Magazin'Art

Spatule

À tout jamais (No 8)

Coup de cœur

Sonia Reid

L’art au féminin

Cœur… femme de cœur ! C’est ce qui se dégage, dès les premières minutes, de ma rencontre avec Sonia Reid, une artiste au parcours inhabituel. Sourire radieux, belle comme un mannequin, cette femme charmante, passionnée et passionnante, m’accueille chaleureusement à la Galerie Baron-Lafrenière de Québec en cette première belle journée du printemps.

Auteure, conférencière, peintre, elle est remplie de talents. Sonia Reid est née à Québec en 1973. Elle a vécu une enfance heureuse avec ses deux sœurs et ses parents à Notre-Dame des Laurentides. Les membres de sa famille œuvrent dans l’enseignement. Son père travaillait comme professeur dans le domaine maritime. Elle n’est donc pas issue d’une famille où les valeurs artistiques étaient omniprésentes.

Dans sa jeunesse, Sonia Reid est plutôt cartésienne, très organisée et très sportive. Son intérêt pour les mathématiques l’amène à poursuivre des études en génie mécanique à l’Université Laval et plus tard elle obtient une maitrise en gestion de projets à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Très à l’aise dans la conception de moteurs de fusées expérimentales, rien ne laissait présager un engouement pour la peinture. Sa vie de jeune adulte, elle la passe à voyager en compagnie de son grand amour Sylvain, lui aussi ingénieur et qui deviendra par la suite son mari et le père de ses enfants. Elle vivait ce très grand amour jusqu’à ce que sa vie bascule en 2003. Sylvain décède subitement lors d’un tragique accident d’avion à Charlotte en Caroline du Nord durant un voyage d’affaires. Sonia enceinte de son deuxième enfant, est bouleversée et les points de repères de sa vie se perdent comme dans un cauchemar. Ce n’est que 3 mois plus tard qu’elle accouche de sa deuxième fille; elle se retrouve veuve et désorientée. Elle devra se reconstruire et à travers cette douloureuse épreuve, elle cherche en quête de sens directionnels et développe son humanité et sa spiritualité.

Introspection (No 7)

Introspection (No 7)

Habitant une magnifique maison au Lac-Beauport, elle s’inscrit en 2010 à un atelier de peinture avec la peintre de Québec Suzanne Longval, et ce pour faire plaisir à sa fille qui est fervente de dessin. Cette dernière l’accompagne à l’atelier et elles peignent ensemble. Révélation pour Sonia, elle produit un tableau abstrait symbolique qu’elle intitulera L’envol. Dans ce tableau, on peut voir un oiseau qui s’envole, et cela ressemble également à un avion qui s’écrase. Suzanne Longval est épatée et l’encourage à continuer de peindre. C’est le coup de foudre pour Sonia, elle tombe en amour avec la technique.

Autodidacte et se reconnaissant peu douée pour le dessin, Sonia Reid commence à explorer la matière picturale, à développer ses propres techniques et son style. Encouragée par ses enfants et sa famille, elle installe un bel atelier dans sa maison afin de poursuivre sa nouvelle passion.

C’est une révélation pour elle, cet art-thérapie l’aide à avancer vers le futur et à laisser derrière elle l’épreuve du passé. Le soleil brille à nouveau dans sa vie ! Période d’effervescence intellectuelle et artistique, elle publie en 2012 un livre à succès Et la vie continue (Éditions Le Dauphin Blanc) et commence à donner des conférences ayant pour thèmes entre autres « Traverser l’épreuve en pleine conscience » « Croire en ses rêves et possibilités » « Ça me fait du bien de peindre, c’est comme une connexion ».

« La vie, à travers ses expériences et ses épreuves, peut nous amener là où nous n’avons jamais songé aller. La vie a pour moi déposé une plume entre mes mains, des couleurs sur mes toiles et elle m’a soufflé des mots, » dit-elle.

Sonia

Sonia

Sonia Reid devient consultante en gestion du changement et délaisse le génie mécanique pour se consacrer au développement de son art. Pour qui ne peint que depuis 2010, elle produit plusieurs tableaux et développe un style pictural assez unique. Lorsqu’on admire ses œuvres, on découvre rapidement qu’on se promène dans plusieurs univers où l’abstrait et l’imaginaire sont prédominants. Sa peinture est intuitive et connectée totalement aux émotions qu’elle veut faire jaillir chez le spectateur.

