Magazin'Art

Artistes Peintres Affiliés de la Rive-Sud

13e edition de l’expo-concours

de l’AAPARS

Les gens qui font l’événement

L’Association des Artistes Peintres Affiliés de la Rive-Sud (AAPARS) a tenu avec succès les 22 et 23 octobre derniers la 13e édition de son Exposition Concours Automnale au Centre Marcel-Dulude à Saint-Bruno-de-Montarville. Les artistes gagnants se sont partagé une bourse de 2 000 $. De plus, des mentions honorifiques toutes catégories ont été attribuées. Plus de 1 300 visiteurs ont admiré près de 500 œuvres créées par les 72 artistes peintres sélectionnés par un jury professionnel. Les visiteurs et les exposants ont apprécié la présence de l’artiste invité, M. Juan Cristobal qui a présenté ses œuvres et rencontré le public. Un défilé des artistes, commenté par M. Michel Viens, journaliste-présentateur et animateur de l’émission Les Ex à Radio-Canada, s’est aussi avéré un véritable succès.

Les juges ont souligné la qualité exceptionnelle et la diversité des œuvres produites par l’ensemble des artistes exposants. Ils ont sélectionné les œuvres primées à partir des critères suivants : la composition ; les couleurs ; la maîtrise du médium ; la créativité et l’originalité ; la présentation et l’appréciation personnelle de l’œuvre dans son ensemble.

Le Musée des Beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire offre aux récipiendaires des deux premiers prix, en art figuratif et non figuratif, une exposition d’une durée d’un mois en juin 2017 à la Maison Paul-Émile-Borduas. FÉLICITATIONS aux artistes gagnants. L’AAPARS vous donne rendez-vous à son prochain événement, Expo Galerie les 4 et 5 mars 2017 au Centre multifonctionnel Francine-Gadbois à Boucherville.

Hiver 2017

 

 

L’Association des Artistes Peintres Affiliés de la Rive-Sud (AAPARS) a tenu avec succès les 22 et 23 octobre derniers la 13e édition de son Exposition Concours Automnale…

Jean-Charles Daumas

Battements de coeur et d’ailes

Art animalier

Depuis des siècles, le règne animal nourrit l’imaginaire de l’homme. Qu’on pense seulement aux peintures rupestres ainsi qu’aux nombreuses réalisations artistiques qu’il inspire à des créateurs issus de toutes les cultures.

Au-delà d’une pure association symbolique au service d’un propos, l’art animalier se veut avant tout un vibrant témoignage du lien qui unit tous les êtres vivants se partageant une même planète.

Plusieurs personnes constatent aujourd’hui que l’action humaine ne peut avoir lieu sans prendre conscience de ses effets sur la faune et la flore qui composent son environnement naturel, immédiat ou non. Après des années de développement industriel à grande échelle ayant appliqué une pression énorme sur quantité d’habitats sauvages, les défis de l’époque moderne révèlent la nécessité d’établir un nouvel équilibre dans nos rapports avec la nature pour assurer un avenir sain à la plupart des espèces peuplant la Terre, la nôtre y compris. C’est peut-être cette interdépendance avec l’écologie, ainsi que la fragilité de cette difficile harmonie, qui motive les peintres animaliers à proposer une vision à la fois documentariste et affective des bêtes propre à émouvoir les gens, mais peut-être aussi à inciter un réel désir de protection et de sauvegarde.

Pour Jean-Charles Daumas, c’est la gent aviaire d’Amérique du Nord qui alimente le plus sa passion d’artiste; il ne cesse de s’émerveiller devant la variété de ses beautés dont l’esthétique si parfaite le touche profondément. C’est à la suite d’une invitation de ses amis ornithologues à les accompagner lors d’une de leurs séances d’observation qu’il s’éprend pour toujours des petits volatiles et il pratique l’art animalier depuis la fin de ses études en arts graphiques. Une de ses plus grandes joies réside dans la surprise qu’un oiseau lui réserve au hasard de ses nombreuses promenades, apparaissant sans préavis, comme un souffle éphémère. Attentif, il attend en silence la magie de ces instants furtifs, toujours prêt à capter avec sa caméra l’essence d’une tourterelle triste, d’une buse à queue rousse ou d’une paruline azurée de passage. « Quand on se balade à l’extérieur, de belles rencontres, souvent inattendues, se produisent. Il faut simplement y aller souvent et être dans le moment présent, dans un état d’ouverture et de contemplation. »

