Magazin'Art

West End Gallery

Élène Gamache

Artiste d’un essor supérieur

L’art au féminin

« Le parfum des fleurs comme les effluves d’une oeuvre fleurant bon la joie de créer, sont pleins de stratagèmes. Si vous traitez vos fleurs et vos oeuvres d’art avec négligence, sachez qu’elles éparpilleront tout de même leurs secrets aux quatre vents. » Louise de Vilmorin

Abonnez-vous au contenu de notre site internet pour lire ce texte. Subscribe to our Website content to read more

 Texte de Michel Bois

Élène Gamache est représentée par : Galerie Jean-Pierre Valentin, Montréal, Québec ; L’Harmatan, Baie-Saint-Paul, Québec ; West-End Gallery, Edmonton, Alberta ; Roberts Gallery, Toronto, Ontario ; Galerie Saint-Laurent + Hill, Ottawa, Ontario

 

Élène Gamache. Quel exemple de sensibilité et de persévérance ! Du domaine de la tapisserie monumentale à la pratique de la peinture, tout procède dans sa…

Gordon Harrison

Mon seul désir est de peindre !

Grande rencontre

Gordon Harrison a plusieurs cordes à son arc et elles ont toutes contribuées à faire de lui l’un des peintres paysagistes canadiens les plus en vue du moment. 

En septembre il a remporté le Premier prix lors de l’exposition-concours Rêves d’automne 2014 de Baie Saint-Paul en Charlevoix, où 140 artistes de renom exposaient quelque 251 oeuvres, chacun espérant se mériter le titre du Meilleur peintre paysagiste du Canada. Ses oeuvres furent également exposées à la galerie que l’on pourrait surnommer demeure spirituelle des oeuvres paysagistes canadiennes, la McMichael Gallery de Kleinberg près de Toronto, où tous les membres du Groupe des Sept, sauf un, sont inhumés.

Pour ceux qui ne seraient pas au fait de la spectaculaire beauté de la région de Charlevoix, il s’agit d’une contrée captivante qui passionne l’imaginaire des artistes peintres paysagistes québécois et canadiens, depuis le Groupe des Sept jusqu’à aujourd’hui. Notons qu’Harrison a d’ailleurs occasionnellement été surnommé le huitième membre du Groupe des Sept.

La peinture d’Harrison est audacieuse et éclatante. Difficile de croire qu’il est largement autodidacte vu ses incomparables habiletés de coloriste et son sens aigu du dessin. De fait, sa formation académique en art s’est résumée à quelques cours suivis ici et là. Quant à sa palette, les tableaux d’Harrison ressemblent quelque peu aux oeuvres récentes de l’artiste britannique David Hockney où, au premier regard, des couleurs improbables parsèment les paysages qui, lorsqu’on intériorise l’oeuvre, se révèlent très appropriées. Les deux oeuvres qui lui ont mérité le premier prix à Baie-Saint-Paul, par exemple, mettent en scène des montagnes en hiver largement peintes en teintes de rouge et des conifères au bleu très présent.

Randonnée vers les montagnes, coll. 2, 24 x 30 po

Randonnée vers les montagnes, coll. 2, 24 x 30 po

Harrison est un amoureux de la couleur; il semble avoir créé son propre vocabulaire chromatique pour décrire le paysage canadien. Certains aspects de son oeuvre peuvent rappeler le Groupe des Sept, mais il est difficile de les identifier spécifiquement. Peut-être s’agit-il de l’élan d’émotions suscité par ses oeuvres d’art exceptionnelles ou de leur complexité graphique.

