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Doug Purdon

Doug Purdon

Accentue volontiers ses couleurs

Peindre un pays 

Doug Purdon aime peindre des marines. Il aime aussi peindre les paysages mais il préfère peindre la mer, en partie parce qu’elle se prête si bien aux perspectives atmosphériques.

Bien qu’il peigne avec joie des scènes urbaines à l’occasion, il choisit plus souvent de peindre la mer et le ciel, ses tableaux parfois agrémentés d’un navire ou deux et de quelques personnages. « J’adore l’eau, la mer, le ciel! Ils peuvent se décliner en tant de couleurs… et j’adore le mouvement,» explique l’artiste qui peint généralement 20 à 22 tableaux par an. « Les littoraux canadiens, britanniques et écossais font partie de mes lieux préférés. »

La composition soignée et l’exécution rigoureuse des œuvres de Purdon sont telles qu’elles provoquent un sentiment d’anticipation aiguë en laissant entrevoir un monde où règnent l’espoir et le contentement. Il peint parce que rien d’autre n’a su capter son imagination. Enfant maladif, il ne peut joindre les rangs de l’école qu’en septième ou huitième année. Il demeure plutôt à la maison et s’adonne au dessin. Voyant son oncle peindre à l’aquarelle, le jeune homme est fasciné par cette technique.

À l’école il suit des leçons en art. Il est souvent réprimandé pour avoir dessiné dans ses cahiers d’écriture. Au fil du temps il fait preuve d’une créativité accrue mais, ne se considérant toujours pas comme un artiste accompli, il s’inscrit à l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario. Après sa graduation surviennent les défis habituels et il lui faut trouver du travail pour arriver à joindre les deux bouts. Il en vient à occuper un poste de directeur de la paie, poste qu’il quitte pour une retraite anticipée à l’âge de 49 ans. Au cours des 21 années subséquentes il se consacre exclusivement à la peinture. Ses tableaux font partie des collections permanentes du musée maritime vivant Mystic Seaport, du Bureau national du tourisme écossais, de la Bibliothèque municipale de Toronto, de la Ville de Toronto et des firmes Card Lake Resources et Co-operators Insurance.

After the Storm, Ocean Grove, N.J., huile, 22 x 28 po.

After the Storm, Ocean Grove, N.J., huile, 22 x 28 po.

En 2005, Doug Purdon est lauréat du Prix Achat du Musée à la 26e édition de l’Exposition internationale annuelle de peintures marines de Mystic. Son huile intitulée Breaking Waves – Grimsby fait la couverture du numéro de septembre 2009 du Canadian Brushstrokes Magazine. En 2012 il obtient le Prix d’Excellence en enseignement des arts et sciences décerné par l’Université de l’École d’éducation permanente de Toronto.

L’artiste peintre décrit son propre style comme étant réaliste mais non pas photo-réaliste. «Dans la majorité des cas, j’accentue la couleur réelle dans mes tableaux. Je fais un peu de «photoshopping » en quelque sorte, comme plusieurs artistes le font d’ailleurs actuellement.» Il utilise les techniques de perspective atmosphérique pour attirer le regard des spectateurs au plus profond de ses toiles où, comme vous pouvez l’imaginer, se détecte ou se révèle le mouvement.

Lorsque Doug Purdon prend sa retraite pour devenir peintre à part entière, il se met aussi à enseigner en ateliers de peinture et devient représentant ontarien pour le fabricant de matériel d’art Winsor & Newton et préposé à sa ligne de soutien. Cette dernière consiste en un numéro de téléphone sans frais mis à la disposition des clients qui désirent s’informer quant aux possibilités et limites de certaines techniques ou produits. L’artiste publie également chez North Light Books un livre intitulé Color Secrets for Glowing Oil Paintings. Il est membre élu de la Société des artistes canadiens et de la Société des artistes ontariens.

Echo 21, huile, 18 x 24 po.

Echo 21, huile, 18 x 24 po.

Doug Purdon aime l’enseignement de même qu’il aime son travail chez Winsor & Newton qui l’obligent à demeurer alerte et vigilant. Son travail chez le fabricant de matériel d’art exige qu’il se maintienne au fait des plus récents développements et, pour pouvoir répondre aux questions des clients, il lui faut garder un esprit clair, focalisé sur la tâche à accomplir. Il croît également qu’il est de son devoir de transmettre le savoir qui lui a été inculqué de même que les connaissances qu’il a lui-même acquises tout au cours de sa vie artistique.

Maniant avec autant d’aisance l’aquarelle, l’acrylique et l’huile, Purdon privilégie cependant l’huile, un médium qu’il affectionne particulièrement. « J’apprécie la couleur et la richesse de l’huile. J’aime pouvoir retoucher mon travail sur près de deux jours, estomper les pourtours, essuyer certaines zones et repeindre. Je peins donc essentiellement à l’huile. L’acrylique a pris du galon et je l’utilise parfois quand je peins sur le motif, mais elle ne possède pas la même propension à la couleur ni l’efficacité de travail que l’huile. »

L’aquarelle, quant à elle, est un médium qui lui plait bien, mais il s’en sert maintenant surtout pour des études ou encore lorsqu’il peint pour son propre plaisir. «J’aime bien peindre à l’aquarelle, mais le marché n’est plus là. J’ai quelques amis aquarellistes de grand talent qui ont dû freiner leur production faute d’intérêt de la part du pu- blic acheteur. »

Doug Purdon amorce habituellement ses tableaux en peignant sur le motif puis les termine en son studio de Scarborough. Sur place il esquisse quelques études, à l’aquarelle ou à l’acrylique, et prend un certain nombre de photographies. De retour en studio il exécute d’abord une étude de couleurs puis débute la véritable composition du tableau. « J’adore les bleus et je les utilise à profusion. J’aime aussi les jaunes et orangers cadmium. Ma palette est plutôt restreinte. Je travaille avec quatre à six couleurs de base, y ajoutant une ou deux autres au besoin. Je me limite habituellement à une seule partie du spectre chromatique. »

Morning Departure, Southampton, Ontario, huile.

Morning Departure, Southampton, Ontario, huile.

L’artiste déclare peindre ce qu’il voit, mais il n’hésite pas à déplacer un arbre ou quelqu’autre élément pictural qui pourrait déséquilibrer le tableau. L’École d’art de l’Ontario a bien tenté de lui inculquer quelques notions d’abstraction, mais il ne s’est découvert aucune affinité pour ce style de peinture. «J’ai fait quelques essais à l’école des beaux-arts, tenté de peindre en étant plus libre de mes mouvements, mais je n’y arrivais pas. »

Ironiquement, Purdon est d’avis que son style s’est récemment transformé en ce qu’il peint légèrement plus librement. « J’ai acquis une certaine souplesse au fil des ans. Mes gestes sont plus larges et j’utilise plus de peinture qu’autrefois et de façon plus structurée. Il appert que mes mouvements seront dorénavant plus larges et plus libres, ce que je remarque d’ailleurs chez bien d’autres artistes peintres, probablement grâce à une confiance en soi accrue qui fait que vous ne craignez plus d’appliquer de larges masses de peinture sur la toile. »

Doug Purdon est représenté par Studio 737 à Tweed et par la Westmount Gallery à Toronto.


Texte de Noel Meyer

Doug Purdon aime peindre des marines. Il aime aussi peindre les paysages mais il préfère peindre la mer…