Magazin'Art

Saguenay

La pause café

Diane Coudé

Le rendez-vous

À découvrir

Plonger dans les toiles de Diane Coudé, c’est comme prendre un petit sentier tranquille à côté de la cohue. Ses intérieurs intimistes, baignés d’une lumière enveloppante, sont des lieux de quiétude et de contemplation. On entend presque le tic-tac de l’horloge et le ronronnement du chat.

Ce monde que l’artiste crée, il est le résultat de son cheminement à elle et la somme du baguage des expériences de sa vie. On ne sera donc pas surpris d’apprendre qu’elle vient du monde du théâtre et qu’elle y a oeuvré pendant 25 ans comme créatrice de décors, qu’elle a réalisé des peintures scéniques, des costumes et des marionnettes, bref une artiste en tout point capable de créer avec plusieurs types de matières. Nous ne sommes pas surpris parce que ses intérieurs ont cette qualité scénographique, cette attention à la lumière et ce sens de la tension entre ombres et lumières. Mais Diane Coudé se donne désormais un rendez-vous avec la peinture, un rendez-vous trop longtemps retardé, remis, négligé. L’appel se fait urgent !

Native du Saguenay, Diane Coudé est la troisième enfant d’une famille habitant la banlieue de Chicoutimi. Seule artiste de la famille, elle rêve alors de devenir actrice. Ses études en arts de la scène et arts plastiques la conduiront vers Montréal, où ses enseignants reconnaissent plutôt ses talents plastiques, une réalité qu’elle devra elle-même accepter. Très adaptable, elle se fraie dans le monde de la scène et y fait carrière pendant de longues années. Mais toujours, ce désir de peindre pas très loin de la surface. « En tournée, j’achetais toujours du matériel dans le but de m’y mettre. Je me faisais en quelque sorte une promesse. » Le mode de vie de pigiste en tournée étant ce qu’il est, c’est avec difficulté qu’elle peut se consacrer à cette discipline.

Au travers des contrats de scène, elle enseigne les arts plastiques à temps partiel. Au fil des ans, ce travail lui offre une occasion de finalement se poser en devenant permanent. Cette occasion de prendre racine sera le début du rendez-vous tant attendu que Diane Coudé se donnait. Mais juste avant ce changement, un autre élément influencera son destin : un stage de peinture en 2004 chez l’artiste français Christoff Debusschere. Sans aucune expérience et avec une amie passionnée de peinture, elle se lance dans l’aventure abruptement, inspirée par la lumière splendide qui se dégage des tableaux du maître. « C’était passionnant et éprouvant. La troisième journée j’ai compris et j’ai pu évoluer dans l’instant présent. » Un an plus tard, elle répètera exactement la même démarche sans avoir peint au cours de l’année, autrement que dans sa tête. « C’était le même modèle, j’ai eu le choc de me retrouver au même point. J’ai versé quelques larmes. Lorsque je regarde ces toiles aujourd’hui, je vois très clairement l’état dans lequel j’étais. »

Le vase d'Anduze

Le vase d’Anduze

Après ces apprentissages, la peinture occupera une place régulière à son horaire. Sa source d’inspiration est la lumière qui habille des lieux connus et aimés, des ilots de quiétude où il fait bon se poser. « Je me raconte des histoires, je trouve que les objets et les intérieurs possèdent une charge émotive que je tente de rendre par coups de pinceau pas trop précis. Je cherche un rendu énergique, je veux sentir la vitalité dans le geste. » Pour Diane Coudé, chaque tableau est une aventure, une occasion de laisser un peu de soi derrière. « J’ai toujours aimé la patine, le mystère. Je suis émue par les vieilles affaires. L’idée que quelqu’un trouve une de mes oeuvres dans une brocante, dans cent ans, et puisse s’y intéresser me séduit. »

Voilà donc dix ans qu’elle produit des tableaux en suivant son intuition et en faisant confiance à son talent. Le plus important pour elle est de rester authentique, de suivre sa quête artistique sans trop se soucier du regard d’autrui. Elle souhaite se commettre encore plus et l’artiste aux multiples talents qu’elle est prend un joyeux plaisir à créer des objets dérivés de ces oeuvres. « Je suis une petite artiste tranquille en quête de beauté et de paix. » Créer à temps plein est évidemment un objectif, un objectif qu’elle sait tout à fait possible puisque la vie de théâtre lui a réussi malgré les difficultés inhérentes à cette occupation. « J’ai un fort instinct de survie. Je suis une contemplative-active. » Cette lancée vers l’extérieur est donc actuellement en cours avec sa première exposition solo qui vient tout juste d’avoir lieu cet été à la Maison Lacombe.

Les pots anciens

Les pots anciens

Pour réaliser son rêve, ne reste donc que de continuer à peindre. Lors de séjours à sa maison de campagne de Calixa-Lavallée, elle s’adonne à peindre la vie de village. Devantures de maison, bégonias luxuriants et animaux paresseux, Diane Coudé est interpelée par la quiétude et honore désormais son rendez-vous avec la peinture.


