Magazin'Art

art-thérapie

MONTRÉAL

Région métropolitaine

Le Musée des beaux-arts de Montréal invite le public à la contemplation avec États d’âmes, esprit des lieux. Cette exposition, qui réunit plus de 80 photographies d’artistes majeurs canadiens et internationaux, souligne la passion pour la photographie du collectionneur montréalais Jack Lazare qui souhaite partager avec le public l’enchantement qui l’anime depuis vingt ans. Elle est aussi l’occasion de mettre en lumière une sélection d’œuvres parmi un ensemble important de 33 photographies généreusement offertes au Musée en 2017. Hommes d’affaires ayant fait carrière dans l’univers du voyage et l’industrie musicale, membre du comité d’acquisition Art international postérieur à 1900 du MBAM, Jack Lazare s’est façonné une remarquable collection de photographies depuis les années 1980. L’exposition révèle son regard sensible et un goût particulier pour les images suspendues dans le temps qui appellent à la réflexion. Jusqu’au 28 avril 2019.


Le Musée des beaux-arts de Montréal nous fait découvrir un monde à la limite du virtuel et du réel dans l’installation vidéo Liminals de l’artiste britanno-colombien Jeremy Shaw. Présentée en première Nord-Américaine, l’œuvre immersive explore le potentiel cathartique de l’extase spirituelle dans un futur parallèle fictif. Œuvre riche, Liminals prend tout d’abord l’apparence d’un documentaire 16 mm en noir et blanc. La voix du narrateur situe l’histoire à trois générations de nous, dans un futur où l’humanité est en voie d’extinction. Le spectateur suit huit personnages qui tentent de sauver la race humaine grâce à une extraordinaire combinaison : l’augmentation des capacités du cerveau au moyen d’ADN cybernétique et la réactualisation de rites spirituels révolus. Par cette pratique, le groupe pense accéder à un espace situé entre le monde physique et virtuel – The Liminal –, où il est possible de passer à un niveau d’évolution supérieur. Jusqu’au 24 mars 2019.


L’Atelier international d’éducation et d’art-thérapie Michel de la Chenelière, au Musée des beaux-arts de Montréal. ET SI…? L’expression artistique pour renforcer les liens intercommunautaires et intergénérationnels. ET SI… nos peurs et nos rêves étaient un peu semblables ? ET SI… on créait ensemble ? L’ÉducExpo ET SI… ? réunit au Musée des beaux-arts de Montréal des œuvres collaboratives réalisées par des résidents de divers quartiers de Montréal et de Québec, qui représentent une diversité linguistique, culturelle et socio-économique. Cette présentation s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche-intervention mené par le centre de recherche SHERPA et l’équipe RAPS (Recherche et action sur les polarisations sociales), dont un des objectifs est de contrer la polarisation sociale et l’isolement, souvent sources de violences. Jusqu’au 13 janvier 2019.


Le Musée des beaux-arts de Montréal présente la première rétrospective d’Alexander Calder (1898-1976) au Canada, mettant en lumière toutes les facettes de la carrière du célèbre artiste moderne qui a mis l’art en mouvement. Fruit de recherches approfondies, cette grande exposition apporte un éclairage nouveau sur l’œuvre de l’artiste, vue ici sous l’angle de l’innovation. Conçue, organisée et mise en tournée par le MBAM, l’exposition Alexandre Calder : un inventeur radical présente plus de 150 œuvres (peintures, sculptures, bijoux et autres œuvres graphiques) pour mieux saisir l’étendue de la pratique multidisciplinaire extraordinairement novatrice de l’artiste – des dessins aux portraits de fil de fer, et de l’invention du mobile aux stabiles monumentaux. Jusqu’au 24 février 2019.


À l’occasion du 70e  anniversaire de la publication Refus global, Québécor présente une exposition d’œuvres et d’artefacts des Automatistes dans son espace Musée. Ce projet, conçu en collaboration avec la galerie Simon Blais pour les œuvres et Claude Gosselin pour les textes, a reçu la collaboration exceptionnelle de plusieurs artistes et collectionneurs acceptant de prêter des œuvres de l’année 1948 et voisines. Refus Global est un manifeste artistique signé par les 16 membres du mouvement des Automatistes, lancé à la Librairie Tranquille le 9 août 1948. L’essai principal est rédigé par Paul-Émile Borduas. Il est accompagné de textes de Bruno Cormier, Claude Gauvreau, Fernand Leduc et Françoise Sullivan. Il est illustré notamment avec une œuvre de Jean Paul Riopelle et des photos de Maurice Perron, également éditeur du manifeste chez Mithra-Mythe. À l’Espace musée Québécor, 612, rue Saint-Jacques, Montréal. Jusqu’au 9 janvier 2019.

