Magazin'Art

Peindre un pays

Marée basse, huile sur toile, 20 x 24 po

Yvon Lemieux

Mon art, mon cheminement

Peindre un pays

Né dans la petite paroisse de Saint-Pascal à Québec, Yvon Lemieux a commencé à peindre à l’âge de 16 ans; il peint maintenant depuis 50 ans. Comme le temps passe vite quand on s’amuse ! C’est en esquissant au crayon les personnes rassemblées sur la place municipale que débute le cheminement artistique d’Yvon. Par chance, son professeur de huitième année est aussi un artiste et celui-ci expose ses toiles sur les murs de la classe. Yvon s’applique alors à copier ce qu’il voit, jouant de couleurs et de formes sur la toile. L’observation attentive, le dessin, la composition et l’harmonie des couleurs lui procureront quelques difficultés d’apprentissage.

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Texte de Valerie Kent

Yvon Lemieux est représenté par:

Galerie Q

1521 County Road 10, Cavan, Ontario, L0A 1C0

Tél. : (705) 944-8888

www.galerie-q.com

 

 

Né dans la petite paroisse de Saint-Pascal à Québec, Yvon Lemieux a commencé à peindre à l’âge de 16 ans; il peint maintenant depuis 50 ans. Comme le temps passe vite…

Terres du Saguenay, 18 x 36 po

Yvon St-Aubin

Une galerie de pigments survoltés !

Peindre un pays

Il y a trente ans, c’était inhabituel de voir un arbre rose bonbon ou franchement mauve, les éléments de la composition se contentant plutôt de reproduire la réalité sans trop de fantaisie. S’il est moins rare aujourd’hui que les propositions picturales des peintres paysagistes éclatent de couleur, Yvon St-Aubin n’en a pas moins été l’un des premiers à oser l’emploi de valeurs fortes pour illustrer les décors d’ici à sa manière, insufflant du coup un certain modernisme dans ce créneau essentiellement lié aux traditions.

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 Texte de Lisanne LeTellier

Yvon St-Aubin est représenté par les galeries Beauchamp de Québec et de Baie-St-Paul, ainsi que par la galerie Céleste de St-Sauveur, la Galerie O en art de St-Hyacinthe, la Chase Art Gallery de Beaconsfield et la Galerie du Coin, à Salaberry-de-Valleyfield.

Il y a trente ans, c’était inhabituel de voir un arbre rose bonbon ou franchement mauve, les éléments de la composition se contentant plutôt de reproduire…

Fin d’automne à l'Anse de Roche

René Gagnon

Atteindre l’intemporel

Peindre un pays

« J’ignore si mes tableaux sont surréalistes ou pas, mais je sais qu’ils sont l’expression la plus franche de moi-même. »Frida Kahlo

Devant moi, l’homme se tient droit comme un chêne. Les mains sont immenses. La chevelure hirsute à la Albert Einstein. Un regard profond où l’on débusque les joies les plus grandes et les affres de l’expérience humaine. René Gagnon négocie depuis 86 ans avec les aléas de la vie, dont 67 ans avec les démons de la création.

Sur la table du resto, les photographies contenues dans son livre défilent. Ici, à la pêche avec Riopelle, Paul Rebeyrolle et Stanley Cosgrove. Une autre avec Alfred Pellan, lors d’une exposition à Paris. Merci à la vie d’avoir mis sur ma route la création de René Gagnon ! S’agit-il du secret le mieux gardé de l’histoire de l’art du Québec !

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 Texte de Michel Bois

Devant moi, l’homme se tient droit comme un chêne. Les mains sont immenses. La chevelure hirsute à la Albert Einstein…

À vos souhaits, huile sur toile, 30 x 36 po

Raymond Quenneville

L’heure dorée

Peindre un pays

« Pour le peintre, le véritable voyage des découvertes ne consiste pas à trouver de nouveaux paysages, mais d’amener le spectateur à voir avec de nouveaux yeux. » – Marcel Proust

Les photographes britanniques et américains l’appellent « Golden Hour » : L’heure dorée. Alors, parlons ici d’une véritable découverte (pour moi) que m’a réservée le peintre Raymond Quenneville. J’adore toujours apprendre des choses qui poussent à la réflexion. D’où le plaisir de vous la livrer en retour.