Entourée de la somptueuse beauté qui l’entoure au Lac-Beauport et sur les rythmes des musiques du monde, elle crée des œuvres symboliques qui transgressent les règles de l’art : « Je suis comme un enfant dans un carré de sable, il n’y a plus de règles. » Sonia Reid aime utiliser le rouge, le gris, les fonds blancs. Son état d’âme lui dicte les couleurs à choisir. « L’énergie autour de moi donne un ton à ce que je vais faire. Je découvre moi-même, au fur et à mesure que mes mains travaillent, ce qui est en dedans de moi, grâce à la peinture. »

Elle travaille beaucoup à la spatule, peu au pinceau. Ses gestuelles créent beaucoup de rythme, un mouvement fluide comme la danse. Travaillant ses toiles sur chevalet, parfois à plat, elle utilise des jets, des coulages d’acrylique et une nouvelle peinture dont elle veut garder le secret. Elle crée des sillons avec la spatule, parfois même avec ses mains, avec des fourchettes, des éponges, de la laine d’acier. Elle « travaille » le pigment, par couches superposées, des textures, et ajoute des grillages, de la pierre, des billes, de la poussière à la peinture afin de créer une œuvre tridimensionnelle. Sonia Reid préconise les grands formats. Elle aime que la matière se dépose, qu’il se crée des réactions chimiques. Son inspiration lui vient de ce qui se dépose sur la toile. Mystère et poésie où se confondent sérénité, harmonie et passion. La répétition de motifs et l’éclatement des couleurs animent ses tableaux.

Des incrustations de collage de mots parsèment certaines de ses toiles, venant donner des pistes aux spectateurs : « zen », « sexy », « happy ». Elle signe toujours ses tableaux avec des phrases révélatrices, exemple ce tableau : Être de lumière : On ne les voit pas, mais si on tend le cœur, ils nous montrent la voie. Vitalité, énergie, jeunesse et joie de vivre sont des mots qui correspondent bien à ses toiles.

Histoire d'amour (No 2)

Histoire d’amour (No 2)

On peut dire que Sonia Reid peint avec son cœur. Et on retrouve le symbole du cœur, amour universel, dans plusieurs de ses peintures. L’amour est présent partout dans ses œuvres. Le cœur comme gestalt est libérateur et la spiritualité et la synchronicité sont reflétées par les jeux de la lumière qui émanent de ses toiles.

Dans ses plus récents tableaux tels que Heart Beat : Écouter son cœur pour exprimer ce qu’ il y a de meilleur les formes géométriques se fondent les unes aux autres et se font échos. Dans le tableau Être de lumière on peut percevoir deux silhouettes humaines qui nous racontent une histoire.

« Je crois que dans la vie, il n’a pas de recette magique pour personne; on a chacun notre chemin. Il y a quelque chose de plus grand qui nous habite. » Ce sentiment de liberté qui motive sa création, elle tient à le poursuivre: « Je tiens à me laisser de l’espace pour continuer l’exploration, continuer à m’amuser quand je peins. »

Sonia Reid, femme d’une grande intelligence et d’une belle pureté, accueille souvent des gens dans son atelier afin de les inciter à plonger dans l’univers de la création. « J’ai toujours pensé qu’il devait être libérateur de mettre des couleurs sur une toile, mais je n’aurais jamais imaginé que ça pouvait être aussi puissant. »

Audacieuse, instinctive, Sonia Reid est de nouveau en couple et est maintenant maman de trois merveilleux enfants. Aujourd’hui, elle a retrouvé le goût du bonheur et elle a l’art de le partager avec nous !

 


Texte de Frédéric-Marc Gagné

Venez apprécier et découvrir cette grande artiste qui insuffle un vent de fraicheur à l’art contemporain québécois, du 1er au 6 septembre 2016 à la galerie Baron Safranière, 66, Sault-au-Matelot, Québec.

www.soniareid-art.com

Cœur… femme de cœur ! C’est ce qui se dégage, dès les premières minutes, de ma rencontre avec Sonia Reid…

Cantin

Mémoire en superposition

Sur le web présente des artistes inspirants qui utilisent les médias sociaux et diverses plateformes de partage dans le but de promouvoir leur art sur Internet.

Originaire de Jonquière, Patrice Cantin obtiendra son Baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal en 2002. Durant ses études, l’artiste explore la peinture via une approche interdisciplinaire intégrant parfois la musique et la performance. De ces recherches académiques naîtront les prémices de son corpus actuel.

L’artiste identifie son désir de peindre par la réminiscence d’une composition et d’une couleur. Ces abstractions transportent une charge d’idées, de concepts accumulés au fil du temps et emmagasinés à travers les canaux de sa mémoire créative. « Je ne prends pas de notes. Les formes, les ambiances, les couleurs, les contrastes se superposent dans ma tête ». L’artiste démarre un tableau sans réel plan d’exécution, faisant confiance à son instinct. Le narratif surgit au fil de l’exécution et c’est à partir de ces mouvements, de ces superpositions de matière, de cette distinctive gestuelle que nait un Cantin.

Oily Selfie

Oily Selfie

Parlez-nous de votre médium ?

C. : Je travaille présentement à l’huile et avec les bâtons à l’huile. Je n’utilise pratiquement pas d’outils mis à part mes mains et la spatule.

Décrivez votre travail en un tweet de 140 caractères, motsclics inclus ?

C. : #Cantin artiste peintre #portraits abstraits, travail semi-figuratif portant sur la lumière et les jeux d’ombres et de taches.

Quelle est l’importance pour un artiste peintre d’avoir son site Internet et une présence sur les médias sociaux ?