Hiver 2019

 

Photo: Musée des beaux-arts de Montréal

Le Musée des beaux-arts de Montréal invite le public à la contemplation…

À tout jamais (No 8)

Coup de cœur

Sonia Reid

L’art au féminin

Cœur… femme de cœur ! C’est ce qui se dégage, dès les premières minutes, de ma rencontre avec Sonia Reid, une artiste au parcours inhabituel. Sourire radieux, belle comme un mannequin, cette femme charmante, passionnée et passionnante, m’accueille chaleureusement à la Galerie Baron-Lafrenière de Québec en cette première belle journée du printemps.

Auteure, conférencière, peintre, elle est remplie de talents. Sonia Reid est née à Québec en 1973. Elle a vécu une enfance heureuse avec ses deux sœurs et ses parents à Notre-Dame des Laurentides. Les membres de sa famille œuvrent dans l’enseignement. Son père travaillait comme professeur dans le domaine maritime. Elle n’est donc pas issue d’une famille où les valeurs artistiques étaient omniprésentes.

Dans sa jeunesse, Sonia Reid est plutôt cartésienne, très organisée et très sportive. Son intérêt pour les mathématiques l’amène à poursuivre des études en génie mécanique à l’Université Laval et plus tard elle obtient une maitrise en gestion de projets à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Très à l’aise dans la conception de moteurs de fusées expérimentales, rien ne laissait présager un engouement pour la peinture. Sa vie de jeune adulte, elle la passe à voyager en compagnie de son grand amour Sylvain, lui aussi ingénieur et qui deviendra par la suite son mari et le père de ses enfants. Elle vivait ce très grand amour jusqu’à ce que sa vie bascule en 2003. Sylvain décède subitement lors d’un tragique accident d’avion à Charlotte en Caroline du Nord durant un voyage d’affaires. Sonia enceinte de son deuxième enfant, est bouleversée et les points de repères de sa vie se perdent comme dans un cauchemar. Ce n’est que 3 mois plus tard qu’elle accouche de sa deuxième fille; elle se retrouve veuve et désorientée. Elle devra se reconstruire et à travers cette douloureuse épreuve, elle cherche en quête de sens directionnels et développe son humanité et sa spiritualité.

Introspection (No 7)

Introspection (No 7)

Habitant une magnifique maison au Lac-Beauport, elle s’inscrit en 2010 à un atelier de peinture avec la peintre de Québec Suzanne Longval, et ce pour faire plaisir à sa fille qui est fervente de dessin. Cette dernière l’accompagne à l’atelier et elles peignent ensemble. Révélation pour Sonia, elle produit un tableau abstrait symbolique qu’elle intitulera L’envol. Dans ce tableau, on peut voir un oiseau qui s’envole, et cela ressemble également à un avion qui s’écrase. Suzanne Longval est épatée et l’encourage à continuer de peindre. C’est le coup de foudre pour Sonia, elle tombe en amour avec la technique.

Autodidacte et se reconnaissant peu douée pour le dessin, Sonia Reid commence à explorer la matière picturale, à développer ses propres techniques et son style. Encouragée par ses enfants et sa famille, elle installe un bel atelier dans sa maison afin de poursuivre sa nouvelle passion.

C’est une révélation pour elle, cet art-thérapie l’aide à avancer vers le futur et à laisser derrière elle l’épreuve du passé. Le soleil brille à nouveau dans sa vie ! Période d’effervescence intellectuelle et artistique, elle publie en 2012 un livre à succès Et la vie continue (Éditions Le Dauphin Blanc) et commence à donner des conférences ayant pour thèmes entre autres « Traverser l’épreuve en pleine conscience » « Croire en ses rêves et possibilités » « Ça me fait du bien de peindre, c’est comme une connexion ».

« La vie, à travers ses expériences et ses épreuves, peut nous amener là où nous n’avons jamais songé aller. La vie a pour moi déposé une plume entre mes mains, des couleurs sur mes toiles et elle m’a soufflé des mots, » dit-elle.

