie spéciale au désir de toucher avec la main. »

Albert Rousseau

Installé au Québec depuis 1968, voici qu’en 1972 il se met à la pratique du dessin sous les enseignements du vénéré Albert Rousseau. Succéderont des ateliers avec Montagutelli, fondeur français de passage au Québec, expert du coulage du bronze, qui l’initiera aux techniques de la cire perdue et à la magie des patines. Notons ici, qu’à titre d’autodidacte dans l’âme, Sato aura su garder une réelle distance avec les enseignements, histoire de personnaliser ce qui pouvait nourrir le style de sa propre originalité.

L'oeuf ou la poule

L’oeuf ou la poule

Alors

Les sculptures de Sato demeurent complices des formes morphologiques animales et humaines. Elles sont de notre temps comme elles sont de tous les temps. Je ne saurais oublier de souligner au passage qu’une vie parallèle habite ces objets semblables à des évocations défiant la mort, porteuses, parfois comme des oeufs, des énergies de vie. Ses oeuvres, émanant d’une technique impeccable, découlent d’intuitions communiquant avec la notion du sacré. Créateur, le sculpteur Sato n’est pas seulement un ouvrier du bronze, car c’est par cette matière qu’il touche et définit sa propre expérience de vivre en tant qu’homme devant les mystères de la résurgence de la vie, encore et encore. Sato s’exprime totalement dans toutes ses réalisations. Il fait corps par le touché avec elles. Chacune de ses sculptures est une rencontre privilégiée avec la nature, la vie animale et la fusion de sa vision de la vie dont il traduit la force naturelle de l’instinct, primitive.

Coquine

Coquine

Anne Marrec

Lors de ma visite à l’atelier de Sato, installé dans un Moulin construit autour de 1760 en Bellechasse, quel plaisir de rencontrer la peintre Anne Marrec, conjointe de Shokichi Sato. Quelle fougue exprimée sur la toile ! Fusain, et acrylique jouant du coude à coude afin d’obtenir l’ultime expression du mouvement. Cela sans redevance à aucune école. Dessinatrice naturelle et de grand talent, le mouvement de ses chevaux répond à la vivacité de sa vision, ne laissant surtout pas indifférent.


Texte de Michel Bois

Shokichi Sato est représenté par : Galerie Jean-Pierre Valentin, Montréal ; Galerie Michel-Ange, Montréal ; Galerie Yvon Desgagnés, Baie-Saint-Paul ; Galerie Dimension Plus, Montréal ; Galerie d’art du Mont-Ste-Anne, Beaupré

 

Le bronze, matériau traditionnel et de vieille tradition. Ce médium est l’un de ceux qui attirent le plus les sculpteurs du fait de pouvoir y juxtaposer dans…

Dans mes rêves

Gérard Dansereau

dans tous ses états

Grande rencontre

« Il faut que les gens s’habituent à voir par eux-mêmes et sans demander avis. » – Renoir

Défendre la peinture d’une imagination spontanée est une liberté à laquelle plusieurs demeurent hostiles. Pourtant, l’osmose irrationnelle de l’art et de la vie, l’épanchement lyrique, l’intuition du mystère et les trouvailles inattendues, permettent le plus large enrichissement possible à l’ensemble du tableau, définissant ainsi l’état intérieur du créateur.

Par l’imagerie de ses oeuvres, depuis toujours, Gérard Dansereau nous a habitué à se fendre le sourire d’une oreille à l’autre. Relevant du style Pop Art, le peintre invite au jeu le spectateur en désacralisant l’espace de la toile pour y inscrire, coller et peindre des signes, des symboles, de l’écriture, mais aussi un bestiaire loufoque toujours enjoué. Son but étant de raconter une histoire dont il ne connaît ni le début ni la finalité.

Du graphisme à l’art pictural

Gérard Dansereau est né à Montréal dans un quartier populaire. Il dessine depuis l’âge de 13 ans les animaux (son chat) et les objets tout autour jusqu’au moment où son frère, étudiant à l’École des beaux-arts de Montréal, lui prête des livres sur l’art savant des Warhol, Raushenberg, Rosenquist et autres maîtres du Pop Art. Le frère aura quitté le domaine des arts visuels, mais pas lui. Bien au contraire !

Après des études à l’Institut des Arts Appliqués en aménagement intérieur, puis en arts plastiques au Cégep du Vieux-Montréal, Dansereau précisera son chemin en allant décrocher un baccalauréat en design graphique de l’Université du Québec à Montréal et un autre en infographie et communication du côté de l’Université de Sherbrooke. Depuis, il s’est fait sérigraphe, photographe, enseignant à temps plein, illustrateur d’affiches pour plusieurs grandes maisons de publicité et peintre simultanément. Voyez l’énergie du personnage : tout de la sphère de la création l’intéresse. Et il y excelle ! D’ailleurs, soulignons ici, en 1988, l’obtention du Coq d’or du Publicité Club pour l’affiche Hergé à Montréal.