Grand héron bleu immature, gouache, 14,5 x 21 po

Grand héron bleu immature, gouache, 14,5 x 21 po

Riche de quantité d’images prises au fil des ans, son bestiaire personnel constitue sa première référence lorsque vient le temps de traduire ces moments de grâce sur canevas. « Je fais presque uniquement ce que je vois pour vrai. J’ai besoin d’enregistrer la physionomie d’une espèce à partir de mes propres sens afin de pouvoir la reproduire plus fidèlement. » Sa démarche implique souvent une recherche préalable afin que le moindre détail soit juste, suivant le mode de vie de l’animal. Outre les ouvrages scientifiques, Daumas a aussi recours à un apprentissage plus direct à partir de spécimens empaillés empruntés à un département universitaire. Élaborant d’abord son idée à l’aide de traits vitement esquissés, il compose peu à peu l’arrière ou l’avant-plan qui mettra le sujet en valeur.  Il puise alors dans sa banque de photos de branches, de feuilles, de buissons, d’arbres, de plans d’eau, d’anses, de baies et autres éléments du décor, tout ce qui pourrait former le site probable de la race choisie.

Dans ce type d’art, le réalisme est de mise, car même si une certaine part d’interprétation demeure  possible, la cohérence est incontournable en termes de respect des normes. « Il faut absolument que l’aspect technique se conforme à la réalité, tant en ce qui concerne l’oiseau lui-même que le lieu où il se trouve ainsi que ses attitudes ou les composantes de son environnement. Par contre, je peux m’amuser avec la lumière et l’atmosphère du tableau pour exprimer mon originalité. J’aime beaucoup les jeux d’ambiance créés par la pluie et la brume, car elles génèrent des espaces mystérieux qui amènent le spectateur dans un monde différent. »

Les couleurs, les proportions, les postures et les formes imposent donc une grande rigueur de représentation puisqu’elles doivent être strictement en accord avec la véritable matière, notamment lorsqu’il est question de participer à des concours. Daumas en sait quelque chose, ayant raflé deux premières places pour des pièces de la Monnaie royale canadienne ainsi que pour des timbres de conservation au profit de la Fondation de la faune du Québec. « Ces concours offrent un excellent tremplin pour l’art animalier et permettent à ces gagnants d’acquérir une belle visibilité. Par contre, comme le jury est très spécialisé, il faut s’assurer de répondre avec précision aux attentes spécifiques de chacun, notamment en ce qui a trait à la qualité du dessin dans sa capacité à bien représenter l’espèce illustrée. »

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Monnaie royale canadienne 2014, pièce en or 5 $ et pièce en argent 10 $

Pour siffler comme un merle, Jean-Charles Daumas rêve que ce type d’oeuvres rejoigne éventuellement un segment de marché moins restreint que celui des amateurs de chasse et de pêche, comme c’est davantage le cas en Ontario et aux États-Unis, où les événements d’art animalier jouissent d’une belle popularité comme le Birds in Art, dans le Wisconsin, auquel il souhaite être convié un jour. Après une participation à l’exposition d’automne des Artistes Peintres Affiliés de la Rive-Sud (APAARS), il sera aussi présent à celle qui aura lieu ce printemps. En plus de son site internet privé, on peut voir ses tableaux au Centre multifonctionnel de Boucherville.

La disparition graduelle des forêts et par conséquent, la raréfaction de l’oxygène, la pollution de l’air et des cours d’eau ainsi que la destruction des milieux vierges interpellent sa fibre militantiste, jusqu’à le faire songer à la manière d’intégrer ces préoccupations à son art, selon des mises en scène appelant la réflexion individuelle et collective. Étant en mesure de mettre à profit sa longue carrière en publicité, son regard critique aimerait éveiller en images l’intérêt du public tout en livrant un message environnemental puissant. Ce sera probablement là le défi de ses prochaines années de création.


 Texte de Lisanne LeTellier

Depuis des siècles, le règne animal nourrit l’imaginaire de l’homme. Qu’on pense seulement…