Ses scènes d’automne sont, évidemment, des plus éclatantes, vibrantes et de tonalités complexes ; tellement complexes que nous pouvons nous demander comment il peut arriver à peindre près de 200 oeuvres par année. Ses scènes estivales, quant à elles, se rapprochent des teintes traditionnellement utilisées pour les paysages. L’artiste décrit ainsi son propre style : « Une forme d’impressionnisme contemporain. Les tableaux sont fortement texturés avec de vigoureux coups de pinceau. J’aime que mes coups de pinceau soient apparents et je crois que la plupart des gens qui regardent mes tableaux apprécient cet aspect de ma peinture ainsi que l’application de couleur par empâtements. La combinaison texture et coups de pinceau visibles, joue un rôle important dans mon oeuvre. »

Commentant l’évolution de son style au cours des ans, Harrison déclare : « Ce que j’accomplissait en quatre ou cinq coups de pinceau, je le fais maintenant avec un seul en simplifiant contour et forme. Je ne veux pas utiliser le mot ‘stylisé’, mais c’est un peu ça. J’ai une confiance accrue en mon travail et je crois que ça se sent. »

Règne de la beauté, coll. 35, 18 x 18 po

Règne de la beauté, coll. 35, 18 x 18 po

De bien des façons Harrison ressemble à plusieurs autres artistes canadiens, mais en même temps il se démarque. Il fait en effet partie de ces artistes introvertis parce qu’atteints d’une affliction débilitante, ce qui souvent favorise la créativité artistique. Pour sa part, Gordon Harrison, né avec un frein de la langue l’empêchant de parler et de communiquer adéquatement, n’a recouvré la parole qu’à l’âge de six ans suite à une intervention chirurgicale corrective.

Enfant, il avait toujours un crayon et du papier en sa possession et il était déjà fasciné par la nature, plus spécifiquement par les arbres. Jeune garçon, il passera ses étés au chalet familial à Ste-Marguerite- du-Lac-Masson, dans les Laurentides, où son grand-père avait, en 1902, troqué un piano pour 10 acres de terrain. Et c’est là que Gordon commence à se démarquer ! Il est tellement fasciné par les arbres qu’il fait le tour du lac à répétition à la recherche d’espèces absentes du terrain familial, qu’il transplante. Il désirait acquérir un spécimen de chaque espèce présente dans la contrée.

Harrison a toujours dessiné et peint, même au temps où, étudiant, il travaillait de longues heures à Banff. Comme beaucoup d’autres peintres canadiens, il entreprit une carrière parallèle, comme architecte paysagiste d’abord, puis en planification d’urbanisme pour la ville d’Ottawa.

Sa première exposition eut lieu dans le sous-sol de la demeure de sa mère. Bien que l’on puisse dire qu’il a occupé simultanément deux fonctions durant de nombreuses années, urbaniste et artiste, ce n’est vraiment qu’après avoir officiellement pris sa retraite de la première qu’il est devenu peintre à temps complet. Et, comme vous pouvez l’imaginer, loin d’être pour l’artiste une période de loisir et de repos, cette retraite s’est avérée être une carrière à temps plein des plus chargées.

Règne de la beauté, coll. 38, 48 x 60 po

Règne de la beauté, coll. 38, 48 x 60 po

Harrison possède maintenant sa propre galerie à Ottawa, la « Gordon Harrison Canadian Landscape Gallery », et est aussi représenté en galerie à travers le pays, de Québec jusqu’à Victoria. Il publiera sous peu un troisième livre. Il enseigne ou, comme il préfère dire, « guide » des artistes de la relève ou reconnus et, de plus, exploite un gîte touristique, où il offre également des ateliers, dans la demeure préalablement destinée à accueillir sa retraite et celle de son partenaire de vie Phil Emond, le « Pine Point Lake House » du Lac Masson.

Il nous serait, de fait, impossible de rédiger un article au sujet de Gordon Harrison sans faire mention de son partenaire Phil Emond. « Phil est mon agent et galeriste. Il est en grande partie responsable du succès que je connais présentement. Il a fait du très bon travail. Chaque artiste devrait avoir un Phil Emond. » Ainsi, c’est Phil qui a pris la décision d’ouvrir leur propre galerie, et c’est Phil qui a eu l’idée d’une fête champêtre estivale annuelle au cours de laquelle, durant trois jours, ils exposent leurs oeuvres à l’extérieur de leur atelier de New Edinburgh, Ottawa, pour attirer l’attention des passants et piquer leur curiosité. Phil a probablement aussi été l’instigateur des publications littéraires, dont le dernier volume en liste intitulé « Gordon Harrison, I just want to paint – my journey as an artist », sortira bientôt. Le second livre : « Gordon Harrison, The Colours of Canada », est disponible au Musée des beaux-arts du Canada.