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Texte de Michel Bois

Raymond Quenneville est représenté par : Fallen Leaf Gallery, 102, Main Street, Canmore, Alberta ; Galerie d’art Céleste, 285, rue Principale, St Sauveur, Québec ; Galerie Michel-Ange, 430, rue Bonsecours, Montréal, Québec ; Galeries Beauchamp, à Québec et à Baie-St-Paul, Québec ; New Masters Gallery, Carmel, California, USA ; Oceanside Art Gallery, 172, Second West ave, Qualicum Beach, B.C.

Les photographes britanniques et américains l’appellent « Golden Hour » : L’heure dorée. Alors, parlons ici d’une véritable découverte…

Final Harbour, Salem, Isle of Mull, huile, 24 x 36 po.

Doug Purdon

Accentue volontiers ses couleurs

Peindre un pays 

Doug Purdon aime peindre des marines. Il aime aussi peindre les paysages mais il préfère peindre la mer, en partie parce qu’elle se prête si bien aux perspectives atmosphériques.

Bien qu’il peigne avec joie des scènes urbaines à l’occasion, il choisit plus souvent de peindre la mer et le ciel, ses tableaux parfois agrémentés d’un navire ou deux et de quelques personnages. « J’adore l’eau, la mer, le ciel! Ils peuvent se décliner en tant de couleurs… et j’adore le mouvement,» explique l’artiste qui peint généralement 20 à 22 tableaux par an. « Les littoraux canadiens, britanniques et écossais font partie de mes lieux préférés. »

La composition soignée et l’exécution rigoureuse des œuvres de Purdon sont telles qu’elles provoquent un sentiment d’anticipation aiguë en laissant entrevoir un monde où règnent l’espoir et le contentement. Il peint parce que rien d’autre n’a su capter son imagination. Enfant maladif, il ne peut joindre les rangs de l’école qu’en septième ou huitième année. Il demeure plutôt à la maison et s’adonne au dessin. Voyant son oncle peindre à l’aquarelle, le jeune homme est fasciné par cette technique.

À l’école il suit des leçons en art. Il est souvent réprimandé pour avoir dessiné dans ses cahiers d’écriture. Au fil du temps il fait preuve d’une créativité accrue mais, ne se considérant toujours pas comme un artiste accompli, il s’inscrit à l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario. Après sa graduation surviennent les défis habituels et il lui faut trouver du travail pour arriver à joindre les deux bouts. Il en vient à occuper un poste de directeur de la paie, poste qu’il quitte pour une retraite anticipée à l’âge de 49 ans. Au cours des 21 années subséquentes il se consacre exclusivement à la peinture. Ses tableaux font partie des collections permanentes du musée maritime vivant Mystic Seaport, du Bureau national du tourisme écossais, de la Bibliothèque municipale de Toronto, de la Ville de Toronto et des firmes Card Lake Resources et Co-operators Insurance.

After the Storm, Ocean Grove, N.J., huile, 22 x 28 po.

After the Storm, Ocean Grove, N.J., huile, 22 x 28 po.

En 2005, Doug Purdon est lauréat du Prix Achat du Musée à la 26e édition de l’Exposition internationale annuelle de peintures marines de Mystic. Son huile intitulée Breaking Waves – Grimsby fait la couverture du numéro de septembre 2009 du Canadian Brushstrokes Magazine. En 2012 il obtient le Prix d’Excellence en enseignement des arts et sciences décerné par l’Université de l’École d’éducation permanente de Toronto.

L’artiste peintre décrit son propre style comme étant réaliste mais non pas photo-réaliste. «Dans la majorité des cas, j’accentue la couleur réelle dans mes tableaux. Je fais un peu de «photoshopping » en quelque sorte, comme plusieurs artistes le font d’ailleurs actuellement.» Il utilise les techniques de perspective atmosphérique pour attirer le regard des spectateurs au plus profond de ses toiles où, comme vous pouvez l’imaginer, se détecte ou se révèle le mouvement.

