Magazin'Art

Tania Lebedeff

Sur le radar

Dans le but de faire connaître la création et l’émergence en dehors des grands centres, la rubrique Sur le radar du numéro du printemps est allée à nouveau à la rencontre des artistes de la Montérégie, véritable pépinière de talents. Or, pour notre plaisir, l’art de la photographie y trouve un espace fort particulier. Sur ce, votre Magazin’Art de l’été partira à la découverte des artistes du Saguenay et du Lac-St-Jean. Vous êtes de ces régions et aimeriez y participer : Odette Moreau, 1 800 641-9552


Marie-Claude Lemire

La Porte, technique mixte, 80 x 24 po (détail)

La Porte, technique mixte, 80 x 24 po (détail)

Parmi les artistes les meilleurs, notons ceux cherchant à se renouveler par l’exploration des techniques. Après 25 ans en tant que graphiste, Marie-Claude Lemire poursuit ses recherches en arts visuels à travers la plasticité de divers techniques. Que cela relève de la deuxième ou la troisième dimension. « J’utilise souvent comme amorce à l’exploration des fragments de matière abandonnés pour leurs couleurs et leurs textures. Ces détritus portant la trace du temps, me parlent et me touchent. Je me livre alors à leur sublimation. Les débris d’une grève représentent la résilience, un bout de plastique a l’odeur de mon enfance, une loque souillée traine dans la rue et c’est toute ma vulnérabilité mise à nu. Je transpose. Je collectionne. Je place, déplace et replace. Coupe. Jette. Déchire. Taille et égratigne », explique l’artiste avec aplomb et vérité personnelle. Souvent tracés à la ligne et mal définis ou incomplets, les personnages de l’artiste naviguent entre l’abstrait et le figuratif, instables et empreints de l’inconfort d’une grande charge émotionnelle. Ces toiles parlent du vide de l’expérience humaine dont le matériel ne peut combler ni répondre. Expression brute. Sans fard aucun. D’une poésie singulière, sans repentirs. J’adore !

MB

mc.lemire@live.ca


Tania Lebedeff

Inviter la danse, huile et fusain sur toile, 72 x 30 po

Inviter la danse, huile et fusain sur toile, 72 x 30 po

« Abstraits, figuratifs ou les deux à la fois. Colorés, monochromes, grands, très grands ou petits : les tableaux naissent de l’imaginaire où la source est intarissable depuis une cinquantaine d’années » selon les mots de l’artiste.

Sur toile, sur panneaux, sur papier, l’artiste son expression à travers les possibles inouïs de l’huile, de l’acrylique, mais autant l’encaustique, un médium à la richesse des hasards si heureux, aux fusains et parfois aux craies pastels et les collages. La principale qualité de l’artiste est d’amener le spectateur en état d’apesanteur. Mouvements, rythmes et formes évoquent plus qu’ils ne montrent. Encore une fois, voici une création redevable de multiples explorations heureuse. Poétique et artistique à souhait. Loin de la réalité convenue. Pour le plaisir de l’imaginable.

MB

www.tanialebedeff.com

tanialebedeff@hotmail.com

514 834-6543


Sylvie Brunet

Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver (Village de Howick), Huile sur toile, 24 X 30 pouces

Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver (Village de Howick), Huile sur toile, 24 X 30 pouces

Le tableau choisi par l’artiste fait partie d’un projet pour lequel elle a reçu une bourse régionale du Conseil des Arts et des lettres du Québec. Pour ce faire, chacune des toiles se devait de représenter une maison bien ancrée dans l’histoire des treize villages de la MRC du Haut-Saint-Laurent. Ajoutons que le titre des œuvres devait faire référence à une chanson ou à un conte québécois. D’où « Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver » soit la poésie chantée par Gilles Vigneault pour célébrer le village de Howick.

Heureux, amusants, truculents. Tels sont les mots venant à l’esprit et qui nous font fendre le sourire d’une oreille à l’autre. « Je m’amuse à mélanger mon imaginaire à la réalité de scènes extérieures dans un style figuratif un tantinet naïf. Mes huiles sur toile sont le résultat d’une recherche personnelle conjuguée à un contact prolongé auprès d’enfants dans le milieu des garderies. Voilà pourquoi tant de sourires sont suscités par ces scènes d’enfants évoluant dans des paysages typiquement Québécois », nous dit la peintre. En clair des œuvres heureuses. Et qui font du bien tout au long des saisons au quotidien. Coup de cœur tout chaud.

