Magazin'Art

Oceanside Art Gallery

Raymond Quenneville

L’heure dorée

Peindre un pays

« Pour le peintre, le véritable voyage des découvertes ne consiste pas à trouver de nouveaux paysages, mais d’amener le spectateur à voir avec de nouveaux yeux. » – Marcel Proust

Les photographes britanniques et américains l’appellent « Golden Hour » : L’heure dorée. Alors, parlons ici d’une véritable découverte (pour moi) que m’a réservée le peintre Raymond Quenneville. J’adore toujours apprendre des choses qui poussent à la réflexion. D’où le plaisir de vous la livrer en retour.

Aussi désigne-t-on « l’heure dorée » les premiers moments du lever du soleil et tout autant les minutes prises par le soleil à se coucher en deçà de la réalité visible de la ligne d’horizon. Cela pour obtenir des effets lumineux plus doux et plus chauds, pour notre grand ravissement. Sans oublier l’effet dynamique et linéaire des ombres obtenues ; les unes venant répondre aux autres, de manière à inciter le spectateur à plonger à l’intérieur du tableau vers l’invisible à définir par-delà son imagination.

Raymond Quenneville

Le peintre est autodidacte. Son plaisir à dessiner dès l’enfance, le fit passer de la caricature, à la bande dessinée, à l’art animalier minutieux et délicat, puis à l’expression personnelle du paysage. Lors de la rencontre, il tient à préciser qu’il a fait « ses devoirs » par l’exploration de divers médiums, virevoltant de l’aquarelle à la fluidité de l’encre, à la gouache, sans repentir aucun, jusqu’à l’onctuosité de l’huile. Manuels et ouvrages didactiques lui auront permis d’acquérir plus solidement les rudiments de la composition et de la portée fondamentale des lignes de perspective. Mais plus encore à ce qui a trait au recours des superpositions des couleurs complémentaires afin de se rapprocher le plus possible de « l’heure dorée » : le thème par excellence de ses tableaux.

Les blues, huile sur toile, 36 x 18 po

Les blues, huile sur toile, 36 x 18 po

Le formidable terreau

Dès 1975, en exposant ses oeuvres ici et là dans les boutiques d’art, il est enfin remarqué et invité à relever le défi d’une aventure majeure de création, soit la réalisation d’illustrations de panneaux d’interprétation de la nature et de la faune ailée pour le compte du gouvernement québécois.

Par la suite, à compter des années 1980 donc, la Société des Parcs nationaux du Canada l’amènera à vivre sa magie en divers endroits où le spectacle de la nature se fait grandiose, notamment en Mauricie, en Gaspésie, et du côté des Rocheuses. Ce qui lui fournira l’occasion de parfaire ses connaissances par l’exploration de diverses techniques et médiums capables de rendre la singularité de ces paysages à des fins éducatives.

Retrouvailles, huile sur toile, 18 x 36 po

Retrouvailles, huile sur toile, 18 x 36 po

Petite-Rivière-St-François, huile sur toile, 18 x 36 po

Petite-Rivière-St-François, huile sur toile, 18 x 36 po

Continuation plus qu’heureuse

Au fil des événements, Raymond Quenneville donnera libre cours, en 1992, à la poursuite de sa créativité propre, en toute confiance, à titre de peintre professionnel. Mille et un croquis exécutés sur le motif serviront alors d’inspiration aux multiples compositions recrées et largement réinventées en atelier ; le but étant de trouver le point d’équilibre entre la couleur et les formes amenant à toucher l’horizon de la sérénité à l’intérieur de soi.

Le peintre utilise l’huile et joue des effets complémentaires superposés afin d’accentuer les portées lumineuses. Cela au point d’instiller l’illusion que la lumière provient de l’intérieur même du tableau. Raymond Quenneville s’exprime intégralement dans ses toiles. Il fait corps avec elles. Chacune de ses oeuvres est une rencontre privilégiée avec sa vision de la nature dont il traduit l’énergie naturelle sous un éclairage particulier provenant du ciel. Encore une fois, parlons d’un peintre représentant non pas ce que l’on voit, mais ce que l’on projette à partir du vécu et du senti. Va sans dire que nous sommes devant des oeuvres étincelantes dont les effets lumineux et fugaces invitent, tel un songe, à la méditation.

Dernier arrêt, huile sur toile, 18 x 36 po

Dernier arrêt, huile sur toile, 18 x 36 po

L’art de Raymond Quenneville possède sa signature distinctive bien à lui. D’un tableau à l’autre, c’est le même univers que l’on retrouve. Bergson, le philosophe de renom, a écrit : « qu’un peintre digne de cette appellation, ne peint tout au long de sa vie qu’une seule chose : sa vision, résultat d’un savant travail ». Voilà Raymond Quenneville dans son entièreté singulière pour notre plus grand ravissement !


Texte de Michel Bois

Raymond Quenneville est représenté par : Fallen Leaf Gallery, 102, Main Street, Canmore, Alberta ; Galerie d’art Céleste, 285, rue Principale, St Sauveur, Québec ; Galerie Michel-Ange, 430, rue Bonsecours, Montréal, Québec ; Galeries Beauchamp, à Québec et à Baie-St-Paul, Québec ; New Masters Gallery, Carmel, California, USA ; Oceanside Art Gallery, 172, Second West ave, Qualicum Beach, B.C.

Les photographes britanniques et américains l’appellent « Golden Hour » : L’heure dorée. Alors, parlons ici d’une véritable découverte…