Galerie Jeannine Blais
Magazin'Art
Matin d'hiver, région de la Montérégie, huile, 30 x 40 po Matin d'hiver, région de la Montérégie, huile, 30 x 40 po

Marcel Mussely

Visite d’atelier

Une belle journée d’été, à Longueuil, une rue calme aux maisons entourées de jardins et ombragées par les arbres, on y respire, on s’y sent bien, à mille lieues de la ville pourtant toute proche.

C’est dans cet environnement que Marcel Mussely a choisi de s’établir, en 1973, en choisissant une maison orientée vers la lumière du nord. Essentielle pour son travail, celle-ci baigne son atelier, réaménagé et agrandi il y a quelques années pour y accueillir des oeuvres de grandes dimensions . Car Marcel Mussely est peintre dans l’âme, depuis toujours, même s’il a travaillé plus de 25 ans dans le domaine de la publicité après ses études à la Famous Artist School de Westport (Connecticut) en dessin et illustrations commerciales.

Initié dès l’enfance à la science des pigments par un père artisan en mosaïque et terrazzo, il a manifesté très tôt un talent remarquable pour le dessin. Tout en travaillant, il s’est toujours attaché à peindre très régulièrement, avant qu’il ne décide, en 1988, de se consacrer exclusivement à son art, perfectionné dans les ateliers de Jordi Bonet, Michel Duguay, Marcel Favreau, Catherine Young Bastes, Tom Nicholas et Pierre Tougas. L’étude des anciens maîtres est également pour lui riche d’enseignement.

Le jardin d'eau de Monet à Giverny (2) dessin, 18 x 24 po

Le jardin d’eau de Monet à Giverny (2)
dessin, 18 x 24 po

Goélette la MP Emelie L'Accalmie, Baie-Saint-Paul

Goélette la MP Emelie L’Accalmie, Baie-Saint-Paul

Chantre de la nature, il en est l’observateur passionné, émerveillé et attentif. Il trouve une inspiration constamment renouvelée dans les paysages, les changements immuables des saisons, les variations subtiles de la lumière qui se déroule sur les reliefs, joue sur les cours d’eaux ou se glisse entre les arbres. Une discrète poésie se dégage de toutes ses oeuvres, quelqu’en soit le sujet ou le format.

L’homme n’est jamais présent, il est parfois évoqué par une trace discrète, brièvement inscrite dans un champ de fleurs qu’il a traversé, une vieille grange rongée par le temps, une barrière de bois, ou les champs plantés de colza ou de blé, bordés de verges d’or ou d’épilobes. Tout l’œuvre de l’artiste est un hommage inlassable à la nature, à sa beauté, une invitation à la contempler, loin de l’univers de béton, de l’agitation et du bruit du monde contemporain.

Vallons fleuris, région Chaudière-Appalaches, huile, 30 x 24 po « Médaille d’or » Expo-concours internationale du CAPSQ au beffroi de Bruges en Belgique en 2013.

Vallons fleuris, région Chaudière-Appalaches, huile, 30 x 24 po
« Médaille d’or » Expo-concours internationale du CAPSQ au beffroi de Bruges en Belgique en 2013.

Marcel Mussely travaille surtout à l’huile, utilisant son pinceau comme un crayon, précise-t-il. Il peint à la fois avec minutie et rapidité, dévoilant une maîtrise technique admirée autant par ses pairs que par les collectionneurs. Travaillant sur le motif pour capter l‘atmosphère du moment, il prend aussi quelques photos pour ensuite réaliser l’oeuvre dans son atelier.

Dans le rendu objectif de la nature, l’artiste insuffle une dimension beaucoup plus vaste. Les détails se fondent pour laisser toute la place à la grandeur de l’espace, au jeu des nuages dans le ciel, aux vibrations de la lumière selon l’heure de la journée, sur le sommet des arbres ou dans les sous-bois qu’elle nimbe, caressante et légère.