Lorsque Doug Purdon prend sa retraite pour devenir peintre à part entière, il se met aussi à enseigner en ateliers de peinture et devient représentant ontarien pour le fabricant de matériel d’art Winsor & Newton et préposé à sa ligne de soutien. Cette dernière consiste en un numéro de téléphone sans frais mis à la disposition des clients qui désirent s’informer quant aux possibilités et limites de certaines techniques ou produits. L’artiste publie également chez North Light Books un livre intitulé Color Secrets for Glowing Oil Paintings. Il est membre élu de la Société des artistes canadiens et de la Société des artistes ontariens.

Echo 21, huile, 18 x 24 po.

Echo 21, huile, 18 x 24 po.

Doug Purdon aime l’enseignement de même qu’il aime son travail chez Winsor & Newton qui l’obligent à demeurer alerte et vigilant. Son travail chez le fabricant de matériel d’art exige qu’il se maintienne au fait des plus récents développements et, pour pouvoir répondre aux questions des clients, il lui faut garder un esprit clair, focalisé sur la tâche à accomplir. Il croît également qu’il est de son devoir de transmettre le savoir qui lui a été inculqué de même que les connaissances qu’il a lui-même acquises tout au cours de sa vie artistique.

Maniant avec autant d’aisance l’aquarelle, l’acrylique et l’huile, Purdon privilégie cependant l’huile, un médium qu’il affectionne particulièrement. « J’apprécie la couleur et la richesse de l’huile. J’aime pouvoir retoucher mon travail sur près de deux jours, estomper les pourtours, essuyer certaines zones et repeindre. Je peins donc essentiellement à l’huile. L’acrylique a pris du galon et je l’utilise parfois quand je peins sur le motif, mais elle ne possède pas la même propension à la couleur ni l’efficacité de travail que l’huile. »

L’aquarelle, quant à elle, est un médium qui lui plait bien, mais il s’en sert maintenant surtout pour des études ou encore lorsqu’il peint pour son propre plaisir. «J’aime bien peindre à l’aquarelle, mais le marché n’est plus là. J’ai quelques amis aquarellistes de grand talent qui ont dû freiner leur production faute d’intérêt de la part du pu- blic acheteur. »

Doug Purdon amorce habituellement ses tableaux en peignant sur le motif puis les termine en son studio de Scarborough. Sur place il esquisse quelques études, à l’aquarelle ou à l’acrylique, et prend un certain nombre de photographies. De retour en studio il exécute d’abord une étude de couleurs puis débute la véritable composition du tableau. « J’adore les bleus et je les utilise à profusion. J’aime aussi les jaunes et orangers cadmium. Ma palette est plutôt restreinte. Je travaille avec quatre à six couleurs de base, y ajoutant une ou deux autres au besoin. Je me limite habituellement à une seule partie du spectre chromatique. »

Morning Departure, Southampton, Ontario, huile.

Morning Departure, Southampton, Ontario, huile.

L’artiste déclare peindre ce qu’il voit, mais il n’hésite pas à déplacer un arbre ou quelqu’autre élément pictural qui pourrait déséquilibrer le tableau. L’École d’art de l’Ontario a bien tenté de lui inculquer quelques notions d’abstraction, mais il ne s’est découvert aucune affinité pour ce style de peinture. «J’ai fait quelques essais à l’école des beaux-arts, tenté de peindre en étant plus libre de mes mouvements, mais je n’y arrivais pas. »

Ironiquement, Purdon est d’avis que son style s’est récemment transformé en ce qu’il peint légèrement plus librement. « J’ai acquis une certaine souplesse au fil des ans. Mes gestes sont plus larges et j’utilise plus de peinture qu’autrefois et de façon plus structurée. Il appert que mes mouvements seront dorénavant plus larges et plus libres, ce que je remarque d’ailleurs chez bien d’autres artistes peintres, probablement grâce à une confiance en soi accrue qui fait que vous ne craignez plus d’appliquer de larges masses de peinture sur la toile. »

Doug Purdon est représenté par Studio 737 à Tweed et par la Westmount Gallery à Toronto.