Le couple

Le couple

Le Dansereau nouveau

Tel un vin de grand cru, la création de Dansereau s’est encore bonifiée avec le temps. Dès sa première exposition, il trouva l’engouement du public. Oeuvre joyeuse, colorée, savante dans sa mise en image et superficielle pour les historiens de l’art essayant de se faire un nom à titre de petits pigistes à travers les médias écrits. Sauf que Gérard Dansereau aura su ouvrir l’oeil du spectateur devant une toile qui ne demande qu’à s’offrir telle un jeu optique.

Sur la rive

Sur la rive

Aucune théorie (même s’il pourrait l’établir). Aucun discours alambiqué pour expliquer au cas où le propos nous aurait échappé. En effet, la peinture de Dansereau permet au public de vivre l’expérience de la création sans se sentir pétri. Ce qui en fait un héritier formidable du Pop Art dont le but premier était de démocratiser l’oeuvre d’art. Or, voici que pour ses tableaux récents, le peintre pousse le geste jusqu’à l’expressionnisme et la forme des objets vers l’abstrait. Il y a encore des lettres, des nombres, des signes, des collages puis ses savoureux effets colorés, mais aussi, surtout, un souffle nouveau.

L’artiste sait faire circuler dans ses tableaux une réelle vibration qui est son sentiment intime, son expression de la joie de créer au moment de la découverte. Dansereau réagit comme un poète et non comme un intellectuel. D’instinct ! C’est une attitude, bien sûr, qui fera sourciller tous les théoriciens de l’art. Peu importe : « Je suis né dans un quartier populaire, j’affectionne le Pop Art (popular art). Je ne m’intéresse qu’aux rapports des couleurs, des signes et des formes pour élaborer le contenu d’un tableau. C’est ainsi ! » précise l’artiste.

Souvenir du futur

Souvenir du futur

Et c’est également de cette façon que nous recevons ces créations; une première tache de grande dimension amène la seconde, les lettres évoquent le mot, les signes tracent une sorte de trajet de lecture, les collages, enfin, font basculer la surface du tableau sur la ligne ténue de l’équilibre entre l’arrière plan et la forme représentée. Facile, devant un tableau de Dansereau, de reconstituer les sensations du peintre : tout agit à la manière d’une féerie développant un feu d’artifice. Pour lui, il ne s’agit pas de faire vrai, mais de communiquer le senti et le vrai. Merci monsieur Dansereau !

Notons que l’artiste était l’invité d’honneur pour la 26e édition du Festival de peinture, à Mascouche, en septembre dernier.


Texte de Michel Bois

Gérard Dansereau est représenté par : Galerie Michel-Ange, Montréal, Galerie d’art Iris, Baie-Saint-Paul, Galerie d’art Vincent, Château-Laurier, Ottawa, Galerie Linda Verge, Québec, Galerie d’art La Corniche, Chicoutimi, Galerie Robert Senneville, Sherbrooke, Galerie Coup de Coeur, Saint Jean-Port-Joli, Liss Gallery, Toronto.

Défendre la peinture d’une imagination spontanée est une liberté à laquelle plusieurs demeurent hostiles…

Louise Calvé

Quand peindre est comme manger et boire

Grande rencontre

 « Il n’est en art qu’une chose valable, celle que l’on ne peut expliquer. » – Georges Braque

Je l’avoue, je suis tombé fou d’amour pour l’oeuvre et la femme, indissociable l’une de l’autre. Le nom de Louise Calvé est inscrit dans l’histoire de la peinture québécoise depuis les années soixante. Et la trajectoire de créativité prise par l’artiste mérite qu’on s’y arrête. Surtout pour en souligner les traits de caractère d’une artiste qui a su rapidement évoluer entre la figuration et l’abstraction omniprésente, presque obligée sous l’influence du mouvement du Refus Global. « L’expression artistique demande une liberté totale,  » explique l’artiste. Passée par Paris, elle dira sans hésiter que c’est là-bas que s’est opéré un « retournement » décisif.

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 On retrouve les oeuvres de Louise Calvé sur les cimaises de la Galerie Michel-Ange, Montréal.

Texte de Michel Bois

Je l’avoue, je suis tombé fou d’amour pour l’oeuvre et la femme, indissociable l’une de l’autre. Le nom de Louise Calvé est inscrit…