MB

sylviebrunet.com

(450) 264-9091


Suzane O’Neil

Pendant la nuit, macrophotographie giclée sur papier Hahnemühle William Turner, vernie et marouflée sur merisier russe, 16,5 x 25 po, 2018

Pendant la nuit, macrophotographie giclée sur papier Hahnemühle William Turner, vernie et marouflée sur merisier russe, 16,5 x 25 po, 2018

Textures – mouvements – émotions. Mortier de structure – encre de chine – macrophotographie. Chercher – explorer – se dépasser. Telles sont les pensées récurrentes dont les effets s’apparentent à un leitmotiv permettant à l’artiste de faire reculer ses frontières. Issue du milieu théâtral, Suzane O’Neil évolue dans le monde des arts depuis près de 35 ans. En 1995, la photographie se révèle le moteur de sa création en arts visuels. Sa matière première: collages, montage vidéo, installations, transferts d’images. « En parallèle, j’expérimente les encres sur papier photo. J’y ajoute des textures et j’explore cette matière première en macrophotographie. L’expérimentation stimule ma créativité », nous confie, l’artiste multidisciplinaire. Soulignons que vous pourrez en contact avec ce travail en profondeur du 4 avril au 1er  juin 2019 à l’église et au presbytère du Domaine Trinity à Iberville où elle présentera son exposition sous le titre «Histoires à regarder ». On notera à l’agenda la visite privilégiée de son atelier dans le cadre de la « Route des arts et saveurs du Richelieu » les 15-16 et 22-23-24 juin 2019. Un must culturel !

MB

www.zoneill.com

suz@zoneill.com

Facebook: @suzoneill1ere

(450) 714-4240


Gabriel Lalonde

Le temps qui passe, médiums et supports multiples, 28 X 21 cm, 2018

Le temps qui passe, médiums et supports multiples, 28 X 21 cm, 2018

Poète, auteur, peintre et sculpteur. Voici un artiste dont les œuvres interpellent et voyagent ici comme en Europe avec un succès mérité. Parlons d’un diamant brut ignoré par les médias au contenu convenu! Lisez par vous – mêmes. « Je transgresse les limites de la matérialité, la transforme en expression plastique. Je recherche le signe sans le signifier. Je déconstruis, j’exploite des débris par la déchirure, l’altération, l’usure. Par le faire et le défaire, j’en détourne la nature première. Des traces d’écrits se retrouvent partout dans mes œuvres. »

« À travers mes signes, mes graphies, mes écritures réelles ou inventées, une chorégraphie de la gestuelle émerge. La sémantique mue jusqu’à l’asémantique, se détache de son sens codifié, en brise des conventions. Le signifié est isolé, n’en reste que le mouvement. Mon geste libère la matière de sa composante première, la rend différemment. J’invente une écriture visuelle aux limites de la trace et de la ligne. Ne reste que le souffle dévoilé sous forme d’images. » Quoi dire de plus ? Un diamant brut.

MB

Gabriellalonde.blogspot.com

Galerie l’Harmattan, Baie-Saint-Paul, Charlevoix, Qc / 806, rue de Saint Jovite, Mont-Tremblant, QC

Galerie d’art Béliveau, Mont St-Sauveur, 314, rue Principale, Saint-Sauveur, QC


Francine Vernac

Faisceau mémoire, techniques mixtes sur papier (collagraphie, collages, encre, acrylique). Livre d’artiste, 48,5 x 75 cm, 2015/2017

Faisceau mémoire, techniques mixtes sur papier (collagraphie, collages, encre, acrylique). Livre d’artiste, 48,5 x 75 cm, 2015/2017

« L’âme des choses, des êtres, est ce qui m’importe. »

Comédienne professionnelle, auteure et artiste en arts visuels d puis près de trente ans, Francine Vernac expose son travail (installations, peintures, gravures, calligraphies, dessins, livres d’artistes) au Québec comme à l’étranger. Elle a fondé et dirigé durant plus de vingt ans Le Loup de Gouttière, maison d’édition et atelier-galerie de Québec. Son travail s’appuie sur l’Humain et ses quêtes de sens à travers ses cycles multiples. « Je fouille ses traces, des plus lointaines aux plus proches, pour en comprendre, en saisir les territoires intérieurs, parfois beaux, harmonieux, parfois atrophiés, brisés, lacérés. Je scrute ses écritures, ses codes, lettres et chiffres. Je m’exerce à percevoir, sentir, décoder ce qui se cache, se tait, se dissimule sous l’écorce des peaux, entre les fibres des papiers. Je souhaite créer des liens, ériger des ponts entre la terre et l’homme, entre le rêve et le réel, entre hier, maintenant et demain », nous dit madame Vernac. Exploratrice des matières et des gestes, par une approche relevant des songes éveillés, tout s’organise dans ses œuvres en fines filigranes, davantage du désir de l’évocation que de la représentation. Une création au sens pluriel d’une femme aux talents multiples !