Texte d’Isabelle Gauthier

Plonger dans les toiles de Diane Coudé, c’est comme prendre un petit sentier tranquille à côté de la cohue. Ses intérieurs intimistes, baignés d’une lumière enveloppante…

Fin d’automne à l'Anse de Roche

René Gagnon

Atteindre l’intemporel

Peindre un pays

« J’ignore si mes tableaux sont surréalistes ou pas, mais je sais qu’ils sont l’expression la plus franche de moi-même. »Frida Kahlo

Devant moi, l’homme se tient droit comme un chêne. Les mains sont immenses. La chevelure hirsute à la Albert Einstein. Un regard profond où l’on débusque les joies les plus grandes et les affres de l’expérience humaine. René Gagnon négocie depuis 86 ans avec les aléas de la vie, dont 67 ans avec les démons de la création.

Sur la table du resto, les photographies contenues dans son livre défilent. Ici, à la pêche avec Riopelle, Paul Rebeyrolle et Stanley Cosgrove. Une autre avec Alfred Pellan, lors d’une exposition à Paris. Merci à la vie d’avoir mis sur ma route la création de René Gagnon ! S’agit-il du secret le mieux gardé de l’histoire de l’art du Québec !

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 Texte de Michel Bois

Devant moi, l’homme se tient droit comme un chêne. Les mains sont immenses. La chevelure hirsute à la Albert Einstein…

Galerie La Corniche

Galerie La Corniche

Portrait de galerie

Chicoutimi est une ville magnifique. Ses édifices patrimoniaux, ses maisons pittoresques, son majestueux Saguenay, en font un endroit où il est agréable de séjourner. C’est dans ce coin de pays, qui a vu s’épanouir Arthur Villeneuve, que nous allons à la rencontre d’une galeriste dont le commerce a pignon sur rue depuis 35 ans.

Chantale Hudon a fait ses débuts fort jeune dans ce métier spécialisé, sa mère Pâquerette Hudon ayant ouvert ce local en 1976, suite à la recommandation du peintre Albert Rousseau. Dès lors, sa fille s’est intéressée au domaine des arts et, au fil des ans, a acquis des connaissances du marché aujourd’hui inestimables. Chantale Hudon a officiellement pris les rênes de la galerie La Corniche en 1998.

« En tant que galeriste, les tâches sont nombreuses et les frais s’y rattachant importants : assurances, occupation des lieux, gestion des oeuvres et du site Web, accueil des visiteurs, présentation des artistes; tout ceci fait partie de ce métier que j’ai toujours aimé. Nous devons établir un réseau de contacts, siéger sur des comités culturels, participer à des levées de fonds, bref nous impliquer à fond dans notre communauté. Tout ceci prend du temps mais c’est une condition essentielle à notre réussite en région, » nous dit Mme Hudon. Notre hôtesse fait aussi partie de l’Association des galeries d’arts professionnelles du Québec, un regroupement de passionnés qui lui permet d’échanger avec ses pairs sur les tendances du marché de l’art, tant dans les grandes villes que dans les régions.

Chantale Hudon consacre une partie de sa galerie aux créateurs de la région, ces artistes sensibles, créatifs et talentueux, tels Gilles Jobin, Michel Fedak et autres, qui pimentent les cimaises d’une saveur locale. Il y a aussi des toiles de Léo-Paul Tremblé, peintre natif du Saguenay, qui s’est créé une solide réputation. Au rez-dechaussée, la collection est variée : des toiles de différents peintres tels Mario Bouchard, Gérard Dansereau, Ann Saint-Gelais, des bronzes de Claude Hazanavicius, des sculptures de Fedak et de l’art inuit. À l’étage, on retrouve de nombreux tableaux de maîtres : Cosgrove, Marc-Aurèle Fortin, Albert Rousseau, Henri Masson, Marcelle Ferron, Léon Bellefleur, pour n’en nommer que quelques-uns. Nous sommes au coeur d’un véritable musée !

« Une majorité de gens associe les arts visuels à Charlevoix. Pourtant on retrouve chez nous une très belle collection de grands artistes québécois. Chicoutimi est une ville qui a déjà été très active dans le milieu de l’art. Il y avait alors dans notre municipalité plusieurs galeries et de nombreux événements qui attiraient les plus grands peintres, ce qui a permis à plusieurs collectionneurs d’acquérir des oeuvres d’une remarquable qualité. Mais, notre clientèle s’est modifiée au fil des ans, surtout depuis l’arrivée d’Internet qui lui permet de changer d’avis à un clic de souris. La Toile toutefois nous permet également d’accroître notre visibilité et nos ventes, en élargissant l’accès à notre banque d’artistes, » précise Madame Hudon. « Terminée la charmante époque où les femmes venaient visiter les galeries de la rue principale le dimanche, vêtues de leurs plus beaux atours, et en profitaient pour se procurer une toile à offrir en cadeau lors d’un mariage ou autre occasion spéciale. La jeune clientèle d’aujourd’hui, plus impulsive, achète plutôt sur un coup de coeur. »

Suite à cet entretien, l’agréable visite se termine. Le peintre Jobin vient d’entrer et il y a un jeune étudiant qui arrive à l’instant pour réaliser un travail universitaire. Laissons donc la propriétaire les accueillir chaleureusement à leur tour !


 Texte de Robert Lafontaine

Été 2014

Chicoutimi est une ville magnifique. Ses édifices patrimoniaux, ses maisons pittoresques, son majestueux Saguenay, en font un endroit où il est agréable de séjourner…