Texte de Noel Meyer

Doug Purdon aime peindre des marines. Il aime aussi peindre les paysages mais il préfère peindre la mer…

Réflection automnale, 24 x 30 po, 2012

Claude Langevin

Les temps bénis

Peindre un pays

« À cette époque, les gens suivaient les traces de leurs parents, » se souvient Claude Langevin. Comme tant d’autres, il entamera sa route professionnelle sur cette base puis, avec audace et persévérance, il bifurquera sur la sienne. Comme bien peu de gens.

Fils d’un médecin et membre d’une fratrie de cinq, Claude Langevin s’engageait sur le parcours de médecine tracé par son père et parcouru par son frère aîné. « J’ai fait une année de médecine et je me suis aperçu assez vite que ce n’était pas pour moi. Je peignais déjà depuis l’âge de 14 ans et c’était ce que j’aimais. La nouvelle a été dure pour ma famille. » Laisser de côté une option aussi sécuritaire pour un métier perçu comme marginal tenait de la folie. C’était le début des années 1960 et un vent de liberté et de changement allait souffler sur le Québec. Claude Langevin, alors de son vrai nom Paul Viens, allait faire partie de ce renouveau artistique qui célébrait le talent d’ici.

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Claude Langevin est représenté par Multi-Art.

Texte d’Isabelle Gauthier 

 

« À cette époque, les gens suivaient les traces de leurs parents, » se souvient Claude Langevin. Comme tant d’autres, il entamera sa route professionnelle sur cette base puis…

Yvette Boulanger

Yvette Boulanger

Une œuvre coulante comme rivière

Peindre un pays

« Peindre, c’est collaborer avec la terre : c’est accepter d’inscrire un sens personnel d’humanité sur un paysage modifié à jamais.» – Marguerite Yourcenar

Quelle rencontre ! Mais surtout quelle œuvre ! J’aurai pris trois jours avant de coucher les premiers mots de ce texte, l’émotion s’étant faite intense au contact de la peintre et de sa création d’exception. Il s’agit d’une paysagiste du calibre des Ayotte, Rousseau, Thompson, et qui encore ? De facture art contemporain, les toiles d’Yvette Boulanger se veulent aussi porteuses d’une conscience « verte »; les thématiques de  la peintre reposant sur la sauvegarde des milieux naturels demeurés sauvages. Ce  qui place son œuvre dans un créneau de conscience sociale des plus d’actualité. Cela, sans parler de sa prédilection pour la sauve-garde des granges et maisons anciennes du patrimoine bâti. D’ailleurs c’est en sa maison tricentenaire restaurée de ses mains qu’elle m’a reçu, soit l’écrin fabuleux pour l’œuvre qu’elle polit tel un diamant brut, jour après jour, coulante comme rivière.

 

La merveille d ’un vieil objet, 9 x 12 po, 2001

La merveille d ’un vieil objet, 9 x 12 po, 2001

 

« La vie d’factrie »

Née en 1932, à Danville dans les Cantons de l’Est, au Québec, ses premiers dessins à l’âge de 9 ans reproduisent les œuvres euro-péennes imprimées sur les calendriers. Elle les dessine et redessine. Mais chaque fois en les bonifiant d’éléments de sa vision personnelle. Abonnez-vous au contenu de notre site internet pour lire ce texte. Subscribe to our Website content to read more


Yvette Boulanger est représentée par la Galerie Yvon Desgagnés

On pourra se procurer le catalogue Yvette Boulanger ‒ Le paysage dans tous ses états aux Éditions Carte Blanche.

Texte de Michel Bois

 

Quelle rencontre ! Mais surtout quelle œuvre ! J’aurai pris trois jours avant de coucher les premiers mots de ce texte, l’émotion…