Texte de Noel Meyer

Gordon Harrison est représenté par les galeries suivantes : Galerie Perreault, 205 rue Saint Paul, Québec, 418-692-4772; L’Express Gourmand, 31 rue Morin, Sainte-Adèle, 450-229-1915; Les Fougères, 783 Route 105, Chelsea Qc, 819-827-8942; Gordon Harrison Canadian Landscape Gallery, 495 Sussex Drive, Ottawa, 613-746-6853; Petroff Gallery, 1016 Eglington Ave West, Toronto, 416-782-1696; In2Art Gallery, 136 Church St, Oakville, 905-582-6739; Peaks and Rafters Gallery, 162 Medora St., Port Carling, 705-765-6868; Ryan Fine Art Gallery, 3658 Muskoka, Hwy. 118 West, Port  Carling, 705-765-1500; Rouge Gallery, 245 3rd Ave., Unit 200, Saskatoon, 306-955-8882; West End Gallery, 12308 Jasper Ave. NW, Edmonton, 780-488-4892; West End Gallery, 1203 Broad St., Victoria, 250-388-0009.

 

Gordon Harrison a plusieurs cordes à son arc et elles ont toutes contribuées à faire de lui l’un des peintres paysagistes canadiens les…

Éole et Annabelle

Annabelle Marquis

Art au féminin

Voici une analogie peu commune : se sentir aspiré et simultanément soufflé en contemplant une œuvre. Le souffle d’une toile ! On la qualifierait d’aérienne mais peu importe, car l’expérience des sens est complète et ne requiert guère plus d’explications.

Dans un déploiement de couleurs et de contrastes, les toiles d’Annabelle Marquis véhiculent avec harmonie des qualificatifs opposés : aériennes et pourtant sombres et colorées, douceur et force, tranquillité et agitation. Loin de se soucier de ses antinomies, l’artiste laisse libre cours à son inspiration et suit volontiers le flot du geste créateur. « Je débute mes toiles avec la composition. Une fois ses éléments en place, le tableau se révèle peu à peu. »

L’artiste de 34 ans a pris le milieu artistique par surprise en incluant du collage dans ses œuvres. Subtilement au début, puis carrément à l’avant-plan par la suite, les papiers de magazines ou de confection participent à l’aspect pictural d’étonnante façon. Virevoltant sur un fond nébuleux ou graciant un sujet figuratif, l’œil se déroute devant cette information imprimée et juxtaposée. Un effet de papillonnement, de mouvement décliné en couleurs intenses crée un univers où il fait bon se perdre.

Graphiste de formation, Annabelle Marquis était malheureuse dans son travail. Lors de son congé de maternité, elle tâte la peinture et retrouve avec bonheur le contact avec la matière, absent de son emploi largement centré sur l’ordinateur. Par plaisir, elle organise un vernissage pour son entourage où tout sera vendu. Les gens viennent vers elle et l’encouragent à poursuivre sur cette voie. « Pour moi, être artiste peintre n’était pas vraiment un métier. Je ne croyais pas que c’était possible. » On lui suggère de contacter une autre artiste afin de valider son questionnement.

Regard royal, technique mxte sur toile, 2013, 48 x 48 po.

Regard royal, technique mxte sur toile, 2013, 48 x 48 po.

« Dans ma chasse au trésor, vous êtes mon prochain indice » dit- elle au téléphone à l’artiste Sophie Lambert, qui éclate de rire. Les deux femmes se découvrent des atomes crochus et cette dernière l’incite à continuer tout en soulignant l’importance d’être proactive. « Va le chercher ton métier », lui dira-t-elle.

