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Grande rencontre :

Denise Pelletier – Pétrir la lumière

Que le ciel soit rose ou violet et que l’eau aie le droit d’être verte, Denise Pelletier demeure toujours dans l’urgence de capter ce qui se présente à elle. Or, son plus gros défi est de savoir quand s’arrêter. Elle sait dessiner et l’artiste pourrait peaufiner jusqu’à perdre la fraîcheur de la spontanéité. À lire absolument !

 

« Au matin, l’un de nous manquant de noir, se servit de bleu : l’impressionnisme était né. »
– Auguste Renoir

Le coeur d’une vision pure

Pour la peintre Denise Pelletier, saisir l’essentiel est d’une facilité déconcertante, il suffit de laisser parler son coeur qui caracole ! Du bleu pour le ciel. Du vert pour la nature. Et du jaune ou du rouge pour les fruits… Je blague. Non. Jamais. Denise Pelletier ne s’en tient pas à l’apparence première des choses. Son pinceau saisit les couleurs de l’intuition au gré des subtilités lumineuses tout au long du jour. Devant moi sur le mur, des toiles en « habit de lumière » nées d’un remarquable savoir-faire exempt de finasseries. L’artiste donne à voir généreusement. Elle croit à l’évidence des choses fugitives. Mieux, elle sait plisser les yeux sur une plage de lumière ensoleillée pour en extirper les sucs les plus rares et les plus fins. Naîtra alors des oeuvres vibrantes chargées d’une présence, d’un effluve, d’une atmosphère ou d’un sentiment que jamais vous n’oublierez.

 


Vignes, automne, Provence, acrylique, 16 × 22 po


Edimbourg, acrylique, 20 × 24 po

 

Une femme qui ose

Originaire du Bas-Saint-Laurent, Denise Pelletier a complété ses études collégiales en graphisme et en photographie à Rivière-du-Loup. Au début des années 80, elle s’installe en Outaouais où elle occupe des postes de graphiste et d’étalagiste. En 1988, elle obtient un baccalauréat avec une spécialisation en histoire de l’art à l’Université d’Ottawa. À titre d’enseignante en arts visuels durant 30 ans, la plus belle idée de Denise Pelletier aura été de préserver des moments privilégiés et prolongés à l’étranger pour se ressourcer et peindre en toute liberté. Denise Pelletier a peaufiné sa technique à l’École d’Art d’Ottawa. L’École des Beaux-Arts d’Avignon en France, des stages d’immersion à Londres, la sensuelle Italie, la verte Irlande, l’Écosse et la luminosité de la Provence invitant à s’unir à la nature auront nourris la teneur exquise de sa démarche. Elle a également participé à plusieurs ateliers tenus en Normandie, en Provence et en Toscane. En 2004, elle s’accordait quelques mois de travail, à Cassis, petite commune proche de Marseille, au sud de la France ainsi qu’à l’automne 2008, alors qu’elle se trouvait en Corse et en Italie. À l’automne 2012, elle a su mettre sur sa palette les couleurs de l’Irlande et du Maroc. Suivront de nouveau, la Provence et la Croatie où elle animera un atelier de peinture sur l’île de Korcula. Autre étape préparatoire d’un retour en Corse prévu à l’automne 2016. Pas vraiment de la tradition québécoise et pas plus d’une école européenne, voici une démarche unique qui la caractérise auprès des collectionneurs. « Manet fait douze coups de pinceau et vous avez des oignons et des échalotes. Tout est là dans une économie de moyens », indique la peintre. Denise Pelletier adore planter son chevalet en pleine nature. Elle agit selon des coups de coeur. Cela l’aidant à respirer, selon ses mots. Le vent, la chaleur, la pluie, les nuages et l’heure du jour influent sur les croquis spontanés qu’elle retravaillera en atelier. « Je ne suis pas une puriste des couleurs. Que le ciel soit rose ou violet et que l’eau aie le droit d’être verte, je demeure toujours dans l’urgence de capter ce qui se présente à moi. Or mon plus gros défi est de savoir quand s’arrêter. Je sais dessiner et je pourrais peaufiner jusqu’à perdre la fraîcheur de la spontanéité. C’est pour ça que je travaille avec de gros pinceaux. Justement pour ne pas tomber dans l’illustration convenue. Parfois, des sujets appellent la spatule, le couteau. Cézanne parlait d’une architecture de l’objet. Même dans une nature morte. Cela veut dire qu’il y a toujours une base à installer avec des traits. Et c’est seulement lorsque cette base est assurée que l’on perçoit une petite porte pour y entrer doucement et créer tout un univers. Soit en laissant transparaître la toile à certains endroits. Ou encore, d’intervenir à gros traits bruts, drus, dans l’urgence d’exprimer. Peindre, ce n’est pas faire dans la photocopie méticuleuse et anonyme. Au contraire, les toiles que j’aime le plus sont celles où la présence du peintre se fait bien sentir. »

L’oeuvre de Denise Pelletier inspire une sorte de méditation lyrique. Qu’il fait bon de rencontrer une telle artiste nourrie par les quatre éléments de la nature ! Un jour son oeuvre perpétuera le souvenir d’un temps où l’humain avait une place au soleil. Mais en ce qui me concerne, elle occupe déjà une place exceptionnelle en matière d’arts visuels. Une visite à l’atelier s’impose pour ceux qui savent ! Expérience unique de l’art avec une artiste charismatique garantie.

 


Chez les Philpa, acrylic, 12 × 12 in

 

Michel Bois

 

Denise Pelletier est représentée

par la Galerie Imbert,

7 rue Jacques de la Roque,

13100, Aix en Provence.

+33 972 58 37 30

info@galerieimbert.com

denise@dpelletier.ca

819 778-0590 ou 819 918-8664

 


 

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