MB

francinevernac@gmail.com

www.francinevernac.blogspot.com

www.facebook.com/francine.vernac


Patrick Denée

L’arrière-plan – Tulipes. (Série : Étude botanique), photo numérique, impression jet d’encre, papier Ilford Galerie Prestige Smooth Pearl (310gsm), montée sur un passe-partout sans acide, 50 x 70 cm, tirage limité à trois copies.

L’arrière-plan – Tulipes. (Série : Étude botanique), photo numérique, impression jet d’encre, papier Ilford Galerie Prestige Smooth Pearl (310gsm), montée sur un passe-partout sans acide, 50 x 70 cm, tirage limité à trois copies.

Que l’on soit expérimenté ou non, ne travaille pas qui veut en photographie noir et blanc. Or, Patrick Denée incarne pour moi toute la virtuosité du savoir-faire lové d’une très grande sensibilité.

« Ma démarche photographique a comme ligne directrice l’étude de la lumière sur des formes, des textures, soit dans la nature ou à travers la matière d’une diversité d’objets. Une fois que l’objet, qu’il soit minéral ou végétal est dans mon studio, j’utilise l’éclairage d’une fenêtre, généralement sur un fond noir, avec un carton blanc comme réflecteur. Cette simplicité me permet de rechercher les subtilités, soit dans les contrastes, dans les formes, que la lumière vient chercher pour faire jaillir l’émotion du moment, dans l’espoir de la capter et de la transmettre aux gens », raconte le photographe. Alors pourquoi le noir et blanc ? « Parce que cela me permet d’exprimer le mieux mes sentiments sans les artifices de la couleur. Et d’aller directement à l’émotion, à la forme ou à la texture, sans que le regard soit distrait par les couleurs ». Aller à l’essentiel. Toucher le cœur par la découverte des yeux. Patrick Denée nous réapprend à voir ! Sublime !

MB

p.denee57@gmail.com

www.patrickdenee-photo.com


Sylvain Riendeau

Évanescence florale, photographie et impression numérique sur papier de qualité (agrandissement 16 x 20 po ou 20 x 30 po). Conversion et traitement noir et blanc en post production.

Évanescence florale, photographie et impression numérique sur papier de qualité (agrandissement 16 x 20 po ou 20 x 30 po). Conversion et traitement noir et blanc en post production.

Il est clair que les photographes ont la cote. Peut-être pas comme les peintres, mais d’une manière spéciale et personnalisée. À preuve, la création si tendre et poétique de Sylvain Riendeau.

« Jeu et dualité entre les zones de flou et les zones de netteté ; le sujet a beau être des plus évidents, ce n’est pas la représentation de celui-ci qui est intéressante, mais plutôt ce qu’il a inspiré » nous confie Sylvain Riendeau. Pour l’œuvre Évanescence florale, il en parle comme une dualité entre la douceur et l’harmonie des zones floues et des reflets lumineux, effets déclencheurs par excellence d’une recherche visuelle lorgnant l’esthétisme prenant forme sous les yeux des spectateurs. Pour ceux et celles qui savourent le temps de voir. Juste pour décrocher du mode de vie copier sur le modèle industriel dodo-boulot-dodo.

MB

www.sylvainriendeauphotographie.com

sylvainriendeau.photo@gmail.com

riends01@gmail.com

sylvain.riendeau@videotron.qc.ca

514 512-3316


Yolande Valiquette

Sarabande, porcelaine, hauteur 7 po, côtés 3 x 3 po

Sarabande, porcelaine, hauteur 7 po, côtés 3 x 3 po

Une découverte inouïe qui nous ramène à l’idée du spirituel dans l’art.

Les œuvres de Yolande Valiquette s’abreuvent à la thématique des « Flèches des cathédrales », soit une interprétation libre de cette composante architecturale typique de l’époque gothique. Lisez par vous-mêmes les mots permettant d’avoir accès au message des Flèches des cathédrales : Le ciel se plantait de flèches pour une gloire qu’on appelait Dieu. On voulait atteindre sa lumière, la toucher, se purifier, se sanctifier. Tandis que la noblesse s’émancipait vers la lumière, le peuple n’était que labeur. Dieu reçut les plus beaux joyaux d’architecture. »

L’artiste sait. Et son art s’offre de la même manière : brute, subtile, éminemment porteuse de sens. Tant historique que personnalisée et vécue. Du spirituel dans l’art. Vous êtes avertis.