D’un naturel fonceur et passionnée de marketing, Annabelle se lance avec assurance et se retrouve bientôt dans plusieurs galeries à travers le pays. « J’ai inscrit des toiles dans des concours et mon nom s’est mis à circuler. Ma toile Les ailes d’Icare a remporté le premier prix du concours Gala International Arts Visuels en 2009 et mon téléphone s’est mis à sonner. » Malgré l’excitation de toute cette effervescence, il faut réfléchir au parcours artistique souhaité et éviter les pièges d’un marché assoiffé de nouveauté. Mais la jeune artiste a les pieds sur terre et garde son rêve bien au chaud. « Peu à peu j’ai commencé à voir comment je voulais travailler et avec quelles galeries. Il me faut aussi du temps pour me ressourcer. »

L’Empereur Dragon, technique mixte sur toile, 2012, 40 x 60 po.

L’Empereur Dragon, technique mixte sur toile, 2012, 40 x 60 po.

Elle s’autorise du temps libre lorsqu’elle en a besoin et feuillette des magazines pour s’inspirer. « Le sujet arrive souvent par le choix des découpages. Parfois j’ai une pile destinée à un animal et je l’exécute lorsque le matériel me semble assez abondant. D’autres fois, l’amalgame des papiers sur la toile dictent le sujet.» Dragon, taureau, poisson, sa formation graphique se révèle par des compositions et des choix de sujets dynamiques.

Être social et enthousiaste, Annabelle Marquis craignait quelque peu l’isolement de l’atelier. « J’ai vite trouvé la balance entre ma vie sociale et mon travail de création. J’ai désormais besoin de me retrouver seule en face de mes toiles. » Ce tête-à-tête quotidien est d’ailleurs riche en enseignements : « J’apprends plein de choses sur la vie en peignant seule. Les toiles sont comme des enfants, ils ont leur individualité. Tu as des espoirs et une idée de ce qu’ils seront. Mais ce n’est jamais comme tu penses et c’est bien comme ça! » Des réalisations plus philosophiques, comme les bienfaits des accidents, cultivent chez cette artiste une mentalité axée sur le positif et l’ouverture sur l’inconnu. « Je me mets fréquemment des bâtons dans les roues pour me pousser hors de mes zones de confort. Plus je suis déstabilisée et plus j’apprends. »

La floraison de Chloris, technique mixte sur toile, 2012, 40 x 48 po.

La floraison de Chloris, technique mixte sur toile, 2012, 40 x 48 po.

Consciente que son style est ancré dans sa technique, elle aime se renouveler avec des thématiques : portraits de femme, animaux et abstraits. Le plus important pour elle est de créer dans l’authenticité et l’intégrité. Chaque toile se voit garantir son élan créatif, par éthique professionnelle de l’artiste mais aussi par respect pour l’acheteur.

« C’est le standard qualité Marquis », confirme en souriant l’adepte de marketing.

Annabelle Marquis pense avant de poser son pinceau sur la toile. Elle peint à l’écoute de son instinct et reconnaît l’achèvement d’une pièce. « Quand elle est finie, elle est monumentale ! » Naviguer les eaux parfois troubles d’une carrière créative semble être une deuxiè- me nature pour cette artiste qui insuffle un vent de nouveauté.

Annabelle Marquis est représentée par :

Galerie Perreault, 122, Côte de la Montagne, Québec, G1K 9C6. Tél.: 418.692.4773               www.galerie-perreault.com

Galerie d’art Iris, 30, St-Jean-Baptiste, Baie Saint-Paul, Québec, G3Z 1L9 Tél.: 418.435.5768 www.galerieiris.com

West End Gallery, 1203, Broad Street, Victoria, British Columbia, Tél.: 250-388-0009 www.westendgalleryltd.com

West End Gallery, 12308, Jasper ave., Edmonton, Alberta Tél.: 780-488-4892 www.westendgalleryltd.com


Texte d’Isabelle Gauthier

Voici une analogie peu commune : se sentir aspiré et simultané- ment soufflé en contemplant une œuvre…