Magazin'Art


Noel Julian Meyer

13 avril 1954 – 31 décembre 2018

Hommage

Noel Julian Mayer est né à Ottawa, mais sa famille s’établit rapidement à Montréal où il passera le reste de sa vie. Une ville qu’il aimera et détestera à la fois. Il aimait les musées et les galeries, la montagne et le fleuve, les cafés et les bistros, le Jardin botanique et la diversité des styles architecturaux. Il n’aimait pas l’étalement, la congestion, ni la propension de la municipalité à détruire de petits joyaux architecturaux au nom du progrès et du développement.

Diplômé du Collège Dawson, il entreprend des études universitaires à Concordia où il obtient son baccalauréat en arts en 1978. À l’université Concordia, Noel écrit pour la revue étudiante Loyola News, faisant la critique de livres, de disques et de spectacles. Il fut également disc-jockey pour Radio Loyola, animant une émission de musique de blues, une de ses grandes passions.

Noel a travaillé comme rénovateur et entrepreneur durant l’été alors qu’il poursuivait ses études, et pendant quelques années suivant sa graduation. Au début des années 80, il commença à écrire sur ses expériences de rénovateur. Il contribua à la rédaction de deux volumes, Lighting and Electricity et Doors and Windows, publiés chez St. Remi Press pour Time Life Books. En 1984, il participe à la traduction et l’adaptation de Traditional Windows, un manuel technique dédié à la préservation et la reconstruction de fenêtres traditionnelles, publié chez Heritage Québec. Toujours en 1984, il signe une rubrique hebdomadaire pour la Montréal Gazette sur la rénovation et la construction résidentielle, tout en gardant l’œil sur la préservation des édifices patrimoniaux. Cette rubrique aura cours jusqu’en 2001.

En 1986, il joint l’équipe de rédacteurs d’Habitabec, un hebdomadaire bilingue consacré à l’immobilier, ses textes portant sur divers aspects de la question du logement à Montréal. Il y demeura deux années. De 1991 à 1993, il fut l’éditeur de The Downtowner, une publication communautaire hebdomadaire ayant un tirage de 60 000. De 1993 à 1999, il couvre la télévision par câble et par satellite, ses articles étant diffusés à New York et en Europe. Simultanément, il rédige des communiqués de presse, des blogues d’entreprises et divers autres travaux pour une variété de compagnies.

C’est en 1992 qu’il rédige sont premier profil d’artiste pour Magazin’Art. Car il était également un grand amateur d’art. Dès l’âge de dix ans, il passait ses matinées du samedi au Musée des beaux-arts de Montréal à esquisser les œuvres de maîtres, accompagné de son ami de longue date, Brian Black.

Un de ces matins au musée, un étranger demanda à Noel de lui prêter papier et fusain. L’homme dessina rapidement le portrait d’un garde de sécurité ainsi que des phoques sur un rocher, puis, lui remis la feuille et s’éloigna. Après avoir demandé aux garçons s’ils savaient qui était cet homme, le garde de sécurité leur suggéra de lui demander de signer le dessin. Noel s’élança donc vers lui et lui demanda sa signature. L’homme apposa alors ses initiales sur les deux esquisses, soit A L. Il s’agissait de nul autre que le peintre Arthur Lismer, membre du Groupe des Sept d’origine.

Son arrière-grand-père travaillait dans une quincaillerie durant les années 1920, alors que les artistes peintres et les peintres en bâtiment s’approvisionnaient de peinture au même endroit. Il n’hésitait pas à glisser un ou deux tubes de peinture gratuitement aux artistes peu nantis. Il avait alors parmi ses clients certains membres du Groupe des Sept. L’intérêt de Noel pour l’art était peut-être génétique. Son père, John Meyer, fut également rédacteur en chef, section anglaise pour Magazin’Art. Après le décès de John, Noel devint l’éditeur anglophone de Magazin’Art, un poste qu’il occupa jusqu’à son propre décès.

Noel peignait des aquarelles, sans talent distinct. Il peignait pour son propre plaisir. Ses toiles sont cependant très prisées par ses enfants adultes, Graham et Robyn, et quelques autres membres de sa famille qui ont la chance d’en posséder une. Il ne faisait pas état de fausse modestie concernant son habileté ou son manque d’habileté. Il peignait simplement par pur plaisir, ce qui s’avère être le rôle de l’art… le plaisir de créer et le plaisir d’admirer, rien de plus et, certainement, rien de moins.

Noel était un homme imposant. Six pieds deux pouces, et 250 livres. C’était un passionné d’art, de musique et de littérature. Un lecteur vorace, de tous les genres, des classiques de Dickens aux fictions fantastiques de Tolkien, de Carl Hiaasen à Larry McMurthy, de Dashiell Hammett à Len Deighton, de Patrick O’Brien à Bernard Cromwell.

C’est avec grand regret que sa famille souligne son décès. Il laisse derrière lui trois frères et une sœur, deux enfants, plusieurs cousins et des milliers d’amis, tous étant dévastés par la nouvelle de son décès à l’âge de 64 ans. Il avait encore tant à nous donner.

Texte de Carl Meyer

Mots clés : Aquarelle,  Hommage,  Noel Julian Mayer,  

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