L'automne en Estrie, huile, 36 x 48 po

L’automne en Estrie, huile, 36 x 48 po

Un ciel pommelé de nuages dispute le premier rôle à l’étendue sans fin des arbres et des collines dans la région de Chaudière-Appalaches. La lumière changeante et les ombres de cette fin de journée modifient la perception des reliefs, transforment le paysage et l’atmosphère. On pourrait, sans effort, deviner la fraîcheur du soir qui se rapproche. Un cours d’eau, de grandes pierres plates grises, un arbre mort qui se dresse, dénudé et, en arrière-plan, des arbres aux feuilles dorées, le peintre traduit avec sensibilité, à l’aide d’une palette sobre, le sentiment de la vie minérale et végétale. L’oeil du peintre lui permet de déceler l’extraordinaire dans ce que le passant ne remarque pas. Un simple bosquet, à l’automne, est métamorphosé et devient prétexte à une célébration de cette saison si belle, aux splendeurs trop fugitives. L’artiste, avec la représentation d’une plage à Baie Saint-Paul, parvient à nous donner un sentiment de bout du monde. La grève, dans une tonalité rousse, les collines à l’arrière-plan que recouvre la végétation, les nuages qui s’étirent, toute la scène donne une impression de calme et de liberté. Il n’y a personne. L’eau, le ciel, le sable, l’essentiel est là. On perçoit le silence, à peine rompu par le clapotis de l’eau, on devine un vent léger au goût salin. Grâce à son talent et sa sensibilité, l’artiste parvient à transmettre sa vision de la magie du lieu. Celle-ci pénètre l’esprit du spectateur qui, pendant un temps, se sent transporter dans cet ailleurs auquel, inconsciemment, il aspire pour y trouver l’équilibre qu’apporte la nature dont il est trop souvent coupé.

Esquisse sur papier en préparation pour une future huile (scène d'automne,arbres).

Esquisse sur papier en préparation pour une future huile (scène d’automne,arbres).

À l’automne dernier, lors d’un événement artistique à Tadoussac, auquel participaient cinq artistes membres de l’I.A.F. (Institut des arts figuratifs), Marcel Mussely s’est livré volontiers à quelques démonstrations devant un public de tous âges. Enfants et adultes étaient fascinés de voir surgir, par la magie de quelques coups de pinceau ou de crayon, des arbres, des nuages, ou des champs. Un succès tel que l’artiste n’a guère eu la possibilité de faire autre chose ! Il a été particulièrement touché par le témoignage d’une résidente de la région, émue aux larmes qui l’a remercié de lui avoir permis d’ouvrir à nouveau les yeux sur les magnifiques paysages de sa région qu’elle regardait, sans plus jamais les voir, depuis des années. Un collectionneur de Toronto, séduit lui aussi, est reparti avec un tableau de grandes dimensions.

Marcel Musssely dessine beaucoup, directement à la plume sur le papier, sans esquisse préliminaire, et si la plupart de ses dessins sont en principe préparatoires, il s’agit d’oeuvres parfaitement achevées. Il faut souhaiter qu’un jour une exposition leur soit consacrée.

La croisée des chemins, huile, 30 x 60 po

La croisée des chemins, huile, 30 x 60 po

Les oeuvres de l’artiste, membre de l’Académie Internationale des Beaux-Arts du Québec (AIBAQ), font partie de plusieurs collections privées et publiques au Canada. Il a figuré, seul ou avec d’autres peintres, dans de nombreuses expositions au Québec et a participé à différents salons à Barcelone, à Paris, à Rome et à Bruges où il a remporté, en 2013, la médaille d’or dans la catégorie paysages réalistes à l’occasion de la CAPSQ, une exposition-concours internationale. Plusieurs autre prix et mentions lui ont été attribués. Depuis 2000, Marcel Mussely enseigne également la composition, le dessin et la peinture à l‘huile, une autre manière de partager sa passion.


Texte de Catherine Guex

 

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