Magazin'Art
Simon Beaudry, Prendre le Pouvoir, 2016 Impression jet d’Encre

Simon Beaudry: Véhicule et scalp

La démarche de Simon Beaudry, artiste et étudiant à la maitrise en Arts à l’UQAM, explore l’identité québécoise. Cette exploration a fait naître en lui une réflexion qui le pousse à réinventer, transformer ou critiquer les morceaux qui constituent cette notion d’identité, inhérente à chacun. La matière qu’il y trouve s’avère abondante et riche de sens (langue, culture, folklore, histoire, symboles identitaires et nationaux, us et coutumes, etc.). De ce processus aboutissent des œuvres qui reflètent une certaine vision du Québec qu’il tente de propulser vers l’avant en utilisant certains éléments traditionnels modernisés. Sa pratique est transdisciplinaire et actuellement en mutation. Au départ elle s’affirmait en photographie, sculpture puis vidéo, elle est devenue manœuvre, performance et installation dans l’espace public. Mélanger l’art et la vie en rapprochant l’atelier et le lieu d’exposition, l’artiste au public, le citoyen aux autres citoyens constitue l’enjeu esthétique et politique de sa pratique actuelle.

En pratique, Simon Beaudry travaille en équipe. «Chaque « superartisan » qui collabore [au projet artistique] devient partie prenante de l’œuvre, y apportant une expertise qui se mélange à la mienne comme un processus de métissage. Il y a un parallèle à faire entre mon processus de création et celui de la construction d’une société où chaque individu qui la constitue joue un rôle dans son édification.»

Véhicule et scalp est un projet artistique mettant en scène les deux pulsions qui animent Simon Beaudry, soit la pulsion collective et la pulsion individuelle. Le premier volet, intitulé Véhicule, fait référence à l’émancipation nationale et l’occupation du territoire. Le second, Scalp, porte sur la dérision et sur la valorisation de ce qui nous manque comme statut social. L’artiste ajoute à propos de ce volet : «C’est le versant sombre de la vision que j’entretiens avec la société. Un caribou sans panache qui portent des cheveux, c’est la dénaturation, vouloir être autre chose, c’est la colonisation, le culte de la beauté comme égarement du réel, se penser autre chose que ce que l’on est.»

 

Horaire régulier : 

Mercredi et jeudi : 13 h à 17 h, 19 h à 21 h

Vendredi, samedi et dimanche : 13 h à 17 h

Entrée libre


Source : Sophie Lemercier – Agente culturelle – Centre d’art Diane-Dufresne
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