C. : Être branché sur le web aujourd’hui est très important, voire même essentiel. Ma carte de visite, c’est mon site ! Pour tous les gens que je ne rencontre pas ou qui ne se présentent pas à mon atelier, le site Internet est une belle façon de faire voir mon travail. Les réseaux sociaux permettent de partager mon travail et de le faire connaître à des gens qui sont en dehors de notre cercle d’amis.

Pablo Picasso

Pablo Picasso

Avez-vous fait appel à un professionnel pour la conception et la programmation de votre site ?

C. : Je suis moi-même webmestre et programmeur. C’est ce qui me permet d’arrondir mes fins de mois. Je conçois et design mes trucs comme je le veux !

Que recommandez-vous aux artistes qui n’ont pas de site Internet et qui n’ont pas ou très peu de budgets ?

C. : Il y a plusieurs plateformes qui existent aujourd’hui pour réaliser un site sans avoir les connaissances nécessaires. Par contre, il faut y mettre le temps. Prendre des bonnes photos est essentiel.

À quelle fréquence faites-vous les mises à jour de votre site Internet ?

C. : Chaque fois que j’ai un nouveau tableau, je fais une mise à jour.

Sur le plan professionnel, combien de temps investissez-vous dans les médias sociaux ?

C. : Hum… Je vais paraître accro, mais je passe énormément de temps devant mon écran à faire la promo de mes tableaux. C’est constant. Si j’aligne le temps passé dans une journée, je dirais entre 3 et 5 heures.

Neon Boss

Neon Boss

Quel est l’impact des médias sociaux sur votre carrière ?

C. : Je vends 90 % de mon travail sur le web. 75 % par Facebook. C’est une plateforme très puissante lorsque l’on sait bien s’en servir.

Si vous aviez un seul site Internet d’inspiration à recommander aux artistes, quel serait-il ?

C. : Pour m’inspirer, je vais parfois sur Etsy.com. Beaucoup de créateurs y sont et c’est une belle fenêtre pour se rafraîchir le côté créatif du cerveau lorsqu’il est en panne !

Quels sont vos projets pour les 6 prochains mois (ou +) ? Expositions ? Résidence d’artiste ? Formations ?

C. : Je travaille présentement sur des triptyques grand format, très épurés et mouvementés. J’exposerai à Toronto en septembre lors de la foire « Toronto Outdoor Art ». En 2016 je serai à la Galerie Carte Blanche pour une expo solo.


 Texte d’Isabelle Gagné

Tous les liens pour suivre Cantin sur le Web afin de rester connecté avec l’artiste :

Site Internet officiel : galeriecantin.com

Facebook : facebook.com/galeriecantin

Twitter : twitter.com/lecantin

Instagram : instagram.com/lecantin

YouTube : youtube.com/user/lecantin

 

L’artiste identifie son désir de peindre par la réminiscence d’une composition et d’une couleur. Ces abstractions transportent une charge d’idées, de concepts…

Nathalie Frenière

Parlons impressions

Clin d’œil

« Avant de juger une peinture, cherchez ce que le peintre a voulu et ne le condamnez pas sur les sacrifices qu’il a dû faire pour mieux rendre sa pensée. Le génie consiste surtout à oser les efforts nécessaires, si grands qu’ils soient. » Anatole France

Études en communication graphique à l’époque où tout se faisait à la main. Quinze ans de labeur et d’efforts soutenus pour produire des logos de prestige tels « Adidas » et « SNC Lavalin ». Puis vint une autre étape d’apprentissage à l’arrivée du numérique, entre autre le fameux logiciel « Photoshop », pour être en tête de file de la concurrence.

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Texte de Michel Bois

Nathalie Frenière est représentée par : Ward-Nasse Gallery, New York, USA – Westmont Gallery, Toronto, ON – Galerie d’art Vigneault, Repentigny, QC

Études en communication graphique à l’époque où tout se faisait à la main. Quinze ans de labeur et d’efforts soutenus pour produire…

Nathalie Lapointe

L’art de se libérer

L’art au féminin

Dans les eaux noires qui ceinturent la cité, les tours et bâtiments miroitants déposent leurs reflets chatoyants. Ce jaillissement de l’obscurité ; ces couleurs vives et puissantes traduisent le pouls de la vie urbaine avec toutes ses trépidations.

Cette luminosité atmosphérique décrit bien l’oeuvre de l’artiste Nathalie Lapointe, pour qui les contrastes abruptes et les cités imaginaires sont une prescription contre la course folle de la vie.

L’artiste, native de Lanaudière, a laissé sa carrière d’enseignante, qu’elle exerçait depuis onze ans, pour l’art. « J’aime les gens, j’ai beaucoup aimé travailler auprès des enfants, mais ma passion pour la peinture m’appelait. » Ce saut périlleux dans le vide a eu lieu après mûre réflexion, animée par le désir d’être son propre guide.

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Texte d’Isabelle Gauthier

Représentée à la Galerie Le Bourget, Montréal

 

Dans les eaux noires qui ceinturent la cité, les tours et bâtiments miroitants déposent leurs reflets chatoyants…