Sonia

Sonia

Sonia Reid devient consultante en gestion du changement et délaisse le génie mécanique pour se consacrer au développement de son art. Pour qui ne peint que depuis 2010, elle produit plusieurs tableaux et développe un style pictural assez unique. Lorsqu’on admire ses œuvres, on découvre rapidement qu’on se promène dans plusieurs univers où l’abstrait et l’imaginaire sont prédominants. Sa peinture est intuitive et connectée totalement aux émotions qu’elle veut faire jaillir chez le spectateur.

Entourée de la somptueuse beauté qui l’entoure au Lac-Beauport et sur les rythmes des musiques du monde, elle crée des œuvres symboliques qui transgressent les règles de l’art : « Je suis comme un enfant dans un carré de sable, il n’y a plus de règles. » Sonia Reid aime utiliser le rouge, le gris, les fonds blancs. Son état d’âme lui dicte les couleurs à choisir. « L’énergie autour de moi donne un ton à ce que je vais faire. Je découvre moi-même, au fur et à mesure que mes mains travaillent, ce qui est en dedans de moi, grâce à la peinture. »

Elle travaille beaucoup à la spatule, peu au pinceau. Ses gestuelles créent beaucoup de rythme, un mouvement fluide comme la danse. Travaillant ses toiles sur chevalet, parfois à plat, elle utilise des jets, des coulages d’acrylique et une nouvelle peinture dont elle veut garder le secret. Elle crée des sillons avec la spatule, parfois même avec ses mains, avec des fourchettes, des éponges, de la laine d’acier. Elle « travaille » le pigment, par couches superposées, des textures, et ajoute des grillages, de la pierre, des billes, de la poussière à la peinture afin de créer une œuvre tridimensionnelle. Sonia Reid préconise les grands formats. Elle aime que la matière se dépose, qu’il se crée des réactions chimiques. Son inspiration lui vient de ce qui se dépose sur la toile. Mystère et poésie où se confondent sérénité, harmonie et passion. La répétition de motifs et l’éclatement des couleurs animent ses tableaux.

Des incrustations de collage de mots parsèment certaines de ses toiles, venant donner des pistes aux spectateurs : « zen », « sexy », « happy ». Elle signe toujours ses tableaux avec des phrases révélatrices, exemple ce tableau : Être de lumière : On ne les voit pas, mais si on tend le cœur, ils nous montrent la voie. Vitalité, énergie, jeunesse et joie de vivre sont des mots qui correspondent bien à ses toiles.

Histoire d'amour (No 2)

Histoire d’amour (No 2)

On peut dire que Sonia Reid peint avec son cœur. Et on retrouve le symbole du cœur, amour universel, dans plusieurs de ses peintures. L’amour est présent partout dans ses œuvres. Le cœur comme gestalt est libérateur et la spiritualité et la synchronicité sont reflétées par les jeux de la lumière qui émanent de ses toiles.

Dans ses plus récents tableaux tels que Heart Beat : Écouter son cœur pour exprimer ce qu’ il y a de meilleur les formes géométriques se fondent les unes aux autres et se font échos. Dans le tableau Être de lumière on peut percevoir deux silhouettes humaines qui nous racontent une histoire.

« Je crois que dans la vie, il n’a pas de recette magique pour personne; on a chacun notre chemin. Il y a quelque chose de plus grand qui nous habite. » Ce sentiment de liberté qui motive sa création, elle tient à le poursuivre: « Je tiens à me laisser de l’espace pour continuer l’exploration, continuer à m’amuser quand je peins. »

Sonia Reid, femme d’une grande intelligence et d’une belle pureté, accueille souvent des gens dans son atelier afin de les inciter à plonger dans l’univers de la création. « J’ai toujours pensé qu’il devait être libérateur de mettre des couleurs sur une toile, mais je n’aurais jamais imaginé que ça pouvait être aussi puissant. »

Audacieuse, instinctive, Sonia Reid est de nouveau en couple et est maintenant maman de trois merveilleux enfants. Aujourd’hui, elle a retrouvé le goût du bonheur et elle a l’art de le partager avec nous !

 


Texte de Frédéric-Marc Gagné

Venez apprécier et découvrir cette grande artiste qui insuffle un vent de fraicheur à l’art contemporain québécois, du 1er au 6 septembre 2016 à la galerie Baron Safranière, 66, Sault-au-Matelot, Québec.

www.soniareid-art.com

Cœur… femme de cœur ! C’est ce qui se dégage, dès les premières minutes, de ma rencontre avec Sonia Reid…