MB

yodesign@videotron.ca

yovaliquette@yahoo.ca

450 813-1934 – 514 730-5647


Michel Varin

Côte est, techniques mixtes sur toile marouflée sur bois, 122 x 107 cm, 2011

Côte est, techniques mixtes sur toile marouflée sur bois, 122 x 107 cm, 2011

Les œuvres abstraites du peintre Michel Varin sont expressives, empreintes d’âme et charnues de matière généreuse telle la pulpe d’un fruit gorgé des saveurs les plus exquises et inattendues. Qu’elles soient sur le papier, la toile ou le bois, gravées dans la matière pour balafrer les pigments ou fluides, parlons ici d’une création portant l’émotion.

« La peinture pour moi est l’art de capter une idée, l’ambiance visuelle d’un lieu, d’un objet ou encore l’état psychologique d’un moment vécu, rêvé ou appréhendé pour ensuite en transmettre l’essence transformée par le prisme de la créativité. Au fil des ans, j’ai réalisé de nombreux tableaux sur toile, techniques mixtes, estampes et collages. La lumière, les textures, les couleurs et les représentations symboliques constituent la grammaire de mon langage » nous dit avec sensibilité Michel Varin. Quelle découverte !

MB

Atelier/Galerie sur rendez-vous 450 446-0448

www.michelvarin.com

michel.varin45@videotron.ca

michelvarin45@gmail.com


Réjean Gosselin

Soleil Nocturne, techniques mixtes, 24 x A 30 po

Soleil Nocturne, techniques mixtes, 24 x A 30 po

Après une carrière de 35 ans dans le monde des communications, Réjean Gosselin vie sa passion pour l’art. Impliqué plus que jamais. Le voici directeur des communications et de la publicité pour l’Association des Artistes peintres affiliés de la Rive-Sud (AAPARS). « Ma relation avec l’expression artistique a commencée par le dessin dès mon jeune âge et s’est poursuivie, à l’adolescence, avec la fréquentation assidue de cours de peinture. Je suis titulaire d’un certificat en Arts plastiques de l’UQAM. Et depuis, ma démarche picturale n’a jamais cessé d’évoluer, » dit-il. L’huile, l’acrylique et les techniques mixtes demeurent ses médias de prédilection.

Parlons ici d’une expression abstraite relevant d’un découpage de formes géométriques superposées à un fond atmosphérique lumineux. En résultent de douces harmonies rêveuses desquelles se dégagent tout en douceur un parfum intimiste et poétique telle une sonate à la lune. Transparences. Textures. Équilibre. Harmonie heureuse. Le peintre donne libre cours à ses visions depuis plus de 45 ans. Cela pour notre plus grand plaisir.

MB

L’artiste est représenté par La Galerie 500, rue de l’Hôtel-de-Ville, Boucherville

rejeannilgosselin@videotron.ca

www.facebook.com/people/Réjean-Gosselin

aapars.com/rejean-gosselin/

www.espaceartiste.com/Réjean Gosselin (ArtXterra)


François Gagnon

Évasion, huile, 24 x 36 po

Évasion, huile, 24 x 36 po

Sa carrière de graphiste l’a naturellement menée à la peinture. Et plus particulièrement vers le portrait. En effet, depuis aussi longtemps qu’il se souvienne, il est attiré par les gens et leurs physionomies. Cela dans le but avoué de traduire les émotions perçues et ressenties. Dans un style hyperréaliste adapté, très doux et sans le côté figé, François Gagnon crée des personnages fictifs très contemporains. Sa prédilection pour les teintes chaudes et vibrantes libère des effluves suaves de sensualité et la beauté de ses personnages où le geste épouse l’attitude voulue dans le regard du spectateur. « Mes visages, souvent en gros plans, visent à amplifier les émotions. », dit–il. Son style assez unique et sa mise en image savent capter l’attention au premier coup d’œil. Impossible de rester indifférent aux regards lumineux de ses personnages. Loin de peindre l’angoisse et de traduire les affrontements de la vie, le peintre propose une vision sereine et heureuse de la condition humaine. François Gagnon fait partie du CA de l’AAPARS, et est le Directeur au Développement Culturel de cette association depuis plus de 10 ans.

MB

www.francoisgagnon.artacademie.com

450 674-4821

amigo3@videotron.ca


Printemps 2019

Dans le but de